Crise, reprise, pertes et profits : l’envers du décor du scénario de l’OCDE

L’OCDE a publié cette semaine son scénario actualisé pour l’économie mondiale, avec une croissance de 5,8 % pour 2021 et de 4,4 % pour 2022. Satisfecit, donc, avec une reprise un peu plus ferme qu’initialement anticipé et des niveaux de PIB 2019 retrouvés pour la plupart des pays de l’OCDE d’ici 2022. Un certain nombre de points, pourtant, manquent à cette lecture :

  • On oublie souvent de mentionner l’importance de ce qui est déjà fait dans les prévisions pour 2021, que les économistes désignent comme l’acquis. Or ce dernier joue pour 72 % de l’estimation 2021, à raison de 4,2 points sur 5,8 %. Cette année ne procurerait donc que les 28 % restants ; 1,6 points !
  • On focalise l’attention sur le retour des PIB à leur niveau de 2019 en omettant de considérer les pertes de 2020. Or, la récupération de celles-ci semble loin d’être accessible pour bon nombre de pays, émergents inclus.
  • Enfin, à de rares exceptions près, les projections de PIB par habitant exacerbent ces écarts, en particulier pour les pays les plus jeunes.

Il fait peu de doutes, pourtant, que ces résultats joueront au moins autant sur l’avenir de l’économie mondiale que les évolutions en pourcentage…

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Emploi américain : vers un nouveau plan d’urgence contre la pauvreté ?

Voilà un nouveau rapport sur l’emploi américain bien peu porteur avec des créations nettes encore une fois très décevantes : seulement 559 K pour l’ensemble non agricole en mai dont 492 K pour le seul secteur privé. Si les chiffres de l’ADP d’hier ont pu laisser penser à une possible bonne surprise après la grosse déception d’avril, il n’en est rien. L’emploi se traîne et la stabilisation de la durée du travail n’est guère signe de surchauffe. En revanche, le taux de chômage, traditionnellement très influent sur l’orientation de la FED baisse de trois dixièmes, à 5,8 % quand, simultanément, les salaires moyens augmentent de 0,5 % après 0,7 %. C’est, vu sous cet angle, un peu comme le pire des scénarii avec, simultanément, l’évidence d’une reprise particulièrement molle en même temps que plus inflationniste… À y regarder de plus près, cependant, rien ne valide à ce stade de telles préoccupations quand, par ailleurs, les tendances de fond, mettent plutôt en lumière les difficultés des Américains à trouver un emploi suffisant pour satisfaire leurs besoins : le multi-salariat s’envole de 400 K en mai. Sur les marchés de taux, les rendements accusent le coup : les taux retombent et effacent leur gains d’hier et davantage ; une réaction, de facto, favorable à l’or, beaucoup moins au dollar et, conformément à ce qui anime les bourses aujourd’hui, porteuse pour les indices américains… moins pour les européens, plus sensibles à l’espoir d’une croissance américaine revigorée, mis sous-cloche.

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BMG mai 2021 – Doit mieux faire !

Notre baromètre économique global demeure en zone assez positive en mai mais recule à 0,4 après 0,7, chiffre révisé en hausse d’un dixième. Les indicateurs détaillés de consommation, investissement et commerce extérieur suivent la même trajectoire, légèrement baissière au-dessus de 0. Le climat des affaires connaît, lui, une amélioration insignifiante. Notre baromètre d’inflation stagne à 0,9 après, cependant, une forte révision à la hausse de l’estimation d’avril de 0,5 point.

