Effets de second tour de l’inflation dans les services, la FED ne devrait guère apprécier

Entre août et septembre, l’indice des prix à la consommation a progressé de 0,1%, comme entre juillet et août, soit une inflation sur 12 mois de 8,2 %, contre 8,3 % le mois précédent. Ce très léger ralentissement annuel n’est dû qu’à la nouvelle baisse de l’énergie, sur fond de moindres tensions pétrolières, depuis remises en cause par la décision de l’OPEP+ de limiter sa production. En revanche, les composantes alimentaire et, surtout, sous-jacente continuent à s’accroitre rapidement, avec des hausses de respectivement 0,8 % et 0,6 %, comme le mois dernier. Autant dire que la situation ne s’arrange guère, quand bien même des effets de second tour, somme toute assez classiques, peuvent expliquer cette situation.

La FED ne peut, assurément, pas se satisfaire de tels résultats qui, au contraire, risquent d’accentuer son inquiétude. Avec des hausses comme l’actuelle, l’inflation sous-jacente passerait, en effet, de 6,6 % aujourd’hui à un rythme de croisière de 7,5 % à partir du milieu d’année prochaine ; une tendance qu’elle ne peut accepter et qui signifie, au moins à brève échéance, un durcissement accentué des conditions monétaires.

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ADP et ISM sifflent la fin des espoirs d’une Fed plus accommodante

La spéculation s’est déchainée après l’intervention de la BoE de la semaine dernière et plus encore, après la hausse d’un quart de point seulement des taux directeurs de la Banque d’Australie hier, au lieu des 50 pb attendus. Côté américain, le premier recul des prix immobiliers de la semaine passée, la baisse de l’ISM manufacturier à son plus bas niveau depuis 2020 et le net recul des offres d’emplois de l’enquête Jolts publiée hier ont renforcé l’idée selon laquelle la Fed, elle aussi, finirait pas rendre les armes un peu plus tôt qu’envisagé. Rebond des indices boursiers et du pétrole, fort repli des taux et du dollar s’en sont suivis jusqu’à hier. Le diagnostic n’aura pas tenu très longtemps : non seulement le rapport ADP sur les créations d’emplois privés est meilleur que prévu, avec 208K créations de postes en septembre mais l’indice ISM des services conserve un très haut niveau, de 56,7 points, de deux dixièmes inférieur à celui d’août tandis que sa composante emploi regagne près de 3 points. L’ensemble n’est, au total, guère conforme à ce qui pourrait inciter la FED à lever le pied et l’histoire de ces derniers jours se dénoue.

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La production industrielle, coup-de-pouce plutôt inattendu à la croissance française

En août, la production manufacturière française a progressé fortement, de 2,7 %, pour atteindre son plus haut niveau depuis la crise du Covid. L’automobile, en hausse de presque 16 % après plusieurs mois d’inertie, explique une large partie de ce résultat sur fond de moindres pressions au niveau des chaînes d’approvisionnement et de probables effets saisonniers avec le maintien de l’activité en août. Plus largement, néanmoins, tous les secteurs sont concernés par le rebond en présence, notamment la chimie, l’électronique et les machines. Seules exceptions : l’équipement du foyer, qui chute de 14 % et de l’aéronautique, toujours très en retard par rapport aux standards de production.

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La Commission européenne à la rescousse face au piège énergétique

Les données allemandes d’hier nous donnaient un aperçu de l’amplitude de l’accélération des prix européens. Finalement, l’inflation augmente d’un point en zone euro, à 10 %, sous l’effet d’une hausse de toutes ses composantes. La France et l’Espagne font exception parmi les principales économies du vieux continent, en raison d’une plus faible dépendance au gaz russe et des importantes aides mises en place par les Etats. A contrario, les pays du « centre » sont ceux où l’inflation gagne le plus de terrain : Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas notamment. Avec les fuites sur les gazoducs Nord Stream, les incertitudes qui pèsent sur l’économie européenne sont encore aggravées. La confiance des ménages décroche et les gouvernements paniquent. La Commission européenne prend des dispositions pour tenter de limiter l’impact des hausses de prix de marché sur les consommateurs en taxant les producteurs d’énergie. Elle vient ainsi au secours des Etats pour éviter une évolution « à la britannique ».

