Le « formidable » rebond de la Chine oublie ses consommateurs sur le bas-côté

Pas facile d’y voir clair dans les données chinoises de ce début d’année, lesquelles, outre les difficultés habituelles liées au mode de publication le plus souvent en variations annuelles, se comparent à la période particulièrement chahutée de 2020. Les progressions, quelles qu’elles soient, sont spectaculaires comparées à la quasi paralysie de février de l’an passé. Dans l’automobile, les ventes ressortent en hausse de plus de 400 %, ce qui pour le non averti peut être particulièrement trompeur. Leur niveau, même non désaisonnalisé, est sans aucun doute un meilleur indicateur de la réalité, comme le sont les évolutions sur 24 mois. Sauter à pied joint au-dessus des données de 2020, lorsque les données officielles nous le permettent, donne une autre lecture de la situation chinoise. De celle-ci il ressort que, si l’industrie s’en sort bon an mal an, principalement soutenue par la production de masques et autre matériel médical ainsi par les produits électroniques, les consommateurs, eux, ont beaucoup plus de mal. La hausse du taux de chômage de 5,2 % en décembre à 5,5 % en février ne nous dit pas autre chose, d’ailleurs.

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Scénario trimestriel : renouveau industriel contre digitalisation des services : quel modèle?

L’environnement économique mondial demeure profondément incertain. Si le scénario de reflation privilégié par les marchés est largement poussé par la perspective de la fin de l’épidémie, les mesures de relance et les politiques de verdissement potentiellement très favorables à l’industrie, la digitalisation accélérée post-Covid inquiète. Les pertes d’emplois structurelles qu’elle laisse entrevoir ne font assurément pas bon ménage avec l’optimisme en présence sur le renouveau industriel et la remontée des anticipations d’inflation qui l’accompagne. Le chemin de la croissance verte est loin d’être tout tracé. Un épais brouillard plane toujours sur les perspectives de croissance structurelles malgré des prévisions de fort rebond, dopées aux effets de base historiques provoqués par une crise inédite. Le risque d’erreur d’interprétation et de faux pas des marchés et des banques centrales est assurément élevé.

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Ambigus messages de la BCE

Comment se fait-il que la BCE ait attendu son comité de politique monétaire du 11 mars pour décider d’user des moyens déjà à sa disposition pour contrer la hausse des taux entamée début février ? Si Mme Lagarde semble avoir satisfait les marchés par son annonce d’une amplification à venir des achats dans le cadre du programme d’urgence face à la pandémie (PEPP), sa communication étonne à plus d’un titre. Rien n’empêchait la BCE d’être plus active ces dernières semaines tandis que les taux d’intérêt prenaient leur envol puisqu’elle dispose encore de 1 000 milliards qu’elle peut débourser d’ici mars 2022. Dès lors, pourquoi a-t-elle précisément fait l’inverse, réduisant significativement ses achats de titres ? Prise de conscience trop tardive ou opposition de certains membres face à la montée des craintes d’inflation ? La question taraude tant sa réponse pourrait éclairer sur sa lecture et sa stratégie future. Mais précisément nous n’avons pas de réponse à apporter.

 

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Inflation américaine : les effets pétroliers pointent le bout de leur nez

L’indice des prix à la consommation américain ressort en hausse de 1,7 % sur un an en février, après 1,4 % en janvier. L’inflation énergétique affiche quant à elle sa première variation positive depuis un an, de +2,4 %, et contribue à hauteur de 0,15 point à l’inflation totale, contre -0,25 point en janvier. Voilà qui fait plus qu’expliquer l’accélération constatée sur le deuxième mois de l’année.

Hors énergie et alimentation, l’indice d’inflation affiche une hausse sur un an de 1,3 %, après 1,4 % le mois dernier. Le ralentissement des prix des biens explique ce léger repli. La flambée des prix des véhicules d’occasion, principale cause de l’accélération des prix des biens hors énergie du second semestre, perd de sa vigueur ; leur hausse annuelle retombe à 9,3 % après 10 %. Quant aux prix des services, ils sont globalement stables, à +1,3 % en glissement annuel, avec toujours une très faible hausse mensuelle des loyers (0,1 %) dont la progression annuelle tombe davantage, à 1,5 % un plus bas depuis 2011.

