K. Warsh fait remonter les taux futurs et aplatir la courbe et ça change tout !

Le premier test de K. Warsh est passé et force est de constater que le nouveau président de la Fed n’a pas conduit l’institution là où D. Trump l’avait laissé entendre et où, de facto, nombreux l’attendaient. Non seulement les promesses de baisses des taux se sont évaporées mais elles ont été remplacées par la perspective d’une hausse d’un quart de point des Fed Funds d’ici la fin de l’année. Plus encore, la hausse généralisée des rendements consécutive à la publication des Dots et aux propos de K. Warsh, se sont soldés par un net aplatissement de la courbe des taux, plutôt qu’à sa pentification souvent espérée. Il faut dire que K. Warsh n’a mâché ni ses mots ni ses intentions, faisant clairement du retour de l’inflation à 2 % son objectif premier. Le communiqué du FOMC, inhabituellement succinct, se termine sans ambages : le Comité garantira la stabilité des prix.
K. Warsh est-il plus royaliste que le roi, du moins que son prédécesseur ? C’est le sentiment qui ressort de cette première apparition dans son rôle de président de la Fed et qui pourrait grandement changer la donne. Si la posture de K. Warsh risque de faire bien peu de gagnants du côté des actifs financiers, elle semble, à l’inverse, en mesure de rétablir la confiance des marchés à l’égard de la Fed, comme le suggère le rebond de près de 1 % du dollar qui a signé sa plus forte hausse quotidienne depuis près d’un an et la chute simultanée des cours de l’or.

Lire la suite…

Dans l’ivresse de MAGA, « Happy Birthday Mr Président »!

IPO historique, coupe du Monde, indépendance des Etats-Unis et tant d’autres manifestations d’une semaine de célébrations, durant laquelle les Etats-Unis se préparent à être la vitrine du monde. Ne manquait plus que l’accord avec l’Iran pour offrir au président américain l’apothéose pour ses 80 bougies, lequel paraît avoir été conclu ce dimanche soir, avec cérémonie officielle prévue le 19 juin. Les marchés s’y étaient préparés depuis jeudi, enchaînant : chute des cours du pétrole, baisse des taux d’intérêt, rebond des bourses, tech en tête avant la première semaine de cotation de SpaceX sur le Nasdaq. Le narratif de marché se confond avec l’idéologie MAGA qui trouve dans son expression financière une nouvelle dimension que rien ne semble plus pouvoir enrayer, comme pour mieux exprimer sa gratitude à celui qui l’incarne. Happy Birthday Mr Président !
Mieux vaudrait que K. Warsh ne vienne pas gâcher la fête mercredi, en s’aventurant, le cas échéant, sur les pas de Mme Lagarde… Y parviendra-t-il ? Le rapport de force au sein du FOMC ne lui facilitera pas la tâche. C’est le maillon faible de la stratégie présidentielle, tant, du moins, que la Fed parvient à préserver son indépendance.

Lire la suite…

Tout va bien : l’inflation américaine est conforme aux attentes, à 4,2 %…

L’inflation américaine n’a pas évolué plus vite que prévu par le consensus et a même réservé de bonnes surprises sur sa partie sous-jacente. En mai, l’indice des prix à la consommation s’est accru de 0,3 %, comme attendu, et l’indice hors alimentation et énergie de seulement 0,2 %, un dixième de moins qu’envisagé par le consensus. Par ailleurs, les mauvaises surprises du mois dernier ne se sont pas réitérées. Les loyers, dont les prix avaient bondi de 0,6 % en avril, se sont assagis, avec une hausse moitié moindre en mai. Les services de transport sont en repli, non pas du fait des tarifs aériens de nouveau en augmentation de 2,7 % mais grace à une contraction de 1,7 % des tarifs d’assurance automobile, dont le poids est plus de deux fois supérieur aux premiers dans l’indice. Par ailleurs, exception faite de l’habillement, les prix des biens hors énergie et alimentation ont pour la plupart reflué, contrairement à ce que pourrait laisser attendre les tensions en amont des prix à la production. La demande est sans doute plus contraignante pour les entreprises sur ce front que dans les activités tertiaires.

 

L’accueil plutôt favorable des marchés de taux à cette publication est donc assez légitime. Malgré une accélération de l’inflation de 3,8 % à 4,2 % entre avril et mai, les détails de ce rapport ne soulignent pas de diffusion préoccupante de l’envolée des cours de l’énergie, dont l’indice marque une nouvelle augmentation de 3,9 % en mai, après 3,8 % et 10,9 % respectivement en avril et mars, soit une hausse de 23,5 % l’an.
On aurait tort, néanmoins, de considérer que les risques sont derrière nous.

