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Après le point bas, scénario en ‘L’, ‘V’ ou ‘W’ ? La réponse n’est pas dans les PMI
La confirmation d’un point bas de la conjoncture industrielle mondiale offerte par les PMI manufacturiers du mois de novembre a redonné confiance à la communauté des économistes ces derniers jours. Particulièrement suivies, ces enquêtes ont également une influence décisive sur les marchés financiers et sont capables de faire la pluie et le beau-temps sur les indices boursiers et, bien que de manière moins systématique, sur les marchés de taux d’intérêt. L’interprétation de ces enquêtes est, malgré tout, souvent discutable ou remise en cause par la réalité des tendances économiques qu’elles sont censées préfigurer et les erreurs ou excès d’interprétation ne sont pas rares. Où en est-on aujourd’hui et que pouvons-nous déduire de l’amélioration de ces indicateurs ?

Guerre de tranchée entre les taux et les actions
Si, nombreux voient dans le bas niveau persistant des taux d’intérêt la principale explication à la bonne tenue des actions, les distorsions observées entre ces deux marchés ces dernières semaines ne peuvent guère être considérées comme durables et le risque d’un changement abrupte de perception d’un marché ou de l’autre s’en trouve incontestablement accru. Les données publiées ce mercredi aux États-Unis, ajoutées à celles de la semaine dernière en provenance du marché immobilier, pourraient avoir constitué les premiers éléments déclencheurs d’un environnement plus propice à une hausse des taux futurs.

IFO Allemand : il va falloir être patient
L’indicateur IFO du climat des affaires en Allemagne reste pour le moins timide. Après un rebond généralisé des perspectives en octobre, les résultats sont nettement plus mitigés ce mois-ci, notamment pour ce qui concerne la situation de l’industrie. En novembre, l’opinion des industriels allemands sur la situation courante signe, en effet, un nouveau plus bas de 9 ans, à 90 points, tandis que l’indicateur des perspectives stagne.

Les perspectives dans les services se redressent légèrement à nouveau, en attendant, là aussi, la confirmation d’une amélioration sur la situation courante. Les retours en provenance du commerce sont plus encourageantes, avec une première hausse en cinq mois des conditions courantes, de 2 points , et une poursuite de l’amélioration des perspectives, signe que la demande domestique se tient.
L’indicateur synthétique de l’IFO, ne gagne, in fine, que 0,3 points, à 95, trop peu, à l’évidence, pour constituer un véritable signal de reprise. Seule satisfaction, l’indicateur de retournement retrouve la zone neutre, après 7 mois en territoire négatif.
Climat des affaires en France : stand-by
Les indicateurs INSEE et Markit du climat des affaires en France sont tous deux stables en novembre, respectivement à 105 et à 52,7, des niveaux toujours plutôt corrects, notamment en comparaison de l’Allemagne. Si l’économie française résiste, elle ne montre pour l’instant aucun signe patent d’amélioration, à l’exception du secteur de l’immobilier dans lequel la baisse des taux d’intérêt semble effectivement porter ses fruits. La situation est stable dans de basses eaux dans les services tandis que les bons retours en provenance du PMI manufacturier jurent trop avec ceux de l’enquête INSEE pour ne pas inspirer la retenue. Il faudra assurément que la France fasse mieux pour que l’horizon se dégage.

Pour l’immobilier américain, mieux vaut que les taux futurs ne suivent pas les actions…
Dans la configuration des marchés boursiers de ces dernières semaines, une question plus que les autres taraude les analystes : la hausse des taux futurs que devrait finir par entrainer celle des actions, si elle perdure, sera-t-elle supportable par les économies occidentales et les marchés ? De la réponse à cette question dépend dans une large mesure le confort des uns et des autres à l’égard du regain d’optimisme en présence des marchés d’actions qui, jusqu’à présent, n’a eu qu’un effet très modéré sur le niveau des taux futurs. L’analyse du marché immobilier américain offre quelques pistes de réflexion mais également quelques raisons de redouter une embardée des taux longs….

Sinon, l’économie américaine se porte à merveille…
Les données américaines du jour ne sont pas franchement en phase avec l’optimisme des marchés, avec une timide hausse des ventes de détail et une production industrielle en repli de 0,8 %.

Les premières ont augmenté de 0,3 % en octobre… après avoir baissé de 0,3 % en septembre. Hors automobiles, la hausse n’est plus que de 0,1 %, après un chiffre révisé de 0 à -0,1 %, l’ensemble à prix courants. Sachant que l’indice des prix s’est accru de 0,4 % le mois dernier, cela suggère toutes choses égales par ailleurs, un déclin des achats réels pour le deuxième mois consécutif…

Si côté automobile, les données semblent un brin meilleures, il s’agit sans doute d’un effet prix au vu de ce que nous savons des ventes de véhicules sur la période, en léger repli, dans la tendance de ces derniers mois, à 16,8 millions.
Mais les résultats sont plus mauvais encore du côté de la production industrielle, en baisse de 0,8 % après déjà un repli de 0,3 %. Sur un an, la récession industrielle s’accentue ainsi, à -1,1 %. Côté manufacturier, le rebond de l’ISM n’a pas été suivi de faits : la production flanche de 0,6 % – après déjà -0,5 % le mois dernier ce qui porte à sept les mois en recul cette année et à -1,5 % la contraction annuelle de production.

Au total, le quatrième trimestre ne débute pas sous les meilleurs auspices. Déjà faible, à tout juste 1 % en rythme annualisé, l’estimation de la FED d’Atlanta pour la croissance du quatrième trimestre ne semble pas devoir s’améliorer.
À ce rythme-là, J. Powell ne va pas pouvoir garder longtemps son discours enchanteur sur la bonne santé de l’économie américaine et encore moins son intention de statu quo…. Vite, vite, un accord commercial…
Hausse du ZEW allemand, un nouvel alibi pour le DAX !
Sans surprise au vu du regain d’optimisme sur les marchés européens, les perspectives du ZEW remontent franchement, de -22,8 à -2,1 points entre octobre et novembre. À ce stade, le retour dans la zone de neutralité éclipse la menace d’une récession durable. L’amélioration du sentiment sur les variables macro-économiques, en particulier les perspectives de taux d’intérêt, ainsi que sur les secteurs les plus cycliques (chimie, automobile et mécanique) expliquent ce retournement. L’indicateur sur la situation courante se stabilise quant à lui, bien que toujours sur de faibles niveaux, à -24,7. Ces résultats vont incontestablement dans la bonne direction. Sont-ils suffisants pour augurer d’une embellie durable ? Il est trop tôt pour le dire, l’indicateur des perspectives n’est pas encore sorti de la région qui le mettrait à l’abri d’un risque de retournement (+12 à 15 points) comme ce fut le cas en début d’année. Pas de quoi cependant embarrasser le DAX qui en profite pour prendre un peu plus d’avance…