Les prix de l’alimentation remontent de 0,2 % en février ce qui permet à leur évolution annuelle de ralentir très légèrement à +3,6 %.

 

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Des encouragements du côté de l’industrie française

La production industrielle française et sa composante manufacturière progressent toutes deux de 3,3 % en janvier par rapport à décembre. La production manufacturière n’affiche plus qu’un retard de 2,6 % sur ses niveaux de février 2020. C’est un peu mieux, par exemple, qu’en Allemagne, où celui-ci est de 3,8 %. Des nouvelles plutôt rassurantes sur la bonne tenue du secteur secondaire, qui hissent l’acquis de croissance manufacturier du premier trimestre à 2,7 %. La forte contribution de la pharmacie aux données de janvier (le secteur explique la moitié de la hausse de l’ensemble manufacturier) vient nuancer ce constat. Les secteurs clés de l’activité industrielle française de l’aéronautique et de l’automobile sont encore à la traine.

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Le secteur manufacturier allemand sauve les meubles en janvier

La production industrielle allemande a reculé de 2,5 % entre décembre et janvier, son premier accroc depuis mai 2020, du fait d’une chute de 12 % de la construction. Le secteur manufacturier n’accuse pour sa part qu’un repli de 0,5 %, loin d’être désastreux pour une période marquée par un confinement sans précédent, alors que les commandes de décembre laissaient entrevoir un début d’année compliqué et que la production du même mois a été révisée à la hausse. L’industrie allemande est donc globalement épargnée, quand bien même ses résultats sont à des lustres de ce que suggèrent les PMI.

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L’emploi US souffle sur les braises des taux, Kashkari apaise : il y a des chômeurs cachés

Après sa baisse en décembre et les médiocres chiffres de janvier, l’emploi américain s’est repris en février avec 379 000 postes créés, selon le rapport officiel, nettement mieux que ne le laissaient présager les 117 000 emplois privés du rapport de l’ADP. Il n’en fallait pas plus aux marchés de taux pour s’emballer et propulser temporairement les taux à 10 ans au-delà de 1,6 % et les 30 ans vers 2,34 %. Heureusement, la FED est là. Après J. Powell hier, Kashkari a pris la parole aujourd’hui pour rappeler que le vrai taux de chômage était plus proche de 9,5 % que des 6,2 % de février, en repli d’un dixième par rapport à janvier. Entendez, la FED ne va pas changer son fusil d’épaule du fait d’un chiffre qui cache une réalité nettement moins favorable. Bref, les actions américaines retrouvent le moral et échapperont sans doute à une nouvelle clôture hebdomadaire dans le rouge.  De fait, la partie n’est pas gagnée. Même après les chiffres de février, le déficit de salariés par rapport à février 2021 est encore de près de 9,5 millions, en cela la situation n’a pas vraiment évolué et, au rythme de février, 22 mois seraient nécessaires pour retrouver les conditions d’avant crise.

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Éclaircie sur le front des commandes à l’exportation allemandes

Les commandes allemandes ont progressé de 1,4 % en janvier, soit une hausse de 2,4 % seulement en comparaison de janvier 2020 qui avait été dopé par la paralysie chinoise. Le rebond est également insuffisant pour compenser la baisse de 2,2 % en décembre. Surtout, le recul des commandes domestiques pour le deuxième mois consécutif témoigne, comme les ventes publiées mardi, d’une situation intérieure encore très handicapée par la pandémie et -peut-être- la remontée de la TVA- ; un constat qui n’est pas sans conséquence au-delà même du seul secteur des biens. En revanche, les commandes étrangères ont compensé cette dégradation domestique et continuent à être un précieux soutien pour l’économie allemande… pas sûr cependant que ce soit suffisant pour maintenir, dans l’immédiat, la croissance à flot.

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