Ça tangue du côté de la conjoncture… et, donc, sur les perspectives monétaires

Les indicateurs conjoncturels publiés aujourd’hui ajoutent aux mauvaises nouvelles de ces dernières semaines sur la conjoncture américaine mais, également, nippone.
– Au Japon, le PIB s’est contracté de 0,5 % en moyenne au cours des trois premiers mois de l’année, ce qui constitue la deuxième baisse sur les trois derniers trimestres après, déjà, celle de 0,9 % de l’automne dernier. Les effets de la chute du yen sur l’activité industrielle manquent au rendez-vous avec une baisse de 5 % des exportations de biens et services, quand bien même fermetures d’usines et tremblements de terre expliquent une partie de ces déceptions. Voilà néanmoins un ensemble bien décevant pour ceux qui avaient espéré une normalisation de la situation du pays et une poursuite des hausses de taux de la BoJ.
– Aux Etats-Unis, de nouveau, l’industrie manufacturière a perdu du terrain alors que l’environnement immobilier se dégrade davantage. Cela commence à faire beaucoup après, déjà, des ventes de détail médiocres dévoilées hier, les faibles ISM précédents et le ralentissement des créations d’emplois d’avril. Il ne faudrait pas beaucoup de déceptions additionnelles pour que J. Powell, qui a révisé sa copie le 1er mai, soit rattrapé sous peu par un effet « porte de saloon »…

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Les taux à 10 ans américains enfoncent le plancher des 4,40 %

Inflation, ventes de détail et Empire State accélèrent le mouvement de baisse des taux américains sur fond, par ailleurs, de repli persistant des cours du brut. A 4,38%, le rendement des T-Notes à 10 ans continue à céder du terrain depuis son point haut de 4,70 % de fin avril.
De fait, après avoir largement été remises en question, les anticipations de baisses des taux de la FED à partir de septembre regagnent du terrain, au grand bénéfice :
– des marchés souverains, américains mais également européens sur lesquels les taux à 10 ans allemands chutent de 10 points de base cet après-midi,
– de l’euro, franchement au-dessus de 1,08 $,
– des bourses, bien que de manière plus erratique, la tech en tête,
– de l’or et des crypto-monnaies.
A en juger par les données d’inflation du mois d’avril, de respectivement 3,4 % pour le total et à 3,6 % pour le sous-jacent, il reste encore du chemin à faire. De même, pour l’heure, les variations mensuelles restent incompatibles avec un retour de l’inflation annuelle à 2 %. Pour autant, le ralentissement conjoncturel, de plus en plus patent au vu des dernières données en date, ventes de détail et enquête Empire State, pourrait bien achever le travail.

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J. Powell rassure

La Fed prend acte de la solidite de la croissance et du marché de l’emploi et souligne l’absence de progrès additionnels sur le front de l’inflation ces derniers mois, mais ne montre pas d’inquiétude particulière : les résultats sont là, quand bien même encore insuffisants pour abaisser les taux comme anticipé. Il lui faudra donc plus de temps, sans pouvoir dire combien, mais J. Powell rappelle les progrès réalisés et rassure sur la direction. A la question posée par les journalistes sur l’éventualité de devoir resserrer davantage les conditions monétaires, il répond sans sourciller qu’un tel cas de figure semble peu probable et chasse, ainsi, les craintes recemment apparues de possibles remontées de ses taux directeurs.
Difficile, au total, de trouver de quelconques signes d’un changement d’appréciation sur le fond, même si J. Powell met, de facto, à l’écart les chances de baisse imminente des Fed Funds. Enfin, le sujet de la politique budgétaire est ignoré tandis que la Fed confirme le moindre rythme de réduction de son bilan à partir du mois de juin, de 95 à 60 milliards de dollars par mois.
Après une première réaction très positive des taux d’intérêt et des bourses, les marchés ont corrigé une bonne partie des gains initiaux, à l’exception des taux à 2 ans, en repli de 9 points à 4,96 %, et de l’eurodollar revenu au-dessus de 1,07USD.

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BMG avril 2024 – Du mieux, enfin, en zone euro

Toujours pas de direction claire pour notre BMG, à 0,1 en avril, légèrement révisé en hausse à 0,2 en mars et en baisse à -0,3 en février. Pas de grand chambardement sur les composantes non plus, sauf pour l’investissement, de retour en zone positive et le commerce extérieur, qui recule en zone neutre. D’un pays à l’autre, les choses bougent un peu plus: le Japon et la zone euro décollent, les Etats-Unis plafonnent, la Chine reste bonne dernière. Notre baromètre d’inflation retombe en zone négative, à -0,4.

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Conjoncture européenne : pas si mal finalement…

A rebours de données mensuelles et de climats des affaires souvent médiocres du début d’année, les données du jour décrivent :
– Une bonne tenue de la croissance économique au premier trimestre, avec une hausse de 0,2 % du PIB en France et en Allemagne, de 0,7 % en Espagne et de 0,3 % en Italie. La zone euro dans son ensemble a vu son PIB progresser de 0,3 %. Rien de mirobolant, si l’on compare, par exemple, aux Etats-Unis, mais des résultats, clairement, dans la fourchette haute des prévisions.
– Un reflux de l’inflation sous-jacente en avril, légèrement supérieur aux attentes après les chiffres d’hier. L’inflation totale s’est stabilisée, sous l’effet de l’énergie et de l’alimentaire.

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Moins de croissance, plus d’inflation… Pas vraiment «market friendly» le PIB américain

A 1,6 % en rythme annualisé, la croissance du PIB américain du premier trimestre ressort moitié moindre qu’à la fin de l’année dernière, inférieure d’un point environ aux attentes. Cela aurait pu être une bonne nouvelle pour les marchés, si ne s’y était pas greffée une première estimation des prix sous-jacents à la consommation (PCE) nettement supérieure aux attentes, en hausse de 3,7 % r. a., très au-delà de l’acquis connu jusqu’au mois de février qui ne dépasse pas 3,1 %. Toutes choses égales par ailleurs, les données mensuelles du PCE attendues demain devraient, donc, ressortir en hausse de 0,4 %-0,5 % au lieu des 0,3 % anticipé par le consensus…
Triple mauvaise nouvelle donc à laquelle le 10 ans américain répond par une nouvelle jambe de hausse à 4,73 % et les indices américains par des chutes de 1,5 % à 2 %. Bref, le tableau de la conjoncture américaine prend de plus en plus les couleurs de la stagflation ; scénario le pire pour la Fed, comme pour les marchés. Entre la politique hyper expansionniste de J. Biden et l’espoir de baisse des taux, il y a décidément incompatibilité grandissante.

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Enquête INSEE : déception !

Avec une baisse d’un point, à 99, le climat des affaires composite en France a effacé en avril une bonne part de sa hausse de mars et est retombé en-dessous de sa moyenne de long terme. Si la dégradation industrielle de 3 points, à 100, due à la faiblesse de la demande notamment étrangère n’est pas une surprise après les mauvais PMI manufacturiers publiés plus tôt cette semaine, celle des services, du même tonneau, est plus surprenante. Ajoutés à la forte détérioration des retours en provenance de la construction, l’ensemble dresse un tableau préoccupant pour la conjoncture du deuxième trimestre en France avec un indicateur de retournement a son plus bas niveau depuis la première vague de Covid.

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Ouf, le repli des PMI américains contrecarre les « bonnes nouvelles » d’ailleurs !

Les données d’enquêtes auprès des directeurs d’achat du mois d’avril publiées ce matin ont été globalement dans le même sens pour le monde développé : l’indicateur composite japonais a regagné presque un point, à 52,6, le britannique a fait mieux, à 54 (+1,2 point) et l’Allemagne est revenue en zone d’expansion pour la première fois depuis juin 2023, avec une hausse de 2,8 points à 50,5. La France n’y est pas encore mais s’en approche, à 49,9, avec une progression de plus de 5 points en trois mois. Malgré des détails moins encourageants sur le front industriel, ces enquêtes ont été saluées par les bourses qui y voient des signes positifs pour la croissance. Cela n’a pas été le cas des obligations d’Etat, sur le qui vive après l’envolée des taux de la semaine dernière, d’autant que les retours de ces enquêtes en matière d’inflation n’étaient pas forcément de meilleur augure. Fort heureusement, les publications américaines sont venues calmer le jeu, avec un PMI composite en repli de plus d’un point à 50,9. Après les données immobilières de la semaine dernière et malgré la hausse des ventes de maisons neuves en mars, ces enquêtes confortent le diagnostic d’un ralentissement conjoncturel assurément bienvenu face aux tensions en présence sur les taux d’intérêt. Les taux à 2 ans américains sont en l’occurrence retombés à 4,94 % et les 10 ans à 4,59 %, au bénéfice d’un regain de viguer de l’euro-dollar. De quoi, redonner espoir sur l’éventualité d’ une possible baisse des taux de la BCE en juin…

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