Lire la suite…

La BCE face au risque d’incompréhension

C’est quasiment acquis, après douze mois de statu quo, la BCE procèdera à un premier relèvement de ses taux directeurs d’un quart de point ce jeudi. Cette décision, décriée avant d’avoir été prise, interroge nombre d’observateurs et se révèle a bien des titres criticable. Dans un contexte économique déjà considérablement affaibli par le contrecoup de la guerre en Iran, susceptible d’avoir déjà fait basculer la zone euro en récession, comment justifier de procéder à un durcissement monétaire dont l’objectif ne peut être que celui de peser plus encore sur la croissance de la demande ? La réponse, on le sait, se trouve dans son mandat quasi exclusif, qui est celui de la stabilité des prix, aujourd’hui remise en cause par la crise iranienne.
Sauf révision de ce dernier, la BCE n’a pas le loisir de prendre ses distances par rapport à cette responsabilité et si l’inflation accélère au point de remettre en cause la perspective d’un retour vers l’objectif de 2 % à horizon prévisible, sa responsabilité est de faire ce qui est en son pouvoir pour réduire ce risque. A minima, cette discipline suggérerait de ramener les taux réels en territoire sinon positif, du moins neutre, afin de ne pas être accusée de manquement à ses responsabilités. Avec une inflation de 3,2 % en mai, la perspective d’une remontée du taux repo vers à ce même niveau, au lieu de 2,15% aujourd’hui, pourrait justifier à une communication plus « hawkish » qu’attendu de la part de Mme Lagarde ce jeudi. C’est, notamment, par ce biais que la BCE pourrait espérer contrer la montée des tensions sur la partie longue de la courbe des taux.

Lire la suite…

Un rapport sur l’emploi contrariant

Avec 172 K nouveaux postes créés en mai après 179 K en avril, l’économie américaine a retrouvé le chemin des créations d’emploi, conformément à ce qu’avaient déjà signalé les données de l’ADP mercredi. Les créations du seul secteur privé non-agricole ont été révisées en hausse de 123 K à 177 K en avril et progressent moins vigoureusement en mai, 120 K en première lecture, mais sur une base beaucoup mieux répartie qu’au cours des derniers mois. Sauf les services financiers et, dans une moindre mesure, l’information, le commerce et les transports, tous les secteurs économiques ont participé à l’amélioration des résultats du mois de mai, activités de loisirs/restauration et emplois publics, sinon fédéraux, en tête, suivis par la santé, la construction et l’industrie manufacturière.

Fort heureusement pour K. Warsh, le taux de chômage ne baisse pas, à 4,3 %, et le taux de salaire annuel décélère encore de deux dixièmes, à 3,4 %. À y regarder de plus près, néanmoins, il se pourrait bien que ces deux éléments de sauvetage, pour un président de la Fed partisan de baisses des taux directeurs, ne soient plus au RDV d’ici peu. D. Trump pourrait se féliciter de ces bons résultats mais telle n’est pas sa préoccupation première aujourd’hui, qui vise avant tout à contenir le coût d’une dette fédérale incontrôlée et de plus en plus onéreuse.
Manifestement, le nouveau président de la Fed aura du mal à satisfaire à cette urgence. Les taux futurs se sont de nouveau tendus à la publication de ce rapport et, sur les marchés, les anticipations de remontées des taux directeurs risquent décidément de conserver un vent de poupe dans les prochaines semaines.

Lire la suite…

Du côté économique, l’ambiance n’est pas la même que du côté des actions aux Etats-Unis

Avec des actions au beau fixe et des investisseurs qui n’ont d’yeux que pour les perspectives de résultats, tous secteurs confondus, c’est-à-dire principalement pour la technologie et quelques rares domaines où le pricing power est porté par la réforme fiscale et les effets richesse, on en oublierait presque les risques conjoncturels assortis à la situation américaine en présence. Les données du jour constituent à ce titre un rappel à l’ordre. Si aucun signe particulièrement préoccupant n’en ressort, la corde s’use manifestement du côté des consommateurs et de leur capacité à faire durablement face au contexte en présence.

Lire la suite…

Enquêtes INSEE et IFO, une amélioration en trompe l’œil

Si la première réaction aux publications des enquêtes de l’INSEE et de l’IFO sur le climat des affaires a été celle d’un soulagement, après les PMI d’hier, leur analyse détaillée jette un sérieux coup de froid.
• Les bons résultats apparents en provenance de l’industrie manufacturière sont biaisés par la bonne tenue d’un nombre particulièrement limité de secteurs. Les commandes à l’industrie du transport hors automobile qui regroupe l’aéronautique et le naval, seule à réellement tirer son épingle du jeu de la conjoncture actuelle en France comme en Allemagne, grâce notamment à l’effort de réarmement. En cela rien de bien nouveau, ni par rapport aux trois derniers mois ni par rapport aux trois années écoulées, quand bien même la France se distingue quelque peu dans le secteur technologique, sans, non plus, produire des étincelles. Dans un tel contexte, les perspectives de production, mieux orientées, peinent à convaincre.
• Comme pour les PMI, les retours en provenance des services sont de piètre qualité, très négativement impactés en France par la chute du climat des affaires du tourisme, de l’immobilier et des services administratifs. Quand les activités de transport et de logistique concentrent outre-Rhin les effets les plus négatifs du ralentissement de l’activité économique, suivies par les activités administratives et, également, l’hôtellerie-restauration.

Lire la suite…