La reprise de l’industrie allemande en suspens

La production industrielle allemande a reflué de 0,3 % en avril, à raison de 0,6 % pour sa seule partie manufacturière. Malgré des effets de base stratosphériques qui propulsent l’évolution sur 12 mois à +34 %, ces données sont médiocres, avec un retard de 3 % par rapport aux niveaux d’avant crise, parmi les plus important du monde développé. Il est vrai que la situation sanitaire n’a pas aidé le secteur outre-Rhin, comme l’a montré hier le fort recul des commandes domestiques en avril. On attendait cependant un soutien un peu plus significatif à l’exportation, lequel manifestement n’a pas été au rendez-vous. La levée des restrictions sanitaires ces dernières semaines permettra probablement une nette reprise dans les mois à venir. Compenser plus d’un an de sous-régime ne se fait cependant pas du jour au lendemain, surtout pour une économie qui montrait déjà des signes évidents de faiblesse bien avant la pandémie.

 

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A quel point l’industrie participera-t-elle à la reprise à venir ?

Rarement confusion aura été aussi importante que celle de ces derniers mois sur l’interprétation des indicateurs de conjoncture. Les données en provenance de l’industrie allemande de cette semaine en sont un bon exemple. En mars, ses commandes ont progressé de 3 %, soit de 27,6 % en comparaison à mars 2020, ou encore de 12,5 % par rapport à leur niveau d’avant crise. Pour de nombreux observateurs ces données sont le signe d’une reprise d’envergure qui ne pourra que s’amplifier au fur et à mesure du retour à la normale de la vie économique. Habituellement scrutées pour ce qu’elles sont supposées nous dire de la demande mondiale, les commandes de biens d’équipement ont, pour leur part, affiché un rebond annuel de 37,6 %, perçu comme très encourageant pour les perspectives globales d’investissement.

Une autre façon de lire ces indicateurs existe, pourtant. Elle consiste à les observer en cumul depuis le début de la crise, ce qui permet d’apprécier le degré de récupération des pertes enregistrées en 2020. Il en résulte une lecture éminemment différente de la conjoncture, qui, mise en perspective de ce qu’a déjà fait la demande internationale de biens durant les mois d’empêchement de consommer des services, pourraient paraître nettement moins prometteuses, en particulier pour une industrie, comme l’allemande, relativement peu présente sur les secteurs technologiques, les plus prisés de cette reprise. Outre le cas allemand, cependant, c’est celui de l’industrie mondiale qui interpelle car, malgré des indicateurs de climat des affaires très positifs, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les biais inhérents aux effets de base en sont une explication tandis que les difficultés d’approvisionnement de composants électroniques et les tensions sur un marché mondial des matières premières devenu éminemment stratégique et spéculatif, n’aident pas à poser le diagnostic ; un peu comme si trop d’arbres à la fois cachaient la forêt de perspectives industrielles bien moins porteuses que généralement admis.

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En attendant la reprise de l’industrie mondiale…

La production industrielle française a reculé de 4,7 % en février par rapport à janvier, avec une baisse semblable de sa composante manufacturière. Outre-Rhin, la situation n’est guère meilleure ; après une première baisse en janvier, la production manufacturière s’est repliée de 1,8 %. Ces reculs, par ailleurs généralisés à la quasi-totalité des secteurs, ne s’expliquent qu’en partie par la nouvelle détérioration des conditions sanitaires. Portés par le recul de l’épidémie dans le reste du monde, les espoirs de reprise à l’exportation ne sont pas au rendez-vous, en effet, ainsi que souligné hier par la mollesse des commandes étrangères à l’industrie allemande et, de fait, les exportations ne font guère de miracles ; elles ont progressé de 0,9 % entre janvier et février, même à prix courants… Il faut dire que l’activité industrielle mondiale n’est pas particulièrement florissante en dehors de quelques secteurs spécifiques, tels l’électronique. Ainsi, aux Etats-Unis, la production manufacturière n’a pas fait mieux qu’en Europe le mois dernier. Ces observations n’empêcheront probablement pas les indicateurs du climat des affaires de caracoler sous l’influence prépondérante des effets de base mais commencent sérieusement à poser question. Il faudra assurément que la réouverture de l’économie s’accompagne d’un sérieux coup d’accélérateur pour échapper à une révision des perspectives 2021.

