L’inflation tourne au rouge vif, la volatilité des changes suit : où sont les risques ?

Dans le sillage des publications récentes, nous reprenons cette semaine le moniteur de l’inflation que nous avions construit en 2020. Laissé pour compte depuis 2023, ce tableau de bord des principaux déterminants de l’inflation aux États-Unis et en zone euro apporte une vision synthétique des tendances en cours qui complète utilement les conclusions de notre Baromètre Macroéconomique Global (BMG). Ce dernier s’est notablement redressé depuis deux mois et préfigure selon toute vraisemblance une accélération de l’inflation des pays de l’OCDE d’ici l’été, à un rythme qui n’a, d’ores et déjà, plus grand-chose à envier à celui connu en 2021.

Centré sur les Etats-Unis et la zone euro, notre moniteur permet d’affiner l’analyse, avec un spectre plus large de données, couvrant tout à la fois les prix constatés et les principaux déterminants de l’inflation. Les résultats de cette mise à jour sont on ne peut plus clairs. Aux Etats-Unis comme en zone euro, les indicateurs sont au rouge, la plupart rouge vif à une exception près : les salaires. Ces derniers ne tarderont vraisemblablement pas à suivre, ne serait-ce que par les mécanismes d’indexation encore existants, relayés par l’effet inflationniste des pénuries d’emplois qualifiés dans de nombreux secteurs et pays. Dit autrement, la mécanique inflationniste est enclenchée et mettra, même dans le meilleur des cas, du temps à s’inverser.

De telles perspectives ont de nombreuses implications, parmi lesquelles des ajustements d’ampleur des politiques monétaires à venir qui s’accompagneront inévitablement de turbulences sur les marchés des changes. Quelles devises sont les plus à risques et réciproquement ?

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La FED, le dollar et le reste du monde. Pas de Plaza en perspective…

La FED tiendra son FOMC la semaine prochaine et décidera selon toutes vraisemblance d’une nouvelle forte hausse de ses taux directeurs assortie d’une communication toujours aussi déterminée. Il semble de plus en plus vain, en effet, d’envisager que la FED stoppe la hausse de ses taux avant que l’économie ne soit effectivement en récession.

Paradoxalement, néanmoins, ce n’est pas aux Etats-Unis que la politique américaine pourrait faire le plus de ravages à court terme. Alors que chaque nouvelle hausse des taux de la FED pousse plus haut le cours du dollar, la situation s’est considérablement tendue sur les marchés des changes ces derniers temps, condamnant les banques centrales d’un nombre croissant d’autres pays à la suivre pour prévenir le risque d’un effondrement de leur devise, quelle que soit leur propre situation domestique. Le sujet a, sans nul doute, conditionné les décisions de la BCE la semaine passée. Elle est loin d’être isolée.

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Inflation & Stratégie : Inflation, la décélération commence

En juillet, l’inflation a accéléré partout, pour se situer au-dessus des objectifs de stabilité des prix des banques centrales. En théorie, cela justifierait une normalisation générale des politiques monétaires. Toutefois, conséquence des effets de base sur les prix de l’énergie, la décélération de l’inflation est imminente et, comme pour la Zone Euro, les chiffres du mois d’août devraient en donner un premier aperçu. Reste à savoir à quel rythme ? Pour répondre à cette question, les prochains chiffres d’inflation sous-jacente vont être scrutés. Y-a-t-il ou non maintenant un risque d’accélération de côté ci ? Pour l’instant, les marchés financiers ne le croient pas (Article : Anticipations de marchés, quel risque inflationniste ?) avec dans le cas de la Zone Euro la baisse des actions bancaires qui ajoute un risque de surprise à la baisse par rapport aux attentes de la BCE (Article : Valeurs bancaires, crédit & inflation sous-jacente) ; un scénario qui viendrait questionner son « Exit » stratégie.

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Pays émergents : du statut doré d’il y a peu à celui de « junk », ou, le spectre d’une réplique de la crise des subprimes

À en juger par la déferlante d’analyses subitement anxiogènes de ces derniers jours, le diagnostic semble faire l’unanimité : les marchés émergents sont en crise et ce n’est pas fini. Alors que nombreux investisseurs vantaient encore début avril l’attractivité des placements dans des « pays dotés d’une croissance économique et de taux d’intérêt structurellement plus élevés que les économies développées », l’escalade à la hausse des taux d’intérêt américains et du dollar s’est transformée en quelques semaines en une crise de défiance à laquelle n’échappe, de près ou de loin, aucune des nations émergentes aujourd’hui. Lire la suite…

La chute du dollar reprend de plus belle : pourquoi, jusqu’où ?

La tendance baissière du cours du dollar s’est accélérée ces derniers jours, poussant en particulier sa parité contre l’euro et le yen vers des niveaux qui n’avaient pas été enregistrés depuis la fin de l’année 2014, à ponctuellement 0,86 euros et moins de 106 yens dans la journée d’hier. Ajoutée au mouvement de dépréciation à l’égard des devises émergentes de ces dernières semaines, c’est un repli de plus de 5 % qu’affiche le taux de change effectif du billet vert au cours des trois derniers mois, soit sa plus forte baisse depuis 2009. Comment comprendre ces tendances et jusqu’où risquent-elles d’aller ? Lire la suite…

Scénario 2013-2014 : Crise financière, Acte III…et épilogue (?)

Malgré la reprise européenne et le léger mieux enregistré sur le front du climat de confiance à l’échelle mondiale durant l’été, c’est à une révision à la baisse qu’aboutit l’actualisation de notre scénario de croissance mondiale 2013-2014.

Il y a principalement deux origines à ce résultat :

  • La première tient à notre analyse de la situation américaine, à savoir, celle d’une économie toujours affaiblie par les ruptures apparues avec la crise financière.
  • La seconde tient à la montée des risques des économies émergentes, en particulier des plus grandes d’entre elles.

De ce scénario, découlent cinq conclusions majeures :

  1. Un nouveau round mondial d’injections de liquidités.
  2. Le maintien de taux à long terme sur de très faibles niveaux.
  3. Une dépréciation du taux billet vert vis-à-vis des grandes devises.
  4. Un risque d’instabilité croissant sur les marchés émergents.
  5. Le coût de la politique de changes de la Chine risque de devenir de moins en moins supportable.

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