Récupération à pas comptés aux Etats-Unis

Les données économiques américaines du jour restent globalement médiocres. Du côté des consommateurs, l’heure est à la prudence à en juger par le rapport des ventes de détail, en hausse de seulement 0,3 % en valeur en octobre. La production industrielle s’est un peu mieux tenue, avec une progression mensuelle de 1,1 % en octobre, résultat d’une amélioration sectorielle plus équilibrée qu’au cours des derniers mois. L’ensemble reste malgré tout très insuffisant pour combler les pertes de l’industrie manufacturière du premier semestre, avec un déficit de 6,5 % en moyenne cette année par rapport à 2019 qui n’évoluera sans doute pas beaucoup d’ici à la fin de l’année compte-tenu du ralentissement induit par le regain de l’épidémie ces dernières semaines.

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Pas grand-chose de nouveau du côté de la conjoncture chinoise

Encore une fois, les indicateurs chinois du mois d’octobre créent leur effet sur les marchés internationaux depuis ce matin, qui, ajouté à celui de la nouvelle de la signature d’un accord de partenariat régional de 15 pays d’Asie ce week-end, se transforme en vague d’optimisme sur les bourses. Que ce dernier soit effectivement une bonne nouvelle pour les perspectives régionales de moyen terme est indiscutable, en tout cas pour le rayonnement de la Chine. Reste que l’accord n’aura pas d’effets immédiats sur la croissance de la région et que ses ambitions par rapport aux pactes déjà existants sont relativement limitées. Quant à ses conséquences pour l’Europe, on est en droit de s’interroger…

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Suspens dans l’industrie européenne avant l’impact de la deuxième vague de Covid-19

Sauf la déception italienne, le troisième trimestre s’est plutôt bien terminé dans l’industrie européenne : la production manufacturière a continué à grapiller du terrain en Allemagne, en France et en Espagne. Plus spectaculaire qu’ailleurs pendant l’été, le rebond italien a marqué le pas en septembre avec un repli de près de 6 % de l’activité qui n’a toutefois pas fait plus de dommages que de ramener l’indice du pays dans la moyenne européenne. Malgré tout, les retards restent conséquents, entre 4 % à 9 % par rapport à la production de janvier, avant même les effets à venir de la deuxième vague de coronavirus. À ce stade néanmoins peu de warnings de la part des industriels. En France, les commandes à l’industrie ont très peu évolué en octobre selon l’enquête de la Banque de France réalisée entre le 28 octobre et le 4 novembre. Même constat en Italie où les perspectives à trois mois du climat des affaires sont restées inchangées. Enfin, les perspectives sectorielles du ZEW publié aujourd’hui résistent, tout au moins dans l’industrie. S’il est difficile de tirer des conclusions définitives de ces indications en pleine crise sanitaire, on peut néanmoins avancer que le contexte est moins anxiogène qu’au printemps.

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Aux Etats-Unis, les emplois gagnés dans les loisirs et l’hôtellerie ont été perdus dans le public

En octobre, seulement 638 K emplois salariés ont été créés aux Etats-Unis, soit une nouvelle décélération après les 672 K nouveaux postes de septembre. Le mois écoulé a pourtant été plutôt bon dans le privé, avec 906 K créations de postes, légèrement plus, donc, que le mois dernier (892 K). La hausse des salariés dans l’hôtellerie et les loisirs, bien que nettement moins forte qu’en septembre, a largement contribué à ce résultat, avec 271 K nouveaux postes. En deuxième place, les services professionnels ont ajouté 208 K postes, soit 86 K de plus que le mois précédent. Enfin, les commerce s’est également amélioré. Signe d’une activité plus vigoureuse, offrant plus d’opportunités, le taux de participation des 19-24 ans a poursuivi son redressement à vive allure et retrouvé son niveau d’avril 2019 ; simultanément, les emplois -salariés et non-salariés- à temps partiel se sont accrus de plus d’un million, leur plus forte progression depuis juin, et la durée hebdomadaire du travail se maintient à un niveau record de 34,8 heures.

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Les bénéfices européens d’une élection de Biden : entre rêves et réalité

Rebond des bourses, envolée de l’euro, écrasement des taux souverains… Les marchés européens se réjouissent de la perspective d’une élection de J. Biden à la tête des Etats-Unis, au point d’avoir fait de la zone euro la principale bénéficiaire du sursaut de confiance des bourses mondiales au cours de la semaine écoulée. Il y a certainement de bonnes raisons d’imaginer qu’une accession de J. Biden à la présidence américaine soit plus favorable que celle de son rival pour l’économie mondiale. Le cas de figure où l’Europe tirerait un bénéfice particulier d’une victoire du démocrate est également assez défendable, ceci néanmoins sous certaines conditions, parmi lesquelles :

  • La capacité de J. Biden à appliquer les points-clés de son programme, ce qui dépendra pour beaucoup du confort de la majorité démocrate au Congrès.
  • La capacité de l’Europe à suivre la voie du nouveau cap de la politique économique américaine, en matière d’investissement notamment.

En d’autres termes, les bonnes nouvelles ne tomberont pas du ciel et briser le plafond de verre qui plafonne au-dessus des indices européens depuis le mois de juin pourrait se révéler plus difficile que suggéré ces derniers jours.

 

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Allemagne : il faudra attendre novembre pour mesurer l’ampleur du retournement

Après un mois d’août décevant, la production manufacturière allemande a rebondi de 2 % en septembre, grâce au soutien du matériel de transport. La production est cependant loin d’avoir comblé son retard du premier semestre. L’activité industrielle est encore inférieure de 7,2 % à son niveau de septembre 2019 et de 8,5 % pour le seul secteur manufacturier. Or, la situation ne va sans doute pas s’améliorer sous peu. Si octobre semble en mesure de résister aux conséquences de la crise sanitaire, la fin d’année s’annonce d’ores et déjà en repli et l’acquis de croissance trimestrielle, à zéro fin septembre, n’aidera pas.

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Win-win, so far : la BCE parvient à rassurer les marchés tout en faisant dévisser l’euro !

Comme généralement anticipé, la BCE ne modifie pas sa politique face à la dégradation de la situation sanitaire et attendra la mise à jour du scénario macroéconomique de décembre pour « recalibrer ses outils d’intervention de manière appropriée ». Le ton du communiqué se veut clairement rassurant sur la nécessité de maintenir un ample degré de liquidités, l’utilisation flexible des outils à sa disposition et la possibilité de mobiliser davantage de moyens à partir du mois de décembre dans un environnement économique décrit comme particulièrement fragile. Madame Lagarde semble avoir réussi à rassurer malgré une intervention particulièrement « bearish » sur la situation conjoncturelle et l’absence de nouvelles mesures immédiates de soutien. Le succès n’était pas garanti ainsi que l’ont montré les premières réactions des marchés à sa conférence de presse. La perception a changé néanmoins suite aux demandes récurrentes de précisions sur les changements à venir qui ont offert l’occasion à la présidente de la BCE de donner tout leur poids aux termes précis du communiqué.

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