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L’inflation allemande : une question bientôt fiscale…

En septembre, la hausse des prix à la consommation en Allemagne a atteint 1,9 % portant le taux d’inflation annuel à 10 % (respectivement 2,2 % et 10,2 % en données harmonisées). Dans les deux cas, il s’agit d’une augmentation presque inédite dans l’histoire récente du pays. Le mouvement n’épargne aucun des principaux secteurs, le gaz n’étant qu’un facteur parmi d’autres. Dans un tel contexte, l’imminence d’une récession ne fait plus guère de doute et les responsables allemands tenteront vraisemblablement d’accélérer la mise en place de dispositifs de protection des consommateurs. Une orientation qui n’est pas sans risques, comme illustré ces derniers jours par le cas britannique, face auxquels la seule issue à terme semble devoir passer par un changement d’orientation fiscale, comme déjà signalé par l’économiste en chef de la BCE.

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Récessifs ou résilients, les PMI accentuent la panique sur les marchés

Difficile d’imaginer pire récolte de PMI pour les marchés que celle de septembre, tant elle confirme la plupart des craintes qui couvent depuis la rentrée : une récession quasi-assurée en zone euro à l’approche de l’hiver, un expansionnisme budgétaire malvenu que marque l’entrée en fonction de Liz Truss au Royaume-Uni et une légère amélioration conjoncturelle américaine qui donne plus de marges à la FED pour remonter ses taux, pousser le dollar plus haut encore et, par là-même, contraindre la plupart des autres banques centrales à lui emboiter le pas. La situation en présence ne souffre pas davantage les bonnes que les mauvaises nouvelles conjoncturelles, en témoigne l’extrême nervosité des marchés aujourd’hui où se cumulent envolée des anticipations de hausses des taux et accentuation des risques de récession.

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Il ne se passe rien aux Etats-Unis mais c’est encore trop pour la FED !

Tant que perdure l’inflation et que les données d’activité sont peu ou prou satisfaisantes, il n’y a pas vraiment de question à se poser sur l’orientation à venir de la FED : elle restera restrictive. C’est probablement la principale conclusion à retirer des données publiées aujourd’hui. Les ventes de détail nominales ont progressé de 0,3 % en août, soit de deux dixièmes de plus que l’inflation totale mais ont été révisées à la baisse de quatre dixièmes le mois précédent, à -0,4 %. La production industrielle baisse de 0,2 % en raison du recul des utilities mais sa composante manufacturière ne fait pas grand-chose, avec un gain marginal, de 0,1 %. Reste le recul de l’indicateur sur les conditions courantes du Philly Fed qui retombe à ses niveaux de juillet mais qui est nuancé par le léger rebond des perspectives et la remontée de l’indicateur new-yorkais, l’« Empire State »… L’ensemble n’a rien de particulièrement palpitant mais assez largement insuffisant pour inquiéter la FED.

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Quel soutien l’industrie peut-elle encore apporter à l’économie française ?

Contrairement à l’Allemagne, la France n’est plus véritablement, depuis longtemps, un pays industriel. Reste qu’il ne s’agit pas non plus d’un poste négligeable et qu’il représente 13 % de la valeur ajoutée nationale. Après la crise de 2008, la production industrielle ne s’est jamais vraiment remise de sa forte baisse et a, globalement, plafonné sur des niveaux d’activité inférieurs de 10 % à ceux début du millénaire. En sera-t-il de même après le Covid ? Pour l’heure, en effet, la production manufacturière accuse toujours un retard d’environ 7 % sur ses niveaux de début 2019. Autrement dit, le phénomène semble encore se répéter et souligne davantage le tableau d’une industrie déliquescente qui se dessine depuis vingt ans. La baisse de 1,6 % constatée en juillet est, par ailleurs, loin  de démentir cette tendance. Or, alors que l’horizon conjoncturel devient de plus en plus menaçant, un « coup de pouce », même ponctuel, du secteur secondaire serait le bienvenu. Les enquêtes en provenance de l’aéronautique peuvent le laisser espérer, mais méritent d’être largement nuancées.

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