Retour à la case départ pour les marchés

Voilà qui est fait. Les investisseurs n’ont pas attendu la confirmation d’un accord entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël pour saluer le cessez-le-feu par de nouveaux records boursiers. L’indice phare de la bourse de New-York, le S&P 500, a terminé la séance de mercredi à un niveau supérieur à ses records de janvier-février. Les stratèges nous l’avaient bien dit : « depuis cinquante ans, toute chute des bourses liée aux épisodes de guerre a systématiquement donné lieu à un rattrapage à peu près aussi rapide que la correction ». Dont acte. Les économistes n’ont qu’à manger leur chapeau, guerre ou pas, les