Pentification de la courbe des taux 10-30 ans US : inflation ou solvabilité ?

Liquidités à foison, dérapage des comptes publics, ténacité de la pandémie, risques sociaux, politiques, protectionnistes… La liste est longue des questionnements sur les conséquences de long terme de la crise sanitaire. Certains y voient un cocktail inflationniste qui finira forcément par faire remonter les taux d’intérêt dans un avenir plus ou moins lointain ; d’autres, la multiplication des risques de défaut, aux conséquences in fine comparables sur le coût du capital, sur fond néanmoins d’importantes distorsions selon les agents, les pays, les périodes. Quelques-uns, enfin, voient dans cette crise une source d’amplification des déviations sociétales d’économies comme jamais financiarisées, tenues à bout de bras par une inépuisable inventivité des banques centrales dont les pratiques aboutissent à une économie de rente, susceptible d’étouffer tout risque d’inflation pendant bien longtemps encore.

Face à ces incertitudes, le réflexe est souvent d’aller chercher des pistes de réponses sur ce que nous renvoient les anticipations des marchés financiers, en particulier les actifs les plus longs, moins soumis à l’interventionnisme monétaire et réputés plus efficients. Or, il se passe des choses sur ces derniers.

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Baisse de la production allemande, déjà !

Malgré les données rassurantes sur les commandes publiées hier, la production industrielle allemande a reculé de 0,2 % en août et sa composante manufacturière de 0,7 %, pour des niveaux inférieurs de respectivement 11,6 % et 12,2 % à ceux d’août 2019. La contraction de la production de matériel de transport est responsable du mauvais chiffre d’ensemble ;il n’y a rien de bien surprenant à cela après sa récupération des derniers mois. Toutefois, si la plupart des autres secteurs poursuivent leur rattrapage, c’est à un rythme souvent moindre que les mois précédents quand, simultanément, les biens d’équipement, toujours très loin de leur niveau d’avant crise, reflanchent. L’ensemble n’est pas de bon augure au moment où le regain d’épidémie risque à nouveau de se faire sentir sur la demande à venir.

 

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Septembre s’est bien terminé, ce qui suit prend l’allure d’un mois d’octobre…

Les indicateurs économiques ont été de bonne facture ces derniers jours. En Chine, les PMI nationaux ont été plus rassurants que ceux de Markit à la veille de la « Golden week » qui devrait être bienvenue pour les entreprises locales. En Europe, les enquêtes mensuelles de la Commission européenne ont agréablement surpris, de même que les données de consommation du mois d’août. Enfin, les indicateurs américains ont, dans l’ensemble, bien résisté, souvent aussi plus robustes qu’attendu. Le troisième trimestre se termine donc sur une note encourageante dont on commence à voir les effets sur la dynamique des échanges mondiaux. Difficile malgré tout de faire abstraction des inquiétudes suscitées par le regain d’épidémie de Covid. L’économie mondiale, encore convalescente, semble bien mal lotie, en effet, pour faire face au durcissement généralisé des mesures de précaution sanitaire. Malgré les bonnes nouvelles économiques récentes, les marchés doutent et l’optimisme des investisseurs qui avait jusqu’alors résisté aux tumultes de l’été est assurément malmené. Sauf nouvelles actions d’envergure, peu probable, des politiques économiques, le risque d’une nouvelle vague de doutes, synonyme de regain de volatilité sur les marchés financiers, est élevé.

 

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Xi Jinping est-il en train d’ouvrir une nouvelle page pour la Chine ?

Augmentation des réserves stratégiques de matières premières, neutralité carbone à horizon 2060, appréciation du yuan vis-à-vis du billet vert… Il se passe des choses en Chine qui, a priori, n’ont pas grand-chose à voir l’une avec l’autre et dont on peine à apprécier l’importance dans le climat actuel de tensions géostratégiques, sur fond de guerre commerciale de plus en plus intense avec les Etats-Unis à la veille de la présidentielle. Entre les déclarations d’intention sur l’environnement, loin d’être suffisamment précises pour convaincre de la véracité d’un changement de cap de la politique climatique chinoise, et une annonce de stockage de matières premières que l’on pourrait interpréter comme une simple réplique aux mesures protectionnistes de D. Trump, difficile, en effet, d’apprécier l’importance de ces changements. À y regarder de plus près, pourtant, ces évolutions semblent très cohérentes, en particulier par la pertinence des réponses qu’elles apportent aux limites constatées du modèle chinois ces dernières années. Elles deviennent ainsi nettement plus convaincantes et suggèrent bel et bien de profonds changements possibles et, à vrai dire, indispensables pour l’Empire du Milieu…

