L’impact de la crise sanitaire sur le PIB, maintenant gommé, qu’attendre de plus ?

La croissance du troisième trimestre n’a pas fini de faire parler en Europe. Comme le disait Mme Lagarde à l’occasion de sa conférence de presse de jeudi, l’économie de la zone euro a continué de croître fortement au troisième trimestre. Difficile de contredire ce diagnostic avec la plus forte progression trimestrielle du PIB français depuis l’été 1968 -en dehors de l’été 2020 marqué par le déconfinement-, une seconde hausse de 2,6 % du PIB italien, également rarissime, et des augmentations de 2 % du PIB espagnol, voire, de 1,8 % de l’allemand, en dépit des multiples alarmes agitées ces derniers temps sur ce dernier cas. Avec un écart au PIB de la fin 2019 maintenant réduit à moins de 0,5 % pour la zone euro, les effets de la crise sanitaire semblent quasiment gommés et la récupération n’est plus qu’à un cheveu de celle des Etats-Unis (2 %) malgré des efforts budgétaires autrement plus spectaculaires outre-Atlantique que de ce côté-ci. Satisfécit, donc, bien compréhensible des gouvernements et de la banque centrale. Il semble pourtant que l’essentiel reste à faire pour retrouver le chemin d’une croissance équilibrée et des perspectives véritablement encourageantes…

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L’hypocrisie à son comble à la veille des annonces de la BCE

Ce n’est pas faute de l’avoir dit ces dernières années : la BCE pourra faire tout ce qui est en son pouvoir, cela ne sera pas suffisant sans le relais des politiques économiques. Sept ans presque jour pour jour après le « Whatever it takes » de M. Draghi, le 26 juillet 2012, la BCE a usé de tous ses moyens pour éviter le chaos de l’union monétaire et, sans doute, son éclatement. Sur ce point, le succès est incontestable. Reste son mandat, celui de permettre un rétablissement des perspectives d’inflation vers la cible de 2 % ; sur ce dernier, l’échec est au contraire total. Personne n’oserait décemment en tenir la BCE pour responsable tant il est devenu évident que cette situation n’a pas grand-chose d’un phénomène monétaire. C’est pourtant bien de la BCE que sont hypocritement attendues les initiatives pour remédier à la menace que constitue ce risque de déflation chronique. Mario Draghi va donc faire semblant et tenter de convaincre de l’efficacité de son action immédiate ou à venir. Ironie de l’histoire, le PMI manufacturier de la zone euro est retombé à 46,4 points en juillet, deux doigts au-dessus de son niveau de juillet 2012 et un signal presque garanti d’intensification des pressions déflationnistes… M. Draghi saura-t-il trouver une nouvelle formule pour convaincre ? Paradoxalement, cela pourrait être plus difficile qu’en 2012, malgré la gravité de la crise d’alors.

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