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La consommation US marque le pas, les prix PCE s’envolent dans la foulée du CPI

Les revenus des ménages continuent de fluctuer au gré des programmes gouvernementaux. Avril étant caractérisé par de moindres paiements et de plus faibles rentrées d’assurance chômage, le revenu disponible des ménages à prix courants s’est replié de 15 % par rapport à mars. Conséquence, malgré un regain de mobilité, la consommation ne s’est accrue que de 0,5 % en avril, ce qui correspond à un léger recul de 0,1 % à prix constants. Les niveaux d’avant crise d’ores et déjà dépassés, d’environ 2 %, ce faible recul n’est pas préoccupant, d’autant que la progression du mois de mars a été révisée en hausse, à 4,1 %. Reste que la dépendance de la reprise aux programmes gouvernementaux continue d’interroger. Alors que l’inflation des prix PCE accélère à +3,6 %, sous l’effet combiné de l’énergie et des composantes sous-jacentes, il faudra que l’économie génère des gains de pouvoirs d’achats plus substantiels pour maintenir la consommation à flot avant que les programmes de relance ne produisent, éventuellement, leurs effets à plus long terme.

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J. Biden recule, le dollar suit. Si le premier plie, le second pliera aussi, problablement

Relance contre dollar ; les deux sont intimement liés. Les facteurs de pressions à la baisse du dollar ne se comptent plus : déficits abyssaux, dette externe, inondations de liquidités par la FED, taux zéro, perte d’influence des Etats-Unis, auxquels devraient s’ajouter les coûts de la relance Biden des dix prochaines années… Le billet vert a répondu comme il le devait à ces éléments l’année dernière avant de se ressaisir début 2021. Sa remontée n’a cependant pas fait long feu ; le dollar a buté dès les premières embûches rencontrées par le président américain face à l’opposition virulente des républicains à son programme de relance. S’il a eu les mains relativement libres face à l’urgence sanitaire, la suite se révèle plus compliquée, notamment parce qu’il faut trouver comment financer un programme dont les premiers volets s’élèvent déjà à plus de 4.000 mds. Or, le plan Biden est un tout. Sans réformes d’ampleur, les nouveaux déficits viendront s’accumuler aux anciens, sans amélioration suffisante des perspectives de croissance structurelle pour une normalisation à terme de la politique monétaire ; une évolution éminemment négative pour le dollar, aux multiples implications pour l’économie mondiale.

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Banque d’Angleterre et PCE américains font sortir les marchés de taux de leur torpeur

Voilà le genre de déclarations auxquelles il va sans doute falloir s’habituer. Après avoir annoncé un ralentissement de ses achats d’actifs il y a trois semaines, la Banque d’Angleterre pourrait considérer la perspective d’une remontée de ses taux d’intérêt courant 2022, selon l’un des membres de son Comité de politique monétaire Gertjan Vlieghe. L’annonce a surpris. L’inflation britannique est loin d’avoir été parmi les plus vigoureuses ces derniers mois et les perspectives économiques post-Brexit sont encore aux proies à de nombreuses interrogations. Mais la reprise est là, elle est plutôt vigoureuse et incite la BoE à revoir à la hausse ses prévisions. Les déclarations de Vlieghe sont un peu comme la réponse du berger à la bergère.

 

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Le quitte ou double du marché obligataire américain

A la question sur les tendances à venir des marchés obligataires, le consensus a incontestablement gagné en conviction ces dernières semaines : pour un nombre croissant d’observateurs, l’interrogation n’est plus si les taux vont monter mais avec quelle rapidité, pendant combien de temps et jusqu’où ? Curieusement néanmoins, les marchés souverains ne font plus grand-chose ces derniers temps, tout du moins aux Etats-Unis. Après une envolée de trois quarts de points en trois mois, le rendement de T-Notes à 10 ans a quasiment fait du sur-place depuis le début mars, ne réagissant ni aux progrès enregistrés sur le front sanitaire, ni davantage à la flambée des prix du mois d’avril qui, pourtant, semble avoir convaincu, y compris parmi les plus réservés, d’un changement radical des perspectives. Dans un premier temps bienvenue, en même temps que compréhensible, cette pause interroge au fur et à mesure qu’elle se prolonge, au point de questionner sur la suite. Y-a-il, effectivement, un scénario en faveur d’un repli des taux d’intérêt et que pourrait-t-il impliquer pour les différentes classes d’actifs : matières premières, dollar, valeurs cycliques, taux européens ?

 

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