A quel point l’industrie participera-t-elle à la reprise à venir ?

Rarement confusion aura été aussi importante que celle de ces derniers mois sur l’interprétation des indicateurs de conjoncture. Les données en provenance de l’industrie allemande de cette semaine en sont un bon exemple. En mars, ses commandes ont progressé de 3 %, soit de 27,6 % en comparaison à mars 2020, ou encore de 12,5 % par rapport à leur niveau d’avant crise. Pour de nombreux observateurs ces données sont le signe d’une reprise d’envergure qui ne pourra que s’amplifier au fur et à mesure du retour à la normale de la vie économique. Habituellement scrutées pour ce qu’elles sont supposées nous dire de la demande mondiale, les commandes de biens d’équipement ont, pour leur part, affiché un rebond annuel de 37,6 %, perçu comme très encourageant pour les perspectives globales d’investissement.

Une autre façon de lire ces indicateurs existe, pourtant. Elle consiste à les observer en cumul depuis le début de la crise, ce qui permet d’apprécier le degré de récupération des pertes enregistrées en 2020. Il en résulte une lecture éminemment différente de la conjoncture, qui, mise en perspective de ce qu’a déjà fait la demande internationale de biens durant les mois d’empêchement de consommer des services, pourraient paraître nettement moins prometteuses, en particulier pour une industrie, comme l’allemande, relativement peu présente sur les secteurs technologiques, les plus prisés de cette reprise. Outre le cas allemand, cependant, c’est celui de l’industrie mondiale qui interpelle car, malgré des indicateurs de climat des affaires très positifs, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les biais inhérents aux effets de base en sont une explication tandis que les difficultés d’approvisionnement de composants électroniques et les tensions sur un marché mondial des matières premières devenu éminemment stratégique et spéculatif, n’aident pas à poser le diagnostic ; un peu comme si trop d’arbres à la fois cachaient la forêt de perspectives industrielles bien moins porteuses que généralement admis.

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La douche froide de l’emploi US : du pain béni pour le Nasdaq, plus encore pour l’or…

Pour être une déception, c’en est une. L’économie américaine n’aurait créé que 266 K emplois salariés au cours du mois écoulé, contre près d’un million attendus par le consensus de marché. Hors emplois publics, le résultat est plus dramatique encore, à seulement 218 K avec, de surcroît, une révision à la baisse de 72 K des données de mars.  Pas d’explication particulière à cette déception. Sauf l’hôtellerie et la restauration en phase de rattrapage confirmé, les résultats sont partout très décevants avec en particulier, des destructions nettes de 79 K dans les services professionnels, de 66 K dans les transports et le commerce de gros et de 18 K dans l’industrie. Les ruptures d’approvisionnement de composants électroniques expliquent vraisemblablement une partie de ces déboires industriels et des activités qui en dépendent (transports probablement). L’industrie automobile a ainsi réduit de 27 K ses effectifs, retombés au plus bas depuis juin. Pour autant, cette explication ne permet assurément pas de justifier les déceptions des autres secteurs de l’activité.

Erreur de casting ou bug sans conséquence ?

La réponse est difficile à formuler et il faudra sans doute attendre davantage de données pour se faire une opinion. Toujours est-il que ce rapport fait flancher les perspectives de taux d’intérêt. Avec une remontée du taux de chômage, de 6 % à 6,1 %, au lieu d’anticipations à 5,8 %, les taux futures dévissent. Les 2 ans retombent quasiment à 0,14 % et les dix ans à 1,55 %. Le dollar, quand à lui, se rapproche des zones de risque et l’or s’envole à plus de 1835 $ l’once au moment où nous écrivons. Mais le grand gagnant est le Nasdaq qui, après avoir été bien malmené ces dernières semaines, se recharge d’optimisme. RDV dans un mois…

 

 

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La croissance 2021 sera beaucoup plus soutenue en France qu’en Allemagne !

Le PIB français a augmenté de 0,4 % au premier trimestre 2021, après une baisse de 1,4 % en fin d’année dernière. Rien d’exceptionnel, donc, d’autant que le retard par rapport au dernier trimestre 2019 est toujours de 4,4 %. C’est mieux, toutefois que le reste de la zone euro. Le PIB réel s’est en effet contracté de 0,4 % en Italie, 0,5 % en Espagne et de 1,7 % en Allemagne de sorte que la France a amorti le recul de la zone euro : seulement 0,6 %, après une baisse de 0,7 % déjà au dernier trimestre 2020. Plus encore, cela semble garantir à l’Hexagone l’une des plus fortes croissances du vieux continent en 2021, avec un acquis d’autant plus avantageux à la fin du premier trimestre, notamment en comparaison de l’Allemagne : 4 % pour la première contre 0,2 % pour la seconde.

Qu’importe que cette « réussite » soit le résultat d’effets de base statistiques et de la décision de repousser le confinement, au contraire de ce qu’ont fait la plupart de ses voisins. La croissance annuelle de l’économie française pour 2021 sera connue début 2022, en pleine campagne électorale, et l’on peut parier que le bon résultat sera utilisé comme un argument majeur par l’actuelle majorité.

