Stigmates de la crise et freins structurels en Chine

Le PIB chinois a progressé de 8,1 % en moyenne en 2021, en phase avec les attentes. Acquis 2020, révisions à la hausse du passé et accélération de la croissance en fin d’année ont permis cette prouesse, en dépit de difficultés toujours très importantes. Si l’activité industrielle s’est ressaisie au quatrième trimestre, grâce principalement au rebond des secteurs automobile et minier, l’économie chinoise continue d’interroger sur l’ampleur du ralentissement structurel en cours. Les stigmates de la crise sanitaire marquent encore profondément l’environnement des particuliers qui ont vu la croissance de leurs revenus décélérer considérablement par rapport à l’avant crise. L’activité industrielle semble continuer à s’appauvrir tandis qu’il ne se passe pas grand-chose sur le front de l’investissement privé. De son côté la crise immobilière continue à sévir et à imprégner les perspectives immédiates. Dans un tel contexte et face aux pressions à la hausse de la devise, la Banque Populaire de Chine continue d’aller à contre-courant du mouvement mondial en abaissant pour la première fois depuis avril 2020 le taux des facilités de prêts à 1 an. De fait, la situation chinoise évoque toujours plus de signes déflationnistes que l’inverse.

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Aux Etats-Unis, les pertes de pouvoir d’achat pèsent plus que la Covid

Les ventes de détail nominales aux Etats-Unis ont reculé de 2,1 % en décembre et connaissent leur pire mois depuis février. Si ce constat n’est pas forcément surprenant en période de difficultés sanitaires, l’ampleur de la chute dans des secteurs que l’on pourrait penser épargnés, voire dopés par les restrictions, interroge. C’est notamment le cas de la baisse de presque 9 % des ventes du commerce à distance. Plus généralement, la quasi-totalité des secteurs reculent plus ou moins nettement, notamment l’ameublement et les loisirs. L’impact du variant Omicron fait peu de doutes mais il semble loin d’être le principal responsable des très mauvais chiffres de la fin d’année qui reflètent beaucoup plus nettement l’impact des pertes de pouvoir d’achat que ceux de la réduction de la mobilité.

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Surprenante réaction au mauvais CPI américain. Complaisance de la FED en vue ?

Après la panique provoquée par la publication des minutes de la FED la semaine dernière, les marchés commencent-ils à envisager une certaine complaisance à venir de J. Powell à l’égard de l’inflation ? La remontée graduelle des cours de l’or nous a incité à envisager cette éventualité ces derniers jours. Son envol à la publication des données d’inflation du mois de décembre, coïncidant avec la chute du dollar et le repli des taux futurs américains, va un peu plus loin dans cette direction. Car, manifestement, les chiffres de décembre ne sont pas bons. Non seulement la hausse annuelle des prix à la consommation monte davantage, à 7 %, contre 6,8 % en novembre, mais, surtout, les données sous-jacentes montrent une nouvelle progression mensuelle de 0,6 %, malgré l’impact négatif d’Omicron sur les prix des loisirs et ceux du transport aérien, laquelle porte à 5,5 % le taux d’inflation sous-jacent. De tels résultats ne devraient guère réduire les chances de durcissement de la politique monétaire à en juger par les inquiétudes exprimées par la FED, quand bien même J. Powell, a été suffisamment vague face au Sénat hier pour, probablement sciemment, laisser la porte ouverte à une telle lecture. On comprend, bien sûr, sa stratégie après ce qu’a déclenché la publication des minutes et les piètres chiffres de l’emploi de décembre. Mais si tel se confirme….

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Record sur 10 ans pour l’inflation UEM en 2021, bientôt battu, en moyenne, par 2022.

