La BoJ en stand-by, insuffisant pour le Nikkei

Sans surprise, malgré un mini vent de spéculation en fin de semaine dernière, la BoJ a décidé de maintenir sa politique monétaire inchangée : taux négatifs, programmes d’achats d’actifs et contrôle de la courbe des taux resteront de mise malgré une légère révision à la hausse de sa projection d’inflation pour l’année fiscale 2022… de 0,9 % à 1,1 % ! Si l’appréciation des risques sur l’inflation a évolué, ces derniers étant jugés équilibrés plutôt qu’orientés à la baisse, sur fond de conditions économiques plus favorables, les erreurs passées semblent porter leur fruit. Quand bien même la politique de la BoJ de ces dernières années est, à bien des égards, critiquable, cette décision a le mérite de la cohérence, avec une inflation annuelle de 0,6 % seulement en novembre et un niveau de l’indice des prix encore inférieur de 0,5 % à son point haut de janvier 2020. Le yen, en repli après cette annonce, ne fait pour l’instant que corriger la remontée des derniers jours de la semaine dernière et ne semble pas voué à une dépréciation d’envergure, quand la probabilité qu’il renoue avec les plus bas récents de 116 JPY pour un dollar, semble avant tout dépendre de l’évolution des anticipations sur la FED.

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Stigmates de la crise et freins structurels en Chine

Le PIB chinois a progressé de 8,1 % en moyenne en 2021, en phase avec les attentes. Acquis 2020, révisions à la hausse du passé et accélération de la croissance en fin d’année ont permis cette prouesse, en dépit de difficultés toujours très importantes. Si l’activité industrielle s’est ressaisie au quatrième trimestre, grâce principalement au rebond des secteurs automobile et minier, l’économie chinoise continue d’interroger sur l’ampleur du ralentissement structurel en cours. Les stigmates de la crise sanitaire marquent encore profondément l’environnement des particuliers qui ont vu la croissance de leurs revenus décélérer considérablement par rapport à l’avant crise. L’activité industrielle semble continuer à s’appauvrir tandis qu’il ne se passe pas grand-chose sur le front de l’investissement privé. De son côté la crise immobilière continue à sévir et à imprégner les perspectives immédiates. Dans un tel contexte et face aux pressions à la hausse de la devise, la Banque Populaire de Chine continue d’aller à contre-courant du mouvement mondial en abaissant pour la première fois depuis avril 2020 le taux des facilités de prêts à 1 an. De fait, la situation chinoise évoque toujours plus de signes déflationnistes que l’inverse.

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Vers une possible chute du dollar et comment un tel scénario rebattrait les cartes

À la fin de l’année dernière, la direction semblait ne faire aucun doute : doublement avantagé par une reprise économique vigoureuse et un durcissement de la politique de la FED, le dollar s’apprécierait en 2022. Cette prédiction était plutôt réconfortante pour le reste du monde, censé profiter d’une impulsion compétitive quand bien même elle suggérait de possibles complications pour les pays émergents les plus fragiles, exposés à un risque d’inflation et de resserrement monétaire d’autant plus élevé que leurs devises semblaient vouées à s’affaiblir contre la devise américaine. Tel n’est pourtant pas la direction récente prise par les marchés des changes. Plutôt que de soutenir le dollar, les minutes du dernier FOMC puis les données d’inflation de décembre l’ont affaibli, jusqu’à casser sa dynamique haussière. A priori surprenant, ce mouvement ne l’est pas tant que cela pour qui a une lecture un peu moins idyllique de l’économie américaine que celle du consensus de marché et voit dans ce retournement les prémices d’un possible reflux du dollar susceptible de rebattre les cartes du jeu mondial, avec de potentiels perdants mais aussi des gagnants, selon les pays et les secteurs.

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Aux Etats-Unis, les pertes de pouvoir d’achat pèsent plus que la Covid

Les ventes de détail nominales aux Etats-Unis ont reculé de 2,1 % en décembre et connaissent leur pire mois depuis février. Si ce constat n’est pas forcément surprenant en période de difficultés sanitaires, l’ampleur de la chute dans des secteurs que l’on pourrait penser épargnés, voire dopés par les restrictions, interroge. C’est notamment le cas de la baisse de presque 9 % des ventes du commerce à distance. Plus généralement, la quasi-totalité des secteurs reculent plus ou moins nettement, notamment l’ameublement et les loisirs. L’impact du variant Omicron fait peu de doutes mais il semble loin d’être le principal responsable des très mauvais chiffres de la fin d’année qui reflètent beaucoup plus nettement l’impact des pertes de pouvoir d’achat que ceux de la réduction de la mobilité.

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Surprenante réaction au mauvais CPI américain. Complaisance de la FED en vue ?

Après la panique provoquée par la publication des minutes de la FED la semaine dernière, les marchés commencent-ils à envisager une certaine complaisance à venir de J. Powell à l’égard de l’inflation ? La remontée graduelle des cours de l’or nous a incité à envisager cette éventualité ces derniers jours. Son envol à la publication des données d’inflation du mois de décembre, coïncidant avec la chute du dollar et le repli des taux futurs américains, va un peu plus loin dans cette direction. Car, manifestement, les chiffres de décembre ne sont pas bons. Non seulement la hausse annuelle des prix à la consommation monte davantage, à 7 %, contre 6,8 % en novembre, mais, surtout, les données sous-jacentes montrent une nouvelle progression mensuelle de 0,6 %, malgré l’impact négatif d’Omicron sur les prix des loisirs et ceux du transport aérien, laquelle porte à 5,5 % le taux d’inflation sous-jacent. De tels résultats ne devraient guère réduire les chances de durcissement de la politique monétaire à en juger par les inquiétudes exprimées par la FED, quand bien même J. Powell, a été suffisamment vague face au Sénat hier pour, probablement sciemment, laisser la porte ouverte à une telle lecture. On comprend, bien sûr, sa stratégie après ce qu’a déclenché la publication des minutes et les piètres chiffres de l’emploi de décembre. Mais si tel se confirme….

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Après le rapport sur l’emploi, on efface tout et on recommence, ou on persiste, M. Powell ?

199 K créations de postes en décembre, après 249 K en novembre : c’est moins que ce que l’on attendrait d’un cycle normal aux Etats-Unis alors que le déficit d’emplois est encore de 3,6 millions par rapport à la situation d’avant crise, soit de presque 3 %. L’économie américaine n’est assurément pas en aussi bonne forme que ne le suggère la FED et sa capacité à faire face à un resserrement des conditions monétaires est sans doute bien plus faible. Powell réécrira-t-il pour autant l’histoire qu’il a posée sur le papier ces derniers temps, à la faveur d’un diagnostic plus  nuancé qui supposerait une moindre réaction à l’accélération récente des prix ? Pas sûr, à en juger par les indicateurs qui semblent présider à sa stratégie : la peur d’une accélération incontrôlée des salaires est susceptible d’avoir monté d’un cran avec la nouvelle baisse du taux de chômage de 4,2 % à 3,9 %, son plus bas niveau depuis février 2020… C’est en tout cas en ce sens que les marchés semblent interpréter cette statistique, avec une nouvelle remontée des taux futurs. Une éventualité qui ne convainc guère, toutefois, ni les marchés des changes, avec un repli du dollar, ni celui de l’or, qui en profite pour remonter… Impasse

 

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Après une année noire, quelle reprise pour l’automobile ?

Après une sortie de crise relativement conforme aux attentes au lendemain de la première vague de Covid du printemps 2020, le secteur automobile mondial, rattrapé par les pénuries de semiconducteurs, n’a quasiment pas cessé de décliner l’an dernier, agissant comme une chape au-dessus de l’ensemble de l’industrie manufacturière. Les indicateurs se sont progressivement améliorés ces dernières semaines. Si ces tendances se confirment elles ouvriront la porte à un redémarrage susceptible d’être vigoureux tant les retards accumulés en matière de production, de stockage et de ventes sont importants. Il en résulterait un nouvel élan des échanges mondiaux et un vent de reprise industrielle à même de donner un caractère cyclique un peu plus convaincant à la sortie de crise en cours. L’économie allemande, particulièrement impactée par les déboires du secteur, renouerait avec une croissance nettement supérieure à celle de 2021 et pourrait affronter son programme de réformes dans des conditions autrement plus confortables et les autres pays européens s’en tireraient aussi beaucoup mieux. L’économie américaine, serait, de son côté, bien mieux armée pour supporter le resserrement monétaire qui se profile et le monde émergent récolterait les bénéfices d’un regain industriel dont il reste éminemment dépendant. Alors y sommes-nous ?

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Hausse des taux et réduction du bilan au programme des minutes de la FED

Les minutes du dernier FOMC semblent sonner le coup d’envoi d’une orientation éminemment plus restrictive de la politique monétaire aux Etats-Unis. Non seulement la FED avise sur la nécessité d’une possible remontée de ses taux directeurs plus rapide que prévu mais communique sur la réduction nécessaire de son bilan une fois amorcée la première hausse de ses taux. La première annonce ne surprend pas vraiment mais résonne comme un évident rappel à l’ordre face aux doutes créés par l’apparition du variant Omicron. Mi-décembre, le variant n’était pas perçu comme un élément suffisant pour contraindre la FED à dévier de la trajectoire vers laquelle le dérapage récent de l’inflation l’a conduite. La seconde était moins attendue. Jusqu’à présent, il s’agissait en effet de réduire les injections de liquidités avant de les stopper au printemps. Il s’agit aujourd’hui d’en soustraire. Le contexte change donc radicalement à la faveur d’un début de restriction monétaire.

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