Déprime dans les services, espoir dans l’industrie, l’économie française piétine

L’indice de climat des affaires de l’INSEE recule d’un point, à 90, sous l’effet d’une baisse de 3 points de l’indicateur des services. Des chiffres qui reflètent toujours une situation sanitaire incertaine et l’impact des restrictions, rien de très nouveau de ce point de vue, donc, à ceci près que la place prépondérante du tertiaire dans l’économie française, plus importante notamment qu’en Allemagne, constitue un frein à la reprise. La situation est différente dans l’industrie, puisque, malgré un niveau toujours inférieur à sa moyenne de long terme, l’indicateur manufacturier poursuit son rattrapage et gagne un point, à un niveau proche de ceux d’avant crise, de 97. Reste que cette amélioration repose pour une bonne part sur des hypothèses très optimistes des industriels sur leur activité et leurs prix futurs. Mieux vaudrait pour cela que leurs commandes s’alignent sur ces attentes. Ce n’est pas encore le cas…

 

 

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Quelle vitesse d’amélioration industrielle en Allemagne ?

Envolée du PMI manufacturier, rebond de l’IFO, l’industrie allemande semble sortir de l’ornière. À y regarder de plus près, pourtant, les choses ne sont pas aussi claires. Si le climat des affaires est bien orienté, le verdict issu de ses différentes composantes l’est moins. L’optimisme affiché par les professionnels depuis le début de l’été dernier ne s’est que très partiellement retrouvé dans les données de production. Leurs perspectives, revenues à un plus haut depuis 2018, ne sont pas rigoureusement suivies par les commandes. Leur opinion sur ces dernières, a priori moins perméable aux seules influences du sentiment, est loin de renvoyer un message aussi enthousiasmant. Si l’amélioration de la conjoncture industrielle est bien réelle, la vitesse de la remise à niveau pourrait être moindre que ne le suggèrent les indices synthétiques du climat des affaires les plus commentés.

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Pas sûrs de savoir ce qu’il y a derrière la bonne récolte des PMI manufacturiers

Tandis qu’avec les restrictions sanitaires, les indicateurs PMI dans les services tendent à se replier, jusqu’à menacer de contraction le PIB du premier trimestre en zone euro, le climat des affaires manufacturier tient bon, malgré un petit coup de mou aux Etats-Unis, effacé, dans ce cas, par la résistance du côté des services. En Allemagne, l’indicateur manufacturier de Markit atteint des niveaux proches de ses records passés, ce qui laisse envisager que la production finisse par récupérer ses pertes des douze derniers mois. En France, il gagne plus de trois points à 55, un plus haut depuis février 2018. Manifestement il se passe quelque chose sur le front industriel en Europe. Reste à savoir quoi. Les dernières informations en matière de demande domestique n’étaient pas de meilleur augure, notamment dans l’automobile où les immatriculations se sont de nouveau effondrées en janvier. Le Brexit explique sans doute une partie de ce regain de confiance en Europe tandis que certains secteurs tels l’aéronautique en France renaissent de leurs cendres. Selon Markit, les carnets de commandes à l’exportation se regarnissent tandis que l’industrie semble également profiter d’un regain de « pricing power », à même de doper la confiance. On gardera en tête qu’entre la rapidité de remontée des PMI et la croissance effective, il y a souvent de grands écarts, surtout lorsque les distorsions sont aussi importantes entre les services et l’industrie.

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La partie n’est pas gagnée aux Etats-Unis

Après les bons chiffres de ventes de détail publiés hier, ceux du jour rappellent que rien n’est encore joué outre-Atlantique. Repli de l’indicateur de confiance de la Fed de Philadelphie, nouvelle remontée des inscriptions au chômage et baisse des mises en chantiers de logements témoignent, chacun à leur mesure, de l’instabilité ou des risques en présence.

 

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Flambée des prix producteurs et des ventes de détail américains ; le dollar s’envole

L’année a démarré en trombe aux Etats-Unis avec une envolée de plus de 5 % des ventes de détail nominales et un rebond de 2 % des prix producteurs en janvier. Pas de distorsion particulière pour expliquer ces résultats : les ventes ont fortement progressé dans la plupart des secteurs, comme c’est le cas pour les prix avec, en particulier, une remontée de 1,3 % dans les services, la plus forte hausse mensuelle depuis l’origine de la série en 2009. Si ces données ont peu d’effets sur les taux d’intérêt, c’est sans doute que ces derniers ont pris une certaine avance ces derniers jours. Le dollar réagit davantage avec une progression de 0,5 % de l’indice ICE et un net repli de l’euro, à 1,204USD.