Avec une moyenne annuelle de +2,6 %, l’inflation en zone euro n’avait plus été aussi forte depuis 2011. Si l’on ne considère que la variation sur 12 mois, de décembre 2020 à décembre 2021, la hausse des prix est de 5 %, soit un dixième de plus qu’en novembre et un record depuis le début des années 1990. Effet taxes, énergie, reprise, temporaires ou un peu plus durables : les taux d’inflation sont très disparates entre les pays, ce qui ne facilite pas l’analyse. Ainsi, sur l’ensemble de l’année, la hausse des prix est inférieure à 1 % en Grèce ou au Portugal, avoisine 2 % en France et en Italie, mais dépasse 3 % en Espagne et en Allemagne et davantage dans la plupart des pays Baltes. Qui plus est les deux années passées auront été, à bien des égards, exceptionnelles et de telles variations ont peu de chances de devenir la nouvelle norme. Pour autant, 2022 devrait, en moyenne, continuer d’afficher des taux d’inflation élevés, en l’occurrence vraisemblablement supérieurs à ceux de l’année dernière.

 

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Industrie franco-allemande : recherche désespérément éléments de réconfort…

On avait l’espoir d’un léger rebond de l’activité industrielle en fin d’année dernière, las ! en novembre, la production industrielle s’est contractée de 0,4 % en France et de 0,2 % en Allemagne. Des pertes somme toute minimes mais des pertes toujours, témoins d’une situation encore très déprimée en dépit d’un léger mieux du côté automobile. Les données de consommation sont un peu meilleures, en hausse de 0,8 % pour les achats des ménages français et de 0,6 % pour les ventes de détail hors automobiles en Allemagne. Mais face à l’inertie de la production, ce sont les importations qui en retirent les plus grands bénéfices ! Le tout reste donc assurément médiocre. Il faut espérer que les services aient soutenus un peu plus vigoureusement la croissance du PIB du dernier trimestre avant d’avoir été rattrapés par la nouvelle vague d’épidémie. Tout ceci n’est assurément pas de meilleur augure.

 

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Hausse des taux et réduction du bilan au programme des minutes de la FED

Les minutes du dernier FOMC semblent sonner le coup d’envoi d’une orientation éminemment plus restrictive de la politique monétaire aux Etats-Unis. Non seulement la FED avise sur la nécessité d’une possible remontée de ses taux directeurs plus rapide que prévu mais communique sur la réduction nécessaire de son bilan une fois amorcée la première hausse de ses taux. La première annonce ne surprend pas vraiment mais résonne comme un évident rappel à l’ordre face aux doutes créés par l’apparition du variant Omicron. Mi-décembre, le variant n’était pas perçu comme un élément suffisant pour contraindre la FED à dévier de la trajectoire vers laquelle le dérapage récent de l’inflation l’a conduite. La seconde était moins attendue. Jusqu’à présent, il s’agissait en effet de réduire les injections de liquidités avant de les stopper au printemps. Il s’agit aujourd’hui d’en soustraire. Le contexte change donc radicalement à la faveur d’un début de restriction monétaire.

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Pas de nouvel élan pour l’inflation française en décembre

Après quatre mois de hausse continue, l’inflation française se stabilise à 2,8 % en décembre, ou 3,4 % selon les données harmonisées. Les prix des services ralentissent marginalement tandis que ceux de l’alimentaire et des produits manufacturés accélèrent légèrement. A noter que, selon les indices d’inflation de l’INSEE, ces trois composantes demeurent inférieures à 2 %. Reste donc l’énergie. La légère baisse des cours du pétrole sur le mois a causé le premier ralentissement de l’inflation énergétique depuis juin : – 3 points à 18,6 %. En l’absence de nouveau rebond des cours, la dissipation des effets de base permettrait une quasi extinction de l’inflation énergétique à la fin 2022.

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Climats des affaires : quelques bonnes nouvelles, balayées par la Vème vague

Les problèmes sur le front de l’approvisionnement, principal handicap industriel de ces derniers mois, semblent s’atténuer: le rapport de Markit pour l’Allemagne fait état d’une légère réduction des goulots d’étranglement, tandis que les perspectives de production se reprennent en France, notamment dans l’automobile, selon l’enquête INSEE. Conséquence, les climats des affaires manufacturiers résistent, partout, plutôt bien, voire s’améliorent très légèrement, comme en Allemagne. Cependant, la cinquième vague de covid arrive et, avec elle, ses difficultés pour les activités de services. Sans surprise, les indicateurs de l’INSEE montrent un très fort recul du climat des affaires dans l’hôtellerie-restauration, secteur le plus touché à chaque dégradation de la situation sanitaire. On peut supposer qu’il en est de même un peu partout.

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