Pas sûrs de savoir ce qu’il y a derrière la bonne récolte des PMI manufacturiers

Tandis qu’avec les restrictions sanitaires, les indicateurs PMI dans les services tendent à se replier, jusqu’à menacer de contraction le PIB du premier trimestre en zone euro, le climat des affaires manufacturier tient bon, malgré un petit coup de mou aux Etats-Unis, effacé, dans ce cas, par la résistance du côté des services. En Allemagne, l’indicateur manufacturier de Markit atteint des niveaux proches de ses records passés, ce qui laisse envisager que la production finisse par récupérer ses pertes des douze derniers mois. En France, il gagne plus de trois points à 55, un plus haut depuis février 2018. Manifestement il se passe quelque chose sur le front industriel en Europe. Reste à savoir quoi. Les dernières informations en matière de demande domestique n’étaient pas de meilleur augure, notamment dans l’automobile où les immatriculations se sont de nouveau effondrées en janvier. Le Brexit explique sans doute une partie de ce regain de confiance en Europe tandis que certains secteurs tels l’aéronautique en France renaissent de leurs cendres. Selon Markit, les carnets de commandes à l’exportation se regarnissent tandis que l’industrie semble également profiter d’un regain de « pricing power », à même de doper la confiance. On gardera en tête qu’entre la rapidité de remontée des PMI et la croissance effective, il y a souvent de grands écarts, surtout lorsque les distorsions sont aussi importantes entre les services et l’industrie.

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La partie n’est pas gagnée aux Etats-Unis

Après les bons chiffres de ventes de détail publiés hier, ceux du jour rappellent que rien n’est encore joué outre-Atlantique. Repli de l’indicateur de confiance de la Fed de Philadelphie, nouvelle remontée des inscriptions au chômage et baisse des mises en chantiers de logements témoignent, chacun à leur mesure, de l’instabilité ou des risques en présence.

 

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Changement de prix relatifs ; pour l’inflation on verra plus tard…

Depuis ses débuts, la crise sanitaire n’a cessé d’entretenir les interrogations sur ses conséquences en matière d’inflation. Dans un tout premier temps, les risques de ruptures d’approvisionnement ont fait redouter une possible envolée des prix des produits de base ; mais les pénuries n’ont pas eu lieu. Dans un second temps, le choc de demande a agité le spectre d’une nouvelle jambe de déflation conforté par la décrue de l’inflation sous-jacente dans de nombreux pays. La vigueur de la reprise économique mondiale au troisième trimestre a néanmoins éloigné ces craintes et, avec l’amorce des vaccinations, l’hypothèse d’une escalade inflationniste a fini par les supplanter. Sur les marchés, les annonces de dispositifs inédits de relance budgétaire ont dopé les anticipations d’inflation tandis que l’envolée des cours des matières premières et la meilleure résistance de l’activité industrielle au regain de crise sanitaire ont fait le reste : ces deux derniers mois, l’indicateur Citi de surprise inflationniste est repassé en territoire positif pour la première fois depuis janvier 2019 et atteint aujourd’hui un plus haut depuis 2017.

Quel diagnostic porter sur ces observations ? L’accélération des prix aujourd’hui observée est-elle frictionnelle ou plus fondamentale et, à ce titre, prémonitoire ? C’est plus à une question de prix relatifs entre industrie et services que nous conduit notre diagnostic à ce stade.

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L’inflation européenne rebondit avant même les effets de base

Le CPI en zone euro ressort en hausse de 0,9 % en glissement annuel en janvier, après -0,3 % en décembre, avec un sous-jacent à +1,4 %, un plus haut depuis octobre 2015. Les prix des biens affichent une augmentation sur 12 mois de 1,4 %, après -0,5 % sur fonds de report des soldes, notamment en France. Quant aux services, ils sont eux aussi en forte accélération, à 1,5 % après 0,7 %. Bien que le calendrier français ou le retour à la normale des taxes allemandes constituent des déterminants puissants à ce changement de rythme, l’accélération de l’inflation n’est pas circonscrite à ces pays. Les conditions actuelles ne permettent cependant pas pour l’instant pas de conclure à une rupture brutale du contexte inflationniste.