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Après les PMI, de nouveaux warnings des services de l’INSEE et l’IFO

Les indicateurs français et allemands de climat des affaires poursuivent globalement leur amélioration en septembre, à l’image du composite de l’INSEE, qui reprend deux points, à 92, et de l’IFO qui en gagne un, à 93. Trois ombres, non négligeables, au tableau, néanmoins. La première concerne la lenteur du rattrapage, en comparaison des mois précédents. La deuxième est relative au caractère toujours très inégal de la reprise industrielle, très concentrée dans l’automobile et l’alimentaire. La troisième, à la fois prévisible mais véritablement préoccupante, vient du retournement des perspectives dans les services.

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Sauf l’industrie allemande, une bien mauvaise récolte de PMI en septembre

Le bal des PMI s’est ouvert ce matin en Australie et au Japon avant l’Europe. On en retire à ce stade plusieurs enseignements : L’activité industrielle est en voie d’amélioration ainsi que le suggèrent les données australiennes et allemandes. Cette dernière est cependant encore très disparate à en juger par la faible progression de l’indicateur français, le tassement de celui du Royaume-Uni et les retours variables sur les commandes et les marges.L’épidémie est de retour et les difficultés des services reviennent en force. La saison estivale derrière nous, l’activité du secteur a du mal à se maintenir à flot et se contracte à nouveau dans la plupart des cas.À ce rythme, il faudra du temps avant de gommer les effets de la crise. En zone euro, le PMI composite est retombé à 50 points, après 51,9 en août et 54,9 en juillet, soit un niveau moyen à peine supérieur à 52 points qui nécessiterait près trente mois pour effacer les pertes cumulées du début d’année, début 2023… Il faudra assurément pour éviter une révision à la baisse des perspectives renouer avec des indicateurs de confiance synthétiques plus soutenus sans tarder.

 

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Scénario trimestriel : Crises masquées, reprise à cloche-pied

L’économie mondiale traverse une crise sans précédent sans en afficher les symptômes, tant la mobilisation inédite des banques centrales et des gouvernements face au choc sanitaire a été efficace. Les stigmates des crises sous-jacentes ont pourtant tout lieu de réapparaître au fil de la reprise à venir. Qu’en attendre ? Principales conclusions de la mise à jour de notre scénario :

  • Le rattrapage post-confinement marque le pas en fin de trimestre : en l’absence de reprise des échanges, la remise à niveau industrielle est partielle tandis que la persistance de l’épidémie entrave encore de nombreux pans des activités de services.
  • Les freins à la croissance qui couvaient ces dernières années ont été exacerbés par la crise sanitaire :
    • le surendettement pèse sur les perspectives d’investissement, lesquelles ne sont que partiellement soutenues par les plans de relance, aux effets trop dilués.
    • La démondialisation s’accélère, ce qui sanctionne la Chine et les grands exportateurs, en particulier les émergents.
    • L’une et l’autre de ces conditions ferment la porte au scénario de reflation plébiscité par les marchés.
  • Déception sur la croissance, absence d’inflation cyclique et vigilance des banques centrales maintiennent de très bas niveaux de taux d’intérêt, malgré une volatilité possiblement plus élevée, en partie du fait du risque politique.
  • L’exubérance des valeurs technologiques est de plus en plus menaçante. La probabilité que les bourses flanchent à brève échéance s’accroit dans la perspective de résultats décevants et d’une remise en question du scénario de reflation. 2021 devrait être plus favorable à un retour de l’appétit pour le risque sous réserve que les valeurs technologiques ne craquent pas.

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L’économie chinoise traine la patte

L’économie chinoise est toujours à la peine à en juger par les dernières informations du jour. Si la croissance annuelle de la production industrielle progresse de 4,8 % en juillet à 5,6 % en août, la hausse des huit premiers mois de l’année n’est que de 0,4 % par rapport à l’an dernier, résultat principalement permis par le secteur des nouvelles technologies et de la communication.

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