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L’avenir du Royaume-Uni : le grand vide

La fin d’année 2020 n’aura pas été de tout repos pour le Royaume-Uni, entre un accord conclu à l’arrachée avec l’Union Européenne et une flambée des cas de coronavirus. D’un point de vue conjoncturel, c’est évidemment cette dernière qui occupe le devant de la scène, du fait de son impact sur l’activité. Malgré une hausse de 1 % au dernier trimestre, due pour moitié à la constitution de stocks, le PIB britannique s’est contracté de 9,9 % en 2020. Rien d’exceptionnel dans le contexte épidémique en présence quand bien même ce résultat est parmi les plus mauvais en Europe. Sur le plus long terme, en revanche, la question de l’avenir du Royaume-Uni post-Brexit reste entière. Le pays acceptera-t-il longtemps de se plier aux conditions des traités européens pour limiter une casse quasi certaine ou prendra-t-il son envol en recouvrant sa souveraineté et en laissant derrière lui une Europe impotente ? La conclusion du traité de libre-échange du 24 décembre semblait faire pencher la balance en faveur de la première hypothèse avant que Boris Johnson ne revienne à la charge avec son projet de « Singapour sur Tamise » et que Rishi Sunak, le Ministre des Finances, évoque la fin des normes européennes sur la durée maximum de travail hebdomadaire, quitte à déchirer un accord signé quelques semaines plus tôt. Tests ou provocations ? Le Gouvernement britannique semble encore loin d’avoir déterminé sa stratégie pour l’avenir du pays.

 

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« Qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il croit » ; le Japon aura, au moins, essayé !

Après le choc de la TVA d’octobre 2019 et celui de la crise sanitaire, la fin d’année dernière a été plutôt satisfaisante pour l’économie japonaise, avec une hausse de 3 % de son PIB réel au dernier trimestre, selon les premières estimations, et une contribution positive de l’ensemble de ses composantes. Forte d’un acquis de 2,6 %, l’économie pourrait enregistrer son plus fort taux de croissance depuis 2010 cette année mais il lui faudra faire deux fois mieux pour combler les pertes de 2020. Le pari n’est pas inaccessible malgré un début d’année en demie teinte. Voilà qui risque cependant de ne pas changer grand-chose au déclin structurel du pays et à ses besoins de soutien permanents de la part de l’État et de la BoJ. Nul ne sait plus dire comment ce jeu-là se terminera. L’indice Nikkei déjà au-delà de 30 000 points est à son plus haut niveau depuis mai 1990, à quelques mois seulement de son record historique de janvier de la même année, avant que le vent ne tourne. Les chances d’aller tester ce niveau, pour voir, sont assurément élevées aujourd’hui tandis que la Banque centrale commence à prendre peur… La Rochefoucauld ne disait-il pas « qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il croit » ? On ne pourra pas dire que le pays n’aura pas tenté !

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M. Draghi face à l’exception italienne

La nomination de Mario Draghi à la tête de l’exécutif italien sera-t-elle à la hauteur des espoirs qu’instinctivement elle inspire? L’aura de l’ex-président de la BCE dans la communauté financière est considérable. Souvent considéré comme le sauveur de la zone euro, il est également perçu comme l’Italien de la situation. Celui qui connaît suffisamment bien les instances européennes pour en tirer le meilleur parti pour son pays et donner le maximum de levier aux dispositifs de relance adoptés ces derniers mois par la Commission européenne. La tâche n’en reste pas moins considérable, à bien des égards plus complexe que celle qu’il a menée à la tête de la Banque centrale, dès lors qu’il ne s’agit pas de convaincre de l’importance d’un bien commun, la monnaie unique, mais de reconstruire un pays ruiné.

Si la nomination de M. Draghi accroît à brève échéance les chances d’une résorption supplémentaire des écarts de taux de financement que la crise de 2008 a réouverts, elle pourrait, à terme et sous réserve de son maintien à ce poste, être celle de la renégociation d’un insoutenable fardeau que constitue la dette accumulée par le pays.

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