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PIB européen : un peu meilleur que prévu en 2020, un peu moins bon en 2021…

Le PIB de la zone euro se sera finalement contracté de 6,8 % en moyenne l’an dernier. C’est moins mauvais que généralement attendu grâce à une fin d’année moins pénalisée qu’initialement prévu par le regain de l’épidémie. Au quatrième trimestre, la baisse du PIB n’a été que de 0,7 %, en effet, à raison de 2 % de repli en Italie, 1,3 % en France et d’une légère croissance de 0,1 % en Allemagne et de 0,4 % en Espagne et au Portugal. En fin d’année dernière, l’acquis de croissance pour 2021 est de 2,1 %, ce qui devrait permettre de sauver les meubles cette année. Parviendra-t-on aux 3,9 % attendu par la BCE sur l’ensemble de l’année ?

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Chute des ventes de détail allemandes avant même la hausse de la TVA

En décembre les ventes de détail allemandes ont chuté de près de 10 %. Il s’agit de la plus forte baisse mensuelle depuis plus de 60 ans. Les ventes de détail avaient rapidement récupéré de la crise du premier semestre grâce aux mesures de soutien gouvernemental, en particulier la baisse de la TVA de 19 % à 16 %. Fin novembre, elles affichaient une progression de 8 % sur un an, une exception par rapport aux autres indicateurs. Bien que la dégradation des conditions sanitaires laissât supposer un mois de décembre un peu moins bon, l’effet « TVA réduite » devait encore soutenir les achats de biens des ménages. C’est, au vu de ces chiffres, les effets de l’épidémie qui l’ont largement emporté, et les ventes de détail allemandes terminent l’année en recul de 1 % par rapport à décembre 2019.

 

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La consommation américaine sur la pente descendante

Alors qu’environ la moitié des grands secteurs américains a retrouvé des niveaux de consommation similaires à ceux de l’an dernier, l’après rattrapage semble bien difficile, avec un recul un peu partout, pour des dépenses totales en baisse de 0,6 % en termes réels en décembre. Si cette information ne modifie à priori pas les estimations de PIB publiées hier, ce recul, le deuxième consécutif, n’est pas de meilleur augure pour démarrer l’année 2021. Surtout, certains secteurs s’enfoncent encore un peu plus dans la crise, à l’exemple de l’hôtellerie, avec un niveau de consommation inférieur de plus de moitié à celui de décembre 2019.

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Les PIB européens, un relatif satisfecit quant à la gestion de crise, reste le plus dur

Les PIB allemand et espagnol ressortent en très légère hausse, de respectivement 0,1 % et 0,4 % au quatrième trimestre. Le PIB français recule, mais dans des proportions bien plus réduites qu’envisagé en début de période : -1,3 %, quand l’INSEE prévoyait une chute de 4 % et que les premiers temps du confinement de novembre faisaient redouter un choc plus marqué encore. A l’heure où la perspective d’un troisième confinement généralisé se fait de plus en plus menaçante, ces résultats sont donc quelque peu réconfortants : contrairement au premier semestre, la gestion plus fine des restrictions sanitaires a porté ses fruits et le « stop & go » des politiques publiques, bien que particulièrement mal vécu, a permis de limiter la casse économique. Plusieurs bémols à cette première réaction, néanmoins, dont :

  • Si la chute de la mobilité en France ne s’est pas traduite avec une ampleur similaire à celle du premier semestre sur le PIB, la consommation, elle, en a tout de même été la principale victime, avec nouvelle contraction d’ampleur en fin d’année
  • Les dégâts sectoriels restent immenses et hautement préoccupants pour ce qui concerne la plupart des activités tertiaires, en particulier en Espagne. Leur remise à niveau conditionnera les perspectives de sortie de crise.

 

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