 

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BMG avril 2021 – Un, deux, trois…partez !

Notre baromètre économique global progresse significativement en avril, à 0,6 après 0,3. La proportion de ses composantes en territoire franchement positif est importante mais les disparités entre les régions maintiennent nos indicateurs synthétiques en zone seulement légèrement positive. Notre baromètre d’inflation cède un peu de terrain à 0,4 après 0,6, reflet des tendances observées dans la plupart des régions sous revue hors Chine.

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Les marchés commencent-ils à se montrer un peu plus exigeants ?

Les indices boursiers piétinent et, après s’être montrés bien peu regardants sur les résultats économiques effectifs de ces derniers mois, il se pourrait bien qu’ils deviennent plus exigeants au vu des valorisations en présence. Il faut dire qu’au-delà des promesses budgétaires américaines et des retombées attendues de la réouverture des économies, déjà x fois anticipées, les retours sur la situation en présence ont de quoi laisser les plus optimistes sur leur faim. Les baromètres privilégiés des marchés que sont les PMI leur avaient promis monts et merveilles. Non seulement, les faits ne suivent pas, mais ces indicateurs pourraient pour la plupart avoir touché leurs plus hauts cycliques. Jusque-là dopés par les effets de base annuels très favorables, ils commenceront à être plombés par l’inversion de ces mêmes effets à l’approche de la fin du printemps, période de reprise fulgurante de l’activité l’an dernier… Alors, les investisseurs auront-ils autant le cœur à la prise de risque et autant d’appétit pour les cycliques et autres valeurs déclassées dans de telles conditions ? Il y a quelques bonnes raisons de s’interroger.

 

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La croissance US hélitreuillée est conforme aux attentes ; c’est au moins ça !

Comme attendu, le PIB réel américain a progressé de 6,4 % en rythme annualisé (1,6 % non annualisé) au premier trimestre 2021. Le retard par rapport à son niveau d’avant crise est ainsi ramené à un peu moins de 1 %, qui devrait être comblé sans difficulté au cours des trois prochains mois. La reprise semble donc engagée et le rattrapage du troisième trimestre devrait suffire à assurer une croissance d’au moins 7 % en moyenne cette année. Mais l’économie américaine tient grâce aux béquilles gouvernementales.

Les ménages ont reçu deux chèques de l’administration au cours du premier trimestre, plus de 2,2 Trn de dollars qui ont constitué 96 % de la croissance de leur revenu disponible, dont l’essentiel est allé à l’épargne et aux achats de biens, source quasi-exclusive de la croissance du PIB. Leurs revenus dépendront à l’avenir de l’emploi, des salaires ainsi que des prix et, sans doute, faudra-t-il qu’ils puisent dans leur épargne pour entretenir le rattrapage de la demande. De cela découlera le rebond plus ou moins rapide de l’activité dans les services, qui, contrairement à l’industrie, accusent encore un gros retard par rapport à la situation d’avant crise. Et de cela dépendront in fine les tendances de l’emploi et de ce qui fera la croissance avant que les réformes structurelles de J. Biden portent leurs fruits…

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Powell peine à faire entendre les raisons du statu quo de la FED

Stand-by. C’est implicitement le maître mot du communiqué de la FED et de celui des propos de J. Powell. Mais au fait, pour quelles bonnes raisons ? Affirmer que les tensions inflationnistes n’ont pas lieu de durer au-delà des effets de base et de l’impact des goulets d’étranglement ne suffit apparemment plus à justifier le statu quo de la FED. J. Powell a ainsi dû répondre à de multiples questions du type : mais que vous faut-il de plus, quelles conditions permettraient d’atteindre la zone de confort à partir de laquelle la FED pourrait envisager de changer de stratégie ? Quels sont les fragilités justifiant le maintien de telles béquilles monétaires ? Pourquoi continuer à acheter des titres adossés au marché immobilier alors que celui-ci se porte en apparence si bien, ces pratiques ne risquent-elles pas de participer à la surenchère en place et de peser, par ricochet, sur le pouvoir d’achat des ménages ? Enfin : la FED est-elle effrayée par le risque de « taper tantrum » ?… C’est peu de dire que les journalistes sont apparus dubitatifs et ils ne sont sans doute pas les seuls. Car la question n’est pas tant de ne rien changer que de maintenir des conditions de soutien monétaire exceptionnel quand les perspectives s’améliorent comme elles le font aujourd’hui.

 

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La vaccination fait toute la différence sur le moral des ménages

La sortie de la crise sanitaire est déjà largement entamée aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, sur fond d’une campagne de vaccination intensive, et le sentiment des consommateurs rebondit dans la foulée. La France ou l’Allemagne, qui, faute de la même rapidité, continuent de moduler les restrictions au gré des évolutions de l’épidémie de Covid, affichent quant à elles des niveaux de confiance toujours franchement médiocres. La réouverture s’y fait attendre, tout comme l’optimisme, et in fine la reprise économique.

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