L’Asie se disloque. Parviendra-t-elle à se relever ?

Crise sanitaire, érosion des débouchés à l’exportation, tensions géopolitiques et commerciales, dérive autocratique de la Chine et guerre des monnaies ; l’Asie va mal. À quel point et se pourrait-il qu’elle ne se remette pas des chocs en présence ? Si l’espoir d’un pivot de la FED suggère un apaisement des tensions extrêmes actuellement en présence, les maux dont souffre la région semblent beaucoup plus profonds et interrogent sur sa capacité à rebondir et à honorer les anticipations de croissance structurelle qu’elle continue à inspirer. Selon le FMI, l’Asie émergente devrait croître à un rythme encore légèrement supérieur à 5 % l’an en moyenne entre 2022 et 2027, presque deux fois plus rapide que le monde dans sa globalité. La région conserverait, ainsi, une place d’exception à même de rayonner et d’irriguer le reste du monde, même avec un rythme de croissance inférieur d’un tiers à ce qu’il a été au cours des deux dernières décennies ; une vision, toutefois, largement mise à mal par les développements récents.

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Crises asiatiques : à quel point l’avenir de la région risque-t-il d’être compromis ?

Guerre commerciale, ralentissement chinois, vieillissement démographique, multiplication des crises politiques et géopolitiques : à quel point l’avenir économique de l’Asie est-il menacé par les bouleversements en cours ? L’essor asiatique depuis le décollage de la Chine a fait de la région le point d’orgue des anticipations de croissance de moyen et long terme de l’économie mondiale, la branche à laquelle ces dernières ont pu se rattraper face aux perspectives structurellement affaiblies du monde développé. Riches des progrès réalisés depuis le milieu des années deux mille, les pays émergents d’Asie sont perçus comme des pôles de prospérité inéluctablement voués à dominer la croissance planétaire des prochaines décennies et conditionnent les stratégies de développement de la plupart des secteurs de la vie économique. Si les déboires de ces dernières années ont régulièrement écorné les espoirs conjoncturels, ils n’ont pas provoqué jusqu’alors de remise en cause fondamentale de ce diagnostic. Les développements de ces derniers temps obligent, pourtant, à considérer la possibilité d’un avenir beaucoup moins radieux pour la prochaine décennie asiatique.

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L’Asie sombre, cela devrait caper la hausse des taux américains

La détérioration des indicateurs économiques en provenance d’Asie s’est singulièrement accélérée ces derniers mois. Ce constat est inquiétant à plus d’un titre. Tout d’abord pour la situation asiatique elle-même. Au vu des derniers indicateurs, plusieurs pays pourraient, en effet, faire face à un risque de récession. Ensuite, pour ce qu’elle nous susurre des tendances de la conjoncture internationale : par leur importance dans le commerce, les économies d’Asie du sud offrent traditionnellement des indications très fiables de l’évolution de la demande mondiale ; la chute des PMI composites singapourien et hong-kongais en septembre, deux des premières plateformes du commerce intra régional asiatique est, à ce titre, préoccupante. Par ailleurs, le fait que cette dégradation intervienne précisément au moment où l’économie américaine, de son côté, donne de plus en plus de signes d’emballement, pose bien des questions. Rares ont été par le passé les occasions de constater de tels écarts de tendance entre les deux blocs.

En l’absence de resynchronisation rapide, il fait peu de doutes que les économies asiatiques seront d’autant plus exposées à la remontée des taux d’intérêt américains. Cette situation pourrait, par ricochet, soit considérablement réduire le potentiel de hausse de ses derniers, soit considérablement fragiliser l’environnement financier international… Ce qui in fine aboutirait au même effet, à savoir caper la hausse des taux d’intérêt.

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