IFO Allemand : il va falloir être patient

L’indicateur IFO du climat des affaires en Allemagne reste pour le moins timide. Après un rebond généralisé des perspectives en octobre, les résultats sont nettement plus mitigés ce mois-ci, notamment pour ce qui concerne la situation de l’industrie. En novembre, l’opinion des industriels allemands sur la situation courante signe, en effet, un nouveau plus bas de 9 ans, à 90 points, tandis que l’indicateur des perspectives stagne.

Les perspectives dans les services se redressent légèrement à nouveau, en attendant, là aussi, la confirmation d’une amélioration sur la situation courante. Les retours en provenance du commerce sont plus encourageantes, avec une première hausse en cinq mois des conditions courantes, de 2 points , et une poursuite de l’amélioration des perspectives, signe que la demande domestique se tient.

L’indicateur synthétique de l’IFO, ne gagne, in fine, que 0,3 points, à 95, trop peu, à l’évidence, pour constituer un véritable signal de reprise. Seule satisfaction, l’indicateur de retournement retrouve la zone neutre, après 7 mois en territoire négatif.

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Climat des affaires en France : stand-by

Les indicateurs INSEE et Markit du climat des affaires en France sont tous deux stables en novembre, respectivement à 105 et à 52,7, des niveaux toujours plutôt corrects, notamment en comparaison de l’Allemagne. Si l’économie française résiste, elle ne montre pour l’instant aucun signe patent d’amélioration, à l’exception du secteur de l’immobilier dans lequel la baisse des taux d’intérêt semble effectivement porter ses fruits. La situation est stable dans de basses eaux dans les services tandis que les bons retours en provenance du PMI manufacturier jurent trop avec ceux de l’enquête INSEE pour ne pas inspirer la retenue. Il faudra assurément que la France fasse mieux pour que l’horizon se dégage.

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Pour l’immobilier américain, mieux vaut que les taux futurs ne suivent pas les actions…

Dans la configuration des marchés boursiers de ces dernières semaines, une question plus que les autres taraude les analystes : la hausse des taux futurs que devrait finir par entrainer celle des actions, si elle perdure, sera-t-elle supportable par les économies occidentales et les marchés ? De la réponse à cette question dépend dans une large mesure le confort des uns et des autres à l’égard du regain d’optimisme en présence des marchés d’actions qui, jusqu’à présent, n’a eu qu’un effet très modéré sur le niveau des taux futurs. L’analyse du marché immobilier américain offre quelques pistes de réflexion mais également quelques raisons de redouter une embardée des taux longs….

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Sinon, l’économie américaine se porte à merveille…

Les données américaines du jour ne sont pas franchement en phase avec l’optimisme des marchés, avec une timide hausse des ventes de détail et une production industrielle en repli de 0,8 %.

Les premières ont augmenté de 0,3 % en octobre… après avoir baissé de 0,3 % en septembre. Hors automobiles, la hausse n’est plus que de 0,1 %, après un chiffre révisé de 0 à -0,1 %, l’ensemble à prix courants. Sachant que l’indice des prix s’est accru de 0,4 % le mois dernier, cela suggère toutes choses égales par ailleurs, un déclin des achats réels pour le deuxième mois consécutif…

Si côté automobile, les données semblent un brin meilleures, il s’agit sans doute d’un effet prix au vu de ce que nous savons des ventes de véhicules sur la période, en léger repli, dans la tendance de ces derniers mois, à 16,8 millions.

Mais les résultats sont plus mauvais encore du côté de la production industrielle, en baisse de 0,8 % après déjà un repli de 0,3 %. Sur un an, la récession industrielle s’accentue ainsi, à -1,1 %. Côté manufacturier, le rebond de l’ISM n’a pas été suivi de faits : la production flanche de 0,6 % – après déjà -0,5 % le mois dernier ce qui porte à sept les mois en recul cette année et à -1,5 % la contraction annuelle de production.

Au total, le quatrième trimestre ne débute pas sous les meilleurs auspices. Déjà faible, à tout juste 1 % en rythme annualisé, l’estimation de la FED d’Atlanta pour la croissance du quatrième trimestre ne semble pas devoir s’améliorer.

À ce rythme-là, J. Powell ne va pas pouvoir garder longtemps son discours enchanteur sur la bonne santé de l’économie américaine et encore moins son intention de statu quo…. Vite, vite, un accord commercial…

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Hausse du ZEW allemand, un nouvel alibi pour le DAX !

Sans surprise au vu du regain d’optimisme sur les marchés européens, les perspectives du ZEW remontent franchement, de -22,8 à -2,1 points entre octobre et novembre. À ce stade, le retour dans la zone de neutralité éclipse la menace d’une récession durable. L’amélioration du sentiment sur les variables macro-économiques, en particulier les perspectives de taux d’intérêt, ainsi que sur les secteurs les plus cycliques (chimie, automobile et mécanique) expliquent ce retournement. L’indicateur sur la situation courante se stabilise quant à lui, bien que toujours sur de faibles niveaux, à -24,7. Ces résultats vont incontestablement dans la bonne direction. Sont-ils suffisants pour augurer d’une embellie durable ? Il est trop tôt pour le dire, l’indicateur des perspectives n’est pas encore sorti de la région qui le mettrait à l’abri d’un risque de retournement (+12 à 15 points) comme ce fut le cas en début d’année. Pas de quoi cependant embarrasser le DAX qui en profite pour prendre un peu plus d’avance…

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Décrispation allemande, mais encore ?

Au moment où les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis s’apaisent et où, simultanément, les menaces d’une hausse de tarifs américains sur les importations d’automobiles européennes diminuent, il faut peu de bonnes nouvelles pour convaincre que le point bas de l’activité soit en passe d’être dépassé en Allemagne et que, par là-même, l’horizon conjoncturel européen s’éclaircisse. Difficile de ne pas acheter ce diagnostic que ne contredit pas fondamentalement, d’ailleurs, l’analyse détaillée des commandes aux différentes secteurs de l’industrie allemande publiées hier. Reste à jauger ce qui est susceptible de suivre pour l’activité à venir. Les données de production de ce matin jettent un froid, avec un repli de 1,3 % de la production manufacturière en septembre quand, par ailleurs, l’accumulation des stocks des entreprises incite à la retenue. Que la série noire des données allemandes soit derrière nous est probable, que ce diagnostic débouche sur un scénario en V est une autre histoire.

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Statistiques américaines, du pareil au même

L’ISM non-manufacturier s’est ressaisi en octobre, remontant de 52,6 à 54,7 points, au-delà des attentes des économistes de marché. Pour ceux qui veulent croire à un point bas de la conjoncture américaine, cette statistique viendra s’ajouter à la liste des données de ces derniers jours : PIB et emplois à la fin de la semaine dernière notamment. Tout comme ces dernières statistiques, néanmoins, la lecture que l’on peut faire de l’indice ISM est variable. Replacé dans la perspective des dernières années, le chiffre d’aujourd’hui est juste médiocre et ne remet aucunement en cause la tendance au tassement de l’activité observée depuis le début de l’année. Les économistes ont coutume, pour se prémunir du risque de surinterpréter des mouvements liés à la volatilité normale des séries statistiques, d’analyser les tendances lissées sur deux ou, plus traditionnellement, trois mois. En l’occurrence, ici, la moyenne mobile sur 3 mois ne donne aucun signal interprétable compte-tenu du caractère très réduit de son redressement. Ce constat n’exclut pas que septembre 2019 puisse se révéler in fine le point bas de l’ISM non-manufacturier mais cette enquête ne nous le dit pas.

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PIB et emploi américains : J. Powell moins libre qu’il ne le pense…

À 1,9 %, la première estimation de la croissance américaine est au-dessus des attentes (1,6 %), offrant a priori peu d’arguments à la FED pour défendre une nouvelle baisse des taux directeurs qui devrait être annoncée ce soir. Dans un tel cas de figure, c’est plutôt un discours relativement ferme sur son intention de stopper l’exercice d’assouplissement monétaire qui pourrait être attendu. A y regarder de plus près, pourtant, les données américaines sont beaucoup moins réconfortantes. Les détails du PIB du troisième trimestre portent de plus en plus les stigmates d’une fin de cycle, une conclusion que ne remettent à l’évidence pas en cause les données de l’ADP après de sérieuses révisions apportées sur les six derniers mois. Conséquence de tout cela, les anticipations d’une nouvelle baisse des taux des Fed Funds en décembre sont remontées de 17 % hier à plus de 26 % aujourd’hui ! Dans de telles conditions, J. Powell devra faire état d’une prudence renouvelée…

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