Cap franchi pour les indices européens. Et maintenant ?

Après une semaine d’euphorie dans le sillage de la présidentielle américaine, il ne manquait plus que la bonne nouvelle infaillible d’un vaccin anti-Covid pour propulser les indices européens au-delà des résistances sous lesquelles ils plafonnaient depuis le printemps. Voilà qui est donc fait ; un mouvement d’autant plus facile à opérer que les volumes de transactions n’étaient pas franchement au rendez-vous ce lundi. Et maintenant ? L’exploit a été tellement laborieux qu’il faudrait sans doute de bien mauvaises nouvelles pour le ravaler. L’hypothèse ne peut à l’évidence être exclue mais ne s’impose pas comme la plus probable à brève échéance. De là à envisager d’aller beaucoup plus haut, c’est une autre histoire, dans un contexte toujours très fragile dans lequel, outre le risque de déceptions économiques et sanitaires, planent ceux d’un dégonflement de la bulle technologique et d’une remontée trop précoce des taux d’intérêt et des cours du pétrole… La volatilité pourrait avoir de plus beaux jours devant elle que les indices boursiers !

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Suspens dans l’industrie européenne avant l’impact de la deuxième vague de Covid-19

Sauf la déception italienne, le troisième trimestre s’est plutôt bien terminé dans l’industrie européenne : la production manufacturière a continué à grapiller du terrain en Allemagne, en France et en Espagne. Plus spectaculaire qu’ailleurs pendant l’été, le rebond italien a marqué le pas en septembre avec un repli de près de 6 % de l’activité qui n’a toutefois pas fait plus de dommages que de ramener l’indice du pays dans la moyenne européenne. Malgré tout, les retards restent conséquents, entre 4 % à 9 % par rapport à la production de janvier, avant même les effets à venir de la deuxième vague de coronavirus. À ce stade néanmoins peu de warnings de la part des industriels. En France, les commandes à l’industrie ont très peu évolué en octobre selon l’enquête de la Banque de France réalisée entre le 28 octobre et le 4 novembre. Même constat en Italie où les perspectives à trois mois du climat des affaires sont restées inchangées. Enfin, les perspectives sectorielles du ZEW publié aujourd’hui résistent, tout au moins dans l’industrie. S’il est difficile de tirer des conclusions définitives de ces indications en pleine crise sanitaire, on peut néanmoins avancer que le contexte est moins anxiogène qu’au printemps.

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Aux Etats-Unis, les emplois gagnés dans les loisirs et l’hôtellerie ont été perdus dans le public

En octobre, seulement 638 K emplois salariés ont été créés aux Etats-Unis, soit une nouvelle décélération après les 672 K nouveaux postes de septembre. Le mois écoulé a pourtant été plutôt bon dans le privé, avec 906 K créations de postes, légèrement plus, donc, que le mois dernier (892 K). La hausse des salariés dans l’hôtellerie et les loisirs, bien que nettement moins forte qu’en septembre, a largement contribué à ce résultat, avec 271 K nouveaux postes. En deuxième place, les services professionnels ont ajouté 208 K postes, soit 86 K de plus que le mois précédent. Enfin, les commerce s’est également amélioré. Signe d’une activité plus vigoureuse, offrant plus d’opportunités, le taux de participation des 19-24 ans a poursuivi son redressement à vive allure et retrouvé son niveau d’avril 2019 ; simultanément, les emplois -salariés et non-salariés- à temps partiel se sont accrus de plus d’un million, leur plus forte progression depuis juin, et la durée hebdomadaire du travail se maintient à un niveau record de 34,8 heures.

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Les bénéfices européens d’une élection de Biden : entre rêves et réalité

Rebond des bourses, envolée de l’euro, écrasement des taux souverains… Les marchés européens se réjouissent de la perspective d’une élection de J. Biden à la tête des Etats-Unis, au point d’avoir fait de la zone euro la principale bénéficiaire du sursaut de confiance des bourses mondiales au cours de la semaine écoulée. Il y a certainement de bonnes raisons d’imaginer qu’une accession de J. Biden à la présidence américaine soit plus favorable que celle de son rival pour l’économie mondiale. Le cas de figure où l’Europe tirerait un bénéfice particulier d’une victoire du démocrate est également assez défendable, ceci néanmoins sous certaines conditions, parmi lesquelles :

  • La capacité de J. Biden à appliquer les points-clés de son programme, ce qui dépendra pour beaucoup du confort de la majorité démocrate au Congrès.
  • La capacité de l’Europe à suivre la voie du nouveau cap de la politique économique américaine, en matière d’investissement notamment.

En d’autres termes, les bonnes nouvelles ne tomberont pas du ciel et briser le plafond de verre qui plafonne au-dessus des indices européens depuis le mois de juin pourrait se révéler plus difficile que suggéré ces derniers jours.

 

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Allemagne : il faudra attendre novembre pour mesurer l’ampleur du retournement

Après un mois d’août décevant, la production manufacturière allemande a rebondi de 2 % en septembre, grâce au soutien du matériel de transport. La production est cependant loin d’avoir comblé son retard du premier semestre. L’activité industrielle est encore inférieure de 7,2 % à son niveau de septembre 2019 et de 8,5 % pour le seul secteur manufacturier. Or, la situation ne va sans doute pas s’améliorer sous peu. Si octobre semble en mesure de résister aux conséquences de la crise sanitaire, la fin d’année s’annonce d’ores et déjà en repli et l’acquis de croissance trimestrielle, à zéro fin septembre, n’aidera pas.

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Non, l’été n’a pas été une période de forte croissance ! Tout ou presque s’est fait avant…

L’analyse qui sera faite des comptes nationaux du troisième trimestre a tout lieu d’être très influente sur l’interprétation des impacts de la crise sanitaire, l’appréciation de notre capacité à en surmonter les effets ou à faire face au regain d’épidémie. L’exercice n’est cependant pas des plus faciles et les pièges sont nombreux. Les premières estimations de PIB publiées ce matin ont systématiquement dépassé les attentes. Entre le deuxième et le troisième trimestre, la croissance se serait élevée à 18,2 % en France, 8,2 % en Allemagne, 16,1 % et 16,7 % respectivement en Italie et en Espagne. La première réaction à la lecture de ces données est, naturellement, que la saison estivale a été très dynamique, constat plutôt rassurant sur l’état de la conjoncture et, le cas échéant, notre capacité à aborder une nouvelle période difficile. C’est pourtant une toute autre histoire que suggère l’analyse détaillée des données de la période estivale, en particulier de leurs sous-jacents mensuels. Ces derniers décrivent pour la plupart un été particulièrement pauvre en croissance, après des phénomènes de rattrapage concentrés entre mai et juin dont l’effet est de rendre le troisième trimestre bien trompeur.

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+33 % pour le PIB américain ; D. Trump exulte mais la messe est loin d’être dite…

Après une chute inédite de 31,4 % au deuxième trimestre, le produit intérieur brut réel américain a rebondi de 33,1 % en rythme annualisé au troisième, soit une hausse de 7,4 % après une contraction de 9 % dans la version non annualisée. Le résultat ne constitue pas une surprise, la FED d’Atlanta a prévu depuis près d’un mois un résultat de plus de 35 % et les données européennes attendues seront, a priori, plus spectaculaires encore ; du même acabit en Allemagne et potentiellement deux fois plus élevées en France, selon l’INSEE. Après une paralysie comme celle du deuxième trimestre, un tel rattrapage n’est guère surprenant et a plus à voir avec des effets techniques qu’il ne nous renseigne sur l’état de la conjoncture. Le président américain ne s’embarrassera pas de ces considérations et l’on peut s’attendre à ce qu’il brandisse ce résultat comme la preuve de sa réussite. Attention à ne pas tomber dans le panneau : même après cette performance, le déficit de croissance est encore de plus de 5 % par rapport à sa tendance d’avant crise. Si cela peut paraître relativement faible au regard du chemin parcouru ces trois derniers mois, cet écart pourrait mettre du temps à être comblé. On se rappelle que malgré la mobilisation de moyens exceptionnels tant du côté budgétaire que monétaire, l’économie américaine n’a jamais retrouvé la tendance qu’elle avait avant la crise de 2008. Pour combler le déficit actuel il lui faudrait en l’occurrence parvenir à renouer avec un rythme de croissance bien supérieur à celui des quatre dernières années à l’avenir…

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Win-win, so far : la BCE parvient à rassurer les marchés tout en faisant dévisser l’euro !

Comme généralement anticipé, la BCE ne modifie pas sa politique face à la dégradation de la situation sanitaire et attendra la mise à jour du scénario macroéconomique de décembre pour « recalibrer ses outils d’intervention de manière appropriée ». Le ton du communiqué se veut clairement rassurant sur la nécessité de maintenir un ample degré de liquidités, l’utilisation flexible des outils à sa disposition et la possibilité de mobiliser davantage de moyens à partir du mois de décembre dans un environnement économique décrit comme particulièrement fragile. Madame Lagarde semble avoir réussi à rassurer malgré une intervention particulièrement « bearish » sur la situation conjoncturelle et l’absence de nouvelles mesures immédiates de soutien. Le succès n’était pas garanti ainsi que l’ont montré les premières réactions des marchés à sa conférence de presse. La perception a changé néanmoins suite aux demandes récurrentes de précisions sur les changements à venir qui ont offert l’occasion à la présidente de la BCE de donner tout leur poids aux termes précis du communiqué.

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