L’industrie européenne résiste en début de trimestre. La suite sera plus compliquée.

La production manufacturière européenne a progressé de 1,9 % en octobre, une nette amélioration mensuelle malgré un retard persistant de 4,1 % par rapport à octobre 2019. La locomotive allemande a, cette fois, joué son rôle à plein, avec une hausse de 3,1 %, la plus forte hausse des grands pays européens. Elle devrait garder cette fonction motrice en novembre, où, malgré le confinement, la production automobile progresse toujours. De quoi rassurer sur la chute du PIB au dernier trimestre, qui pourrait être un peu moins marquée que ne le laissaient envisager les indicateurs de mobilité en début de période. Reste que la partie est loin d’être gagnée, d’une part parce que l’industrie ne représente, même en Allemagne, qu’une faible part de l’activité en comparaison des services, et, parce que la période décembre/janvier pourrait s’avérer riche en déceptions.

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Surprendre à tout prix ; la BCE y parviendra-t-elle ?

Christine Lagarde l’a annoncé au terme du dernier comité de politique monétaire de novembre : la mise à jour des projections économiques de décembre serait l’occasion de « recalibrer les outils d’intervention de la BCE de manière appropriée», précisant lors de sa conférence de presse que ce recalibrage ne se limiterait pas au seul programme d’urgence pandémie (PEPP) mais concernerait l’ensemble des outils aujourd’hui à disposition. Depuis cette dernière communication trois développements influents penchent en faveur d’une action de taille :L’alerte donnée par la BCE sur la vulnérabilité des banques européennes face aux risques de défaut des entreprises et des ménages, laquelle a aussi pu être interprétée comme le signal d’un gel prolongé de la distribution des dividendes. Le regain de l’épidémie et la multiplication récente des mesures de restriction dans plusieurs pays, malgré un allègement des contraintes parmi les premiers touchés. L’accélération de l’appréciation de l’euro, dopé par la chute du billet vert et l’écrasement des spreads de taux intra-zone euro tandis que se multiplient les secteurs en déflation. Reste que les attentes des marchés sont élevées et qu’une déception pourrait avoir des conséquences importantes, notamment en ce qui concerne la devise européenne. À quoi s’attendre dès lors ?

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BMG décembre 2020 – Erosion, toujours

Notre indicateur global de momentum d’activité piétine en zone légèrement positive à 0,4, avec une baisse de 0,1 point, la cinquième consécutive. Toutes ses composantes se situent en territoire légèrement positif, et, en général, seuls les indicateurs britanniques se dégradent de façon notable. Le momentum d’inflation repasse en zone neutre, à -0,1 ; il n’a pas affiché de valeur positive depuis vingt mois.

 

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ISM/PMI américains, ça monte ou ça descend ?

Écarts de méthodes, écarts d’historiques, biais sensoriels… Les résultats d’enquêtes auprès des professionnels n’aident pas toujours à y voir plus clair sur la situation économique. PMI des services et ISM non-manufacturier américains du mois de novembre en sont une belle illustration. Le premier, en hausse en première estimation a été révisé plus haut encore aujourd’hui, à 58,4 points, un niveau qu’il n’avait pas connu depuis mars 2015 qui marque également une franche accélération depuis juin lorsqu’il n’était qu’à 47,9 points. L’ISM non-manufacturier s’est, à l’inverse replié pour le deuxième mois consécutif pour terminer à un niveau inférieur à celui de juin alors qu’il était déjà à 57,1 points… On pourrait s’en tirer en considérant que les deux indicateurs convergent peu ou prou mais, on le sait, la tendance vaut souvent plus que le niveau absolu et, pour le coup les deux tendances racontent deux histoires bien différentes. Alors l’économie américaine est-elle en phase d’accélération ou de décélération ?

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Au contraire du PMI, l’ISM manufacturier plafonne

La robustesse du PMI manufacturier avait surpris la semaine dernière ; les résultats de l’enquête ISM sont plus conformes à notre appréciation sur la situation conjoncturelle américaine. Le repli de l’indice est limité en novembre, à 57,5 points contre 59,3 en octobre et aurait pu passer inaperçu sans le plafonnement de ses composantes sous-jacentes. Mais ces dernières piétinent depuis le milieu de l’été et la tendance ressemble à s’y méprendre à un début de retournement. Il n’y a en cela rien de bien surprenant, à en juger par la dégradation de la situation sanitaire et, Thanksgiving passé, décembre pourrait être plus compromis. Insensibles à la nouvelle, les marchés pourraient être un peu plus perturbés si, d’aventure, les messages en provenance de l’ISM non-manufacturier attendu jeudi, venaient à être du même tonneau.

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BMG novembre 2020 – Résistance à confirmer

 Notre indicateur global de momentum d’activité se maintient en zone positive mais connaît son quatrième mois consécutif de ralentissement,à 0,3 après 0,5, sur fond de deuxième vague de Covid. Les indicateurs d’investissement, de consommation et d’exportations demeurent en zone positive, tandis que le celui du climat des affaires recule en zone neutre. L’indicateur d’inflation, à -0,3, et n’est plus passé en positif depuis janvier.

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L’Allemagne, mieux lotie ? Mise au point

Durement frappée par la Covid-19, comme tous ses voisins européens, l’Allemagne devrait néanmoins connaitre l’un des plus faibles reculs du PIB du vieux continent en 2020, autour de -7 %, contre -10 % environ pour la France et pour l’Italie, -12 % pour l’Espagne et -11 % pour le Royaume-Uni, selon nos estimations. Si l’on ajoute à cela un quatrième trimestre probablement, là aussi, un peu meilleur qu’ailleurs à en juger par les retours d’enquêtes, on en oublierait presque les faiblesses structurelles de l’économie allemande pourtant largement soulignées par les tendances d’avant crise, durant l’année 2019 notamment. Où en sommes-nous ? L’étude approfondie des détails du PIB, publiés hier, est là pour nous les rappeler : malgré une croissance de 8,5 %, le rattrapage a été plutôt décevant, l’intervention publique a été pour beaucoup dans la bonne tenue de l’économie allemande mais l’industrie patine, en dépit des nouvelles rassurantes des PMI et de l’IFO de ces derniers jours.

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Les PMI allemands sauvés par l’industrie. Espérons que la production suivra…

Comme attendu, les PMI européens reculent franchement en novembre, avec un indice composite préliminaire pour la zone euro à 45,1, contre 50 en octobre. À ceci près que les écarts de situation se creusent sensiblement entre la France, où l’indicateur composite chute à 40 points, et l’Allemagne où il demeure en zone d’expansion, à 52 grâce à la bonne tenue du secteur manufacturier. Les industriels allemands résistent et l’on est tenté d’y voir le résultat de leur forte exposition à l’exportation à l’égard des régions du monde moins impactées par la crise sanitaire, l’Asie notamment. Reste que jusqu’à présent les résultats effectifs de l’industrie allemande par rapport à la France sont loin d’avoir été au rendez-vous. La production industrielle allemande a, en effet, très largement sous-performé la française ces derniers mois et, malgré un choc moins marqué que dans l’Hexagone au printemps, la moyenne de l’activité des dix premiers mois reste légèrement à l’avantage de la France… La confiance des industriels allemands sera-t-elle mieux suivie de faits cette fois-ci ? La question se pose.

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