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Le secteur manufacturier allemand sauve les meubles en janvier

La production industrielle allemande a reculé de 2,5 % entre décembre et janvier, son premier accroc depuis mai 2020, du fait d’une chute de 12 % de la construction. Le secteur manufacturier n’accuse pour sa part qu’un repli de 0,5 %, loin d’être désastreux pour une période marquée par un confinement sans précédent, alors que les commandes de décembre laissaient entrevoir un début d’année compliqué et que la production du même mois a été révisée à la hausse. L’industrie allemande est donc globalement épargnée, quand bien même ses résultats sont à des lustres de ce que suggèrent les PMI.

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L’industrie européenne résiste en début de trimestre. La suite sera plus compliquée.

La production manufacturière européenne a progressé de 1,9 % en octobre, une nette amélioration mensuelle malgré un retard persistant de 4,1 % par rapport à octobre 2019. La locomotive allemande a, cette fois, joué son rôle à plein, avec une hausse de 3,1 %, la plus forte hausse des grands pays européens. Elle devrait garder cette fonction motrice en novembre, où, malgré le confinement, la production automobile progresse toujours. De quoi rassurer sur la chute du PIB au dernier trimestre, qui pourrait être un peu moins marquée que ne le laissaient envisager les indicateurs de mobilité en début de période. Reste que la partie est loin d’être gagnée, d’une part parce que l’industrie ne représente, même en Allemagne, qu’une faible part de l’activité en comparaison des services, et, parce que la période décembre/janvier pourrait s’avérer riche en déceptions.

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Allemagne : il faudra attendre novembre pour mesurer l’ampleur du retournement

Après un mois d’août décevant, la production manufacturière allemande a rebondi de 2 % en septembre, grâce au soutien du matériel de transport. La production est cependant loin d’avoir comblé son retard du premier semestre. L’activité industrielle est encore inférieure de 7,2 % à son niveau de septembre 2019 et de 8,5 % pour le seul secteur manufacturier. Or, la situation ne va sans doute pas s’améliorer sous peu. Si octobre semble en mesure de résister aux conséquences de la crise sanitaire, la fin d’année s’annonce d’ores et déjà en repli et l’acquis de croissance trimestrielle, à zéro fin septembre, n’aidera pas.

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Baisse de la production allemande, déjà !

Malgré les données rassurantes sur les commandes publiées hier, la production industrielle allemande a reculé de 0,2 % en août et sa composante manufacturière de 0,7 %, pour des niveaux inférieurs de respectivement 11,6 % et 12,2 % à ceux d’août 2019. La contraction de la production de matériel de transport est responsable du mauvais chiffre d’ensemble ;il n’y a rien de bien surprenant à cela après sa récupération des derniers mois. Toutefois, si la plupart des autres secteurs poursuivent leur rattrapage, c’est à un rythme souvent moindre que les mois précédents quand, simultanément, les biens d’équipement, toujours très loin de leur niveau d’avant crise, reflanchent. L’ensemble n’est pas de bon augure au moment où le regain d’épidémie risque à nouveau de se faire sentir sur la demande à venir.

 

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La reprise industrielle allemande à la peine

Production et commandes allemandes de mai/juin, forcément en très forte hausse après le confinement, ne donnaient que peu d’indices sur la nature de la reprise. Les données de juillet sont plus éclairantes et, incontestablement, décevantes : sans surprise après les commandes publiées vendredi, la production n’a progressé que de 2,4 % entre juin et juillet et sa composante manufacturière de 2,8 %. Après avoir effacé plus de la moitié de leurs pertes en deux mois, les volumes de production sont toujours inférieurs de plus de 10 % à ceux de février tandis que le principal soutien apporté par l’automobile s’essouffle à en juger par les données préliminaires du mois d’août… Il faudra vraisemblablement plus de temps que généralement envisagé pour que l’industrie allemande efface ses pertes du printemps.

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