L’inflation britannique se stabilise, pas de quoi contrarier la BoE   

L’indice des prix à la consommation marque un coup d’arrêt à sa progression, toujours très forte, sur un an. Celle-ci reste, en effet, de 5,4 %, tandis que sa composante sous-jacente augmente seulement d’un dixième de point, à 4,4 %. L’inflation d’un certain nombre de postes comme les services de transport, les loisirs ou l’hôtellerie, ainsi que l’essence, ralentit, en effet. Pas de quoi bouleverser, pour autant, la Banque d’Angleterre, puisque les données de janvier sont conformes à ses prévisions. Qui plus est, les autres mesures de l’inflation se tendent davantage. L’évolution des prix de gros gagne encore 0,3 point, à 7,8 %, celle des prix à la production en gagne 0,5, à 9,9 %. Enfin, et surtout, l’augmentation à venir des prix administrés de l’énergie interdit de penser que l’inflation pourrait se tasser sous peu : une hausse de 20 % de ces mêmes prix en octobre avait fait progresser de 0,6 point le taux d’inflation, or celle d’avril sera de plus de 50 %. Là aussi, donc, la perspective d’une inflation autour de 7 % au printemps n’est pas remise en cause.

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Le pivot de la BCE est-il aussi incompréhensible que beaucoup le disent ?

Le changement d’orientation de la BCE à l’occasion du dernier comité de politique monétaire occupe le devant de l’actualité depuis le 3 février. Il est vrai que la prestation de Mme Lagarde a donné lieu à d’importants mouvements sur les marchés et que son changement de diagnostic a pris de court une communauté d’économistes qui n’envisageaient que rarement une possible remontée des taux directeurs avant 2023, voire au-delà. Il est également vrai, que la BCE était censée avoir donné les grandes lignes de sa stratégie 2022 le 16 décembre et que, de ce point de vue, sa volte-face a de quoi surprendre. Il y avait bien une brèche dans le précédent communiqué, qui indiquait que « le Conseil des gouverneurs s’attendait à ce que les achats nets de la BCE s’arrêtent peu de temps avant une remontée des taux directeurs », en l’occurrence, donc, octobre, mais peu s’y étaient attardés. Mme Lagarde a donc incontestablement surpris et les critiques fusent : trop tôt, risque de dupliquer les erreurs passées, de 2008 et 2011, et de défaire les acquis de son combat pour la stabilité financière de l’union monétaire, l’ensemble renforcé par l’envolée des spreads intra-UEM. Il y a pourtant de bonnes raisons de penser que Mme Lagarde ait fait le job qui incombe à une banque centrale dans le contexte en présence, quand bien même celui-ci comporte des risques qui, peut-être, l’amèneront à faire marche arrière avant même d’être passée à l’acte. Qu’un tel cas de figure ne puisse être exclu ne l’autorisait pas, pour autant, à rester figée aujourd’hui.

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L’inflation américaine dans le décor

Janvier marque une nouvelle accélération du taux d’inflation aux Etats-Unis, à 7,5 % contre 7 % en décembre, tandis que la hausse de l’indice sous-jacent accélère à 6 % contre 5,5 %. L’indice des prix s’est accru de 0,6 % sur le mois, à l’identique du mois précédent. Dans le détail, peu de choses à dire sinon que les dérapages de prix sont généralisés : les prix alimentaires se renchérissement de 0,9 % sur le mois, soit une flambée de 7 % par rapport à janvier 2021. L’énergie augmente à nouveau de 0,9 %, ce qui autorise néanmoins un léger tassement du rythme de hausse annuel, à 27 % après un pic à 33 % en novembre. L’ensemble sous-jacent progresse, quant à lui, de 0,6 %, comme, grosso-modo, au cours des mois précédents, à la différence que toutes les sous-composantes de l’indice participent maintenant à ce résultat, parmi lesquelles le transport, la santé, les loisirs, l’habillement et les biens d’équipement du foyer. Les loyers, de leur côté progressent un peu plus modérément, de 0,3 % sur le mois. Au total, de très mauvais chiffres pour les ménages dont les salaires réels se contractent de 0,5 % et pour la FED qui, manifestement, est rattrapée par les faits. La probabilité d’une remontée des Fed Funds de 50 points de base en mars est indiscutablement de plus en plus forte.

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Il souffle comme un vent de récession outre Atlantique…

Poser la question de savoir si le choc de la crise sanitaire constituait l’équivalent d’une récession classique qui serait forcément suivie d’un nouveau cycle de croissance est souvent paru incongru ces derniers temps. Comment imaginer qu’une telle chute d’activité en 2020 ne crée pas les conditions d’un rattrapage digne de ceux qui ont suivi les récessions passées ? Effet élastique oblige, l’idée dominante était plutôt que, plus la crise serait profonde plus le rebond se devait d’être important, d’autant plus que les politiques économiques n’avaient pas lésiné pour parer aux dégâts majeurs.

Et pourtant, le doute s’instille. Comment se fait-il que les marchés de taux d’intérêt nous renvoient des signaux aussi persistants de fin de cycle alors que la FED n’a pas encore entamé le début de la remontée de ses taux et que même la promesse de réduction de son bilan ne provoque qu’un ajustement mineur, de 30 points de base sur les taux à 10 ans depuis octobre ? Que font les ménages du stock d’épargne qu’ils ont accumulé durant les privations imposées par le contexte sanitaire et pourquoi leur moral est aussi bas alors que leur richesse n’a jamais autant progressé depuis deux ans, ou comment expliquer que leurs perspectives d’achat automobiles ne retrouvent pas les couleurs qu’elles devraient avoir après trois années de vaches maigres ?

Et si il y avait erreur de casting ? Qu’au lieu d’une reprise cyclique, l’économie américaine, et les autres, aient tout simplement, après une année blanche, renoué avec la position qui était la leur à la fin 2019 ; celle d’un cycle déjà trop avancé pour supporter des chocs en cascade et un relèvement, même mineur, des taux d’intérêt ? La question devient moins incongrue au fur et à mesure des développements récents et de la perspective d’un durcissement accéléré de la politique monétaire américaine, surtout si les chiffres d’emplois, meilleurs que prévu en janvier, venaient à donner des ailes à J. Powell…

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Aux Etats-Unis, le rapport sur l’emploi qui détonne

Les données de l’ADP auront une nouvelle fois envoyé un signal trompeur ce mois-ci : l’emploi salarié américain n’a pas baissé comme indiqué mercredi mais se serait, au contraire, amélioré beaucoup plus nettement qu’attendu, avec 467 K créations de postes, après 501 K en décembre selon les données révisées, plus de deux fois supérieures aux données initiales. De quoi y perdre son latin. Les révisions des uns et des autres ne facilitent pas la tâche : nettoyage annuels des données d’emplois et de population active et nouvelles estimations des coefficients saisonniers font valser les étiquettes. Si, comme le précise le BLS dans son rapport de ce jour, les révisions s’équilibrent entre les corrections à la baisse des créations mensuelles de mars à juillet 2021 et à la hausse sur le reste de l’année, pas sûr que la perception qu’en auront les marchés et la FED sera aussi équilibrée.

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Mme Lagarde passera le cap en mars, c’est quasiment fait…

Extrait de notre preview: « Il suffira de peu de choses, quelques ouvertures plus ou moins appuyées dans le communiqué ou à l’occasion de la conférence de presse de Mme Lagarde, pour que s’enclenchent les ajustements qui devraient accompagner la perspective d’une convergence, même très graduelle, de sa politique vers celle de ses homologues ». Ces ouvertures ont été livrées sous plusieurs formes et ont produit les effets escomptés.

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BMG janvier 2022 – La consommation dévisse

Notre baromètre économique global recule à -0,1 en janvier après 0,2, un chiffre un peu meilleur qu’initialement publié pour décembre. Les indicateurs de consommation se dégradent partout nettement et sont, de loin, les plus négatifs, tandis que les momenta de l’investissement et du commerce international se maintiennent au-dessus de 0. Notre indicateur d’inflation poursuit son repli très graduel, à 0,7 après 0,8, grâce notamment à une Chine déconnectée des autres régions.

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La Banque d’Angleterre décidée à casser la croissance : BoJo sur un siège éjectable

Sans surprise, la Banque centrale britannique a de nouveau relevé son taux directeur, de 0,25 % à 0,5 %, décision prise à l’unanimité des neuf membres du Conseil de politique monétaire, une minorité de quatre membres souhaitant même passer directement à 0,75 %. Elle a également annoncé une réduction graduelle de son stock d’obligations d’entreprises ainsi qu’un arrêt des réinvestissements sur les bons du Trésor qu’elle détient. La Banque d’Angleterre, qui prévoit une inflation au-delà de 7 % au printemps, durcit manifestement le ton : objectif affiché, créer un choc de demande à destination des ménages qui, selon ses estimations, verraient voir leur pouvoir d’achat amputé de 2 % cette année et de 0,5 % en 2023, une pénitence jugée nécessaire pour contrer l’inflation… Les marchés anticipent maintenant que les taux monteront, au moins, à 1,5 % en novembre. Le choix de la BoE a le mérite de la clarté ! En dehors de cela on se demande bien où va le pays…

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