Archives par catégories : Sur le vif
BCE – entre les murs
À en juger par l’envolée des valeurs bancaires de la zone euro ces derniers jours, +11 % pour le secteur depuis son récent point bas du 15 août, les anticipations des marchés s’agissant des mesures que pourrait annoncer la BCE ce jeudi sont de taille. Si la perspective de baisse des taux de dépôts en territoire plus négatif encore n’émeut pas davantage, c’est sans doute, au-delà du mouvement généralisé de hausse du secteur à l’échelle mondiale, que les attentes concernant le paquet de mesures susceptibles de l’accompagner sont particulièrement élevées : nouveau décalage dans le temps de l’agenda de hausse des taux, exonération de la taxe sur les dépôts en-dessous d’un certain seuil (« tiering »), nouveau programme d’achats d’actifs, voire… « monnaie hélicoptère », la liste est décidément bien étoffée ! Est-elle pour autant crédible et, effectivement, rassurante ?

Hécatombe en Allemagne
-2,7 %, soit la nouvelle contraction des commandes à l’industrie allemande en juillet qui efface un peu plus que l’intégralité de la hausse de même ampleur du mois de juin. Les commandes domestiques se contractent de nouveau et affichent dorénavant un recul de plus de 8 % l’an. Les commandes étrangères se contractent quant à elles de 4,2 % par rapport à juin quand bien même les effets de base favorables du secteur automobile par rapport à l’an dernier atténuent leur chute annuelle à 3,2 % ; un résultat vraisemblablement amené à être suivi d’une violente rechute le mois prochain quand les effets de base rebasculeront à -7,1 %… L’ensemble reste, au total, très préoccupant pour l’économie allemande.

Brexit : sidération
Le PIB allemand baisse de 0,4 % hors stocks au deuxième trimestre
Avec un PIB réel qui se contracte au deuxième trimestre, à -0,1 %, l’Allemagne confirme les craintes nées des chiffres de production et de climat des affaires des derniers mois. Encore ce mauvais résultat est-il atténué par le fort gonflement des stocks sans lequel le PIB réel aurait baissé de 0,4 %. Au-delà de la mauvaise performance du commerce extérieur, très largement attendue, la demande domestique a été faible au printemps, avec une hausse de seulement 0,1 % des dépenses de consommation des ménages ainsi qu’un repli de l’investissement. Au vu des indicateurs avancés toujours plus mauvais de cet été, le troisième trimestre a tout lieu de connaitre une nouvelle contraction de l’activité qui viendra signer l’entrée effective de l’Allemagne en récession au printemps.

PMI : l’industrie allemande déteint sur les services, pas encore sur l’hexagone
L’année 2019 avait débuté sous le signe d’une double dichotomie, l’industrie allemande dégringolait mais ni les services ni son voisin français ne semblaient particulièrement affectés. Dans le premier cas, cet écart semble, lentement, se résorber, puisque le secteur tertiaire commence à accuser le coup outre-Rhin. Bonne surprise en revanche pour la France qui, malgré une situation loin d’être au beau fixe -le climat des affaires reste très loin de son niveau de novembre- tient le coup par rapport au reste de l’Europe. L’écart des PMI manufacturiers entre la France et Allemagne qui a dépassé son niveau historique en mai s’est de nouveau creusé en août, à 7,4 points.

Des minutes fidèles à la communication de la FED post-FOMC ; rien que de très normal
La spéculation sur le soutien à venir de la politique monétaire américaine est allée bon train ces dernières semaines avec pour résultat de créer des attentes disproportionnées à l’égard du compte-rendu détaillé du dernier FOMC. Celui-ci n’avait naturellement aucune raison de renvoyer un son de cloche différent de celui exprimé par le président de la FED lors de sa conférence de presse, à savoir : une baisse préventive de 25 points de base, qualifiée d’ajustement de milieu de cycle, sans autre engagement précis sur les évolutions futures des taux directeurs.
Si les développements économiques et financiers intervenus depuis ce dernier FOMC du 31 juillet laissent penser que la FED procédera selon toute vraisemblance à un assouplissement monétaire plus important, éventuellement dès le mois de septembre, c’est lors du symposium de Jackson Hole que l’information sera donnée, soit dans les deux prochains jours. La réaction, somme toute modérée, des marchés aux minutes de la FED est donc normale et ne préjuge en rien de celle qui suivra la communication de J. Powell lors de cette rencontre.
Gros warning en provenance du ZEW pour les bourses européennes
Les mauvaises nouvelles se sont succédées au cours de la première quinzaine du mois d’août mais aucune n’a donné un signal aussi clair que le ZEW allemand de ce matin, à savoir : récession économique et baisse des marchés actions au programme du second semestre. à en juger par la survalorisation du DAX comparativement à l’indice synthétique du climat des affaires de ces derniers mois, la correction pourrait être violente sur le marché allemand et, par voie de conséquence, sur l’ensemble des places européennes, voire, globales.
