L’Italie s’arme avant d’aborder l’inconnu, avec une croissance de 1,1 %

Alors que l’inquiétude s’intensifie à la veille des élections de la fin septembre, l’Italie a pu, au moins, bénéficier d’une belle reprise au deuxième trimestre, avec une croissance de 1,1 % de son PIB. Non seulement cette hausse est bien supérieure à celle de 0,6 % de l’UEM dans son ensemble mais elle permet de hisser le PIB italien à un niveau supérieur de 1,1 % à celui du dernier trimestre 2019, en tête des principales économies de l’union monétaire, et de porter l’acquis de croissance 2022 à 3,5 %, également l’un des plus élevés de la région. Voilà un ensemble plutôt réconfortant, d’autant que les possibilités de poursuivre sur cette lancée sont réelles. Car, si la consommation est, sans surprise avec la levée des restrictions sanitaires, la première explication du rebond du deuxième trimestre, c’est surtout en provenance de l’investissement que nous viennent les bonnes nouvelles ; conséquence vraisemblable des incitations fiscales à la rénovation et des premiers effets du plan de relance européen. Les mesures de sauvetage tant budgétaires que monétaires portent donc leurs fruits et, avant de crier au loup à la perspective de la crise énergétique et de l’arrivée d’un gouvernement d’extrême droite, autorisons nous cet arrêt sur images plutôt réconfortant.

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INSEE, IFO, PIB allemand, la BCE devrait apprécier…

Les PMI de mardi plaçaient l’Allemagne et, fait nouveau, la France, en zone de contraction en août, des résultats démentis par les enquêtes nationales de ce matin. Le climat des affaires de l’INSEE ressort stable à 103, toujours au-dessus de sa moyenne de long terme, tandis que l’IFO, bien que toujours très faible à 88,5, échappe à une nouvelle baisse. Alors, plus de peur que de mal ? Après les bonnes surprises du deuxième trimestre, le fait est que la zone euro semble rester à flot jusqu’à présent. L’activité des services, notamment, apparaît nettement plus résistante que suggéré par les PMI, toujours portée par le rattrapage consécutif à la levée des contraintes sanitaires et par le tourisme. Par ailleurs, la croissance du PIB allemand a été révisée à 0,1 % au deuxième trimestre, au lieu de 0 % en première estimation. Les détails maintenant disponibles montrent une bonne résistance de la consommation privée et un soutien important des dépenses publiques à la croissance. Au total, après la forte révision à la hausse du PIB du premier trimestre (de 0,2 % à 0,8 %), l’acquis de croissance allemand atteint 1,8 % pour 2022 à la fin du deuxième trimestre, peu éloigné des 2,5 % de la France. On voit mal, dès lors, ce qui pourrait gêner la BCE dans sa stratégie de resserrement monétaire, quoi qu’il en soit des risques, potentiellement inédits, que font planer les menaces de pénuries de gaz en hiver.

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La croissance de l’UEM, sauvée au T2, toujours aussi compromise pour la suite

Menacé par la guerre et les pénuries, le PIB de la zone euro a néanmoins profité de la fin de la pandémie pour s’assurer une croissance de 0,7 % au deuxième trimestre, un dixième de mieux qu’au premier, après une forte révision à la hausse de la croissance allemande de début d’année. Derrière ce résultat, néanmoins, des situations disparates. Toujours en retard sur ses niveaux d’avant crise, l’Espagne affiche la meilleure performance, avec une croissance de 1,1 %, suivie de près par l’Italie, 1 %, et la France, où le PIB a progressé plus que prévu, de 0,5 %, tandis que l’Allemagne échappe à une contraction, avec un zéro pointé. L’ensemble constitue, cependant, une bonne nouvelle, avec qui plus est une révision de 0,2% à 0,8 % de la croissance allemande pour le premier trimestre. Reste la fin de l’année, au sujet de laquelle les inquiétudes s’accumulent avec des indicateurs plus tous plus mauvais que les autres, parmi lesquels, une inflation qui ne s’essouffle toujours pas et atteint 8,9 % en juillet après 8,6 % en juin.

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Pas de récession franche aux Etats-Unis mais, bien, 5 trimestres de stagnation…

Le PIB réel américain a reculé de 0,9 % en rythme annualisé au deuxième trimestre, (soit environ 0,2 % en pourcentage simple), après une baisse de 1,6 % au premier trimestre. Voilà qui tombe mal pour le président de la FED, qui avait assuré hier qu’il n’y aurait pas de récession en 2022, quoiqu’il puisse encore s’appuyer comme il l’a laissé entendre, sur un acquis de croissance solide, de 1,4 % à la fin du second trimestre, ainsi que sur le fait que cette baisse est majoritairement due aux variations de stocks. Ces derniers ont poursuivi leur normalisation et expliquent, en effet, deux points du repli annualisé du PIB, ce qui laisse une contribution positive pour la somme des autres postes, grâce au rebond post-covid de la consommation de services et à celui des exportations, notamment énergétiques. S’il est donc possible de nuancer le recul du PIB au deuxième trimestre, le constat n’en reste pas moins celui d’une stagnation hors stocks de l’économie américaine depuis cinq trimestres maintenant et de tendances à venir beaucoup plus compliquées au vu des premiers résultats déjà disponibles.

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Pic d’inflation allemande dépassé ? C’est trop tôt pour l’affirmer

En repli le mois dernier grâce à la réduction des taxes sur l’énergie et à la baisse des tarifs ferroviaires, l’inflation allemande a de nouveau légèrement décéléré en juillet avec le léger repli des prix du pétrole, à 7,6 % après 7,6 % en juin et 7,9 % en mai. Alors, le pic est-il dépassé comme l’affirmait déjà le directeur de l’IFO il y a peu et comme semblent l’envisager les marchés de taux ? Le diagnostic reste, à ce stade, mitigé, comme l’indique, d’ailleurs, le rebond de la mesure harmonisée de 8,2 % en juin à 8,5 %. Avec une inflation alimentaire à quasiment 15 % l’an, la flambée des prix du gaz et la chute de l’euro qui renchérit les importations, la messe pourrait ne pas être tout à fait dite.

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Avec des perspectives aux niveaux de 2008, l’IFO confirme la récession en Allemagne

L’enquête IFO du mois de juillet se dégrade fortement avec un indicateur composite en recul de presque 4 points, à 88,6, un plus bas depuis la récession de 2008-09, hors période première vague de covid de 2020. Relativement limitée pour ce qui est de la situation courante, le sentiment flanche en revanche sur les perspectives, avec une chute de plus de 5 points à un niveau proche du plus bas atteint lors de la crise de 2008.

Alors que la croissance allemande semble avoir été épargnée au deuxième trimestre, le diagnostic d’une récession marquée au deuxième semestre fait de moins en moins de doute. Au contraire des prévisions du consensus qui tablaient le plus souvent sur la fin d’année pour rattraper les pertes accumulées par l’économie allemande depuis plus de deux ans (le retard du PIB est encore de 1 % par rapport à la fin 2019) c’est une franche détérioration qu’il faut attendre, laquelle impactera non seulement les résultats de cette année mais risque fort de plomber les acquis pour 2023.

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Après les PMI, la croissance et la FED sur le grill

Les indices d’une récession globale se multiplient, avec, après le PMI allemand de ce matin, l’américain de cet après-midi recule encore plus lourdement avec une chute de 5 points dans les services qui entraine le composite dans son sillage, à respectivement 47 et 47,5 points, des niveaux jusqu’à présent synonymes de récession, malgré la bonne tenue relative de l’indicateur manufacturier.

Les pertes de pouvoir d’achat finissent aux Etats-Unis, comme partout, à impacter la demande de services. Les probabilités de récession, déjà largement soulignées par les estimations de la FED d’Atlanta, les tendances immobilières et la chute de la confiance des ménages, s’en voient d’autant accrues, emportant dans leur sillage les espoirs de reprise post Covid au cœur des perspectives 2022. La FED s’en trouve sur le grill et ne pourra pas longtemps dévier son regard de la réalité. RDV fin août pour cela, après un vraisemblable dernier tir la semaine prochaine.

 

 

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Érosion de la croissance française, nette récession allemande

Les climats des affaires en France se replient, aussi bien ceux mesurés par l’INSEE publiés hier que les PMI de ce matin. Si les niveaux affichés ne sont pas encore ceux traditionnellement rattachés à une baisse du PIB, la probabilité d’une récession croit sensiblement au vu des tendances observées depuis plusieurs mois. La situation allemande, du moins selon les PMI, est bien plus claire : les indices se situent maintenant en territoire de contraction, au plus bas depuis la première vague de Covid, avec un composite à 48. Outre ces disparités entre les deux rives du Rhin et la fiabilité, de plus en plus relative, de ces enquêtes, la dégradation de la conjoncture européenne, pressentie au vu des difficultés récentes, se confirme.

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