Les consommateurs chinois pas si impatients de rouvrir leur porte-monnaie

En Chine, les données du mois d’avril confirment une amélioration de l’activité industrielle, laquelle aurait retrouvé une évolution positive de 3,9 % par rapport à l’année dernière. Il faut espérer que ce soit à l’exportation que partira ce surplus d’activité, sinon ce sera dans les stocks, car sur le plan domestique, la demande n’est clairement pas au rendez-vous. Au-delà des dépenses d’infrastructures forcées par le gouvernement, les achats des ménages restent en berne ; en témoignent les ventes de détail et les indicateurs d’activité dans les services.

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La baisse de PIB britannique amortie par le retard de confinement

Avec une chute de 2 % au premier trimestre, le PIB réel britannique recule dans des proportions comparables à celui des Etats-Unis mais bien moins fortes que ceux de la France ou de l’Italie. Il faut dire qu’après avoir misé sur « l’immunité collective », le gouvernement Johnson n’a décrété le confinement que le 23 mars, ce qui explique, pour une bonne part, le faible recul enregistré. En mars, le PIB s’est tout de même contracté de 5,8 %, ce qui augure d’un impact beaucoup plus fort de la pandémie en avril et mai.

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-21 % pour le PIB français à la mode US contre seulement -4,8 % pour ce dernier ?

Fidèles aux estimations préliminaires de la Banque de France, les données du premier trimestre de l’INSEE décrivent une contraction de 5,8% du PIB français au premier trimestre de cette année ce qui représente un repli de 5,4 % sur un an. Sans surprise, la chute de la consommation privée (-6,1 %) et de l’investissement (-11,8 % dans l’ensemble) expliquent l’essentiel de ce mauvais chiffre, avec néanmoins un facteur additionnel inattendu dans la contraction de 2,4 % de la dépense publique, laquelle semble également avoir pâti de la paralysie de l’activité.

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La BCE lance les PELTROs mais aura du mal à échapper à un accroissement du PEPP

Au terme de son comité de politique monétaire, la BCE a annoncé un certain nombre de mesures additionnelles d’assouplissement de sa politique, sous la forme :

–      D’un assouplissement des conditions des opérations ciblées de refinancement à long terme (TLTRO III) dont les taux d’intérêt seront réduits de 50 point de base en dessous du taux d’intérêt moyen des principales opérations de refinancement de l’Eurosystème entre juin 2020 et juin 2021. Avec des taux directeurs de -0,50 %, ces opérations pourront profiter d’un taux d’emprunt de -1 %.

–        Du lancement d’une nouvelle série d’opérations de refinancement à long terme d’urgence pandémique non ciblées du nom de PELTRO (pour « pandemic emergency longer-term refinancing operations »), dont le but est de soutenir les conditions de liquidité du système financier de la zone euro. Ces PELTROs seront au nombre de sept et débuteront en mai 2020 pour des échéances échelonnées entre juillet et septembre 2021. Ils seront exécutés sous forme d’appels d’offres à taux fixe avec attribution intégrale, à un taux d’intérêt inférieur de 25 points de base au taux moyen des principales opérations de refinancement.

La Banque centrale européenne n’a pas modifié le niveau de ses taux d’intérêt qui restent donc à 0 % pour son principal taux de refinancement et à -0,5 % pour son taux de rémunération des facilités de dépôts.

Le montant de ses achats d’actifs reste également inchangé, composé :

–        du programme d’assouplissement quantitatif mis en place le 1er novembre 2019 qui portait initialement sur un volume d’achat de 20 milliards d’euros d’actifs par mois et a été accru de 120 milliards d’euros en mars pour le reste de l’année 2020,

–        du programme d’achat d’urgence pandémique (PEPP) de 750 milliards d’euros, lancé en mars afin de protéger la zone euro contre les répercussions économiques de la crise sanitaire.

Après ses faux pas de début mars, la BCE est sur la ligne d’un assouplissement graduel des conditions monétaires dont tout laisse penser qu’il devra se poursuivre pendant une longue période. Mme Lagarde semble cependant avoir un large soutien du board de la BCE et être en mesure d’ajuster le tir au fur et à mesure des besoins. Ses annonces devraient permettre d’atténuer un peu plus les tensions récemment apparues sur le marché interbancaire de la zone euro. Il est néanmoins vraisemblable qu’elles pèsent sur le niveau des taux futurs de moyen-long terme ce qui n’aidera pas le secteur bancaire.

L’incertitude reste grande également sur l’efficacité du dispositif mis en place par la BCE à l’égard des États. Les écarts de taux d’intérêt vis-à-vis de l’Allemagne peinent en effet à se détendre ce qui appellera vraisemblablement une augmentation du PEPP à échéance plus ou moins proche compte-tenu des développements des conditions économiques et de marché. La route est encore longue…

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Covid-19 : déflation toute à court terme ; ensuite tout dépendra

La crise du covid-19 est-elle en mesure de faire revenir l’inflation ? À ce stade,  rien de ce qui pourrait suggérer une reprise à venir de la hausse des prix ne se profile. A l’inverse, choc de demande et effondrement des cours du pétrole ont tout lieu de préfigurer une baisse généralisée de l’inflation mondiale.

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-4,8 % pour le PIB américain c’est commun ; -7,5 % pour les seuls services c’est inédit

À première vue, une chute de 4,8 % r.a. du produit intérieur brut n’est pas outre mesure effrayante. Après tout, c’est nettement moins que celle de 8,4 % enregistrée à l’occasion de la crise financière, au quatrième trimestre 2008, et assez conforme à ce qu’a connu l’économie américaine à l’occasion des récessions passées. Dans le détail, les choses paraissent pourtant un peu plus ardues. Selon les premières estimations, les dépenses des ménages américains (70 % du PIB) se seraient contractées de 7,5 % en moyenne au premier trimestre, un record de baisse depuis la récession de 1980, pour deux semaines maximum de confinement non généralisé…

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Chute historique de la confiance des ménages français ; l’essentiel reste, pourtant, à venir

L’indicateur mensuel de confiance des ménages français publié par l’INSEE ce matin marque un repli de plus de huit point en avril, sa plus forte chute mensuelle depuis le début de la série en 1973. À 95 points, le baromètre reste cependant très éloigné de ses points bas historiques, très supérieur par exemple au niveau qu’il avait atteint lors de la crise des gilets jaunes fin 2018 ou encore de sa moyenne des années 2008 à 2014.

La construction de l’indicateur, moyenne des opinions sur la situation récente et sur les perspectives, explique ce résultat. Les premières ont été préservées jusqu’à présent. L’opinion des ménages sur le passé récent, qu’il s’agisse de la situation économique, leur situation financière ou leur capacité d’épargne, s’est même améliorée par rapport à ce qu’elle était en mars ! Ces composantes ont sauvé le résultat de ce mois-ci qui aurait été bien différent s’il ne s’était agi que de leur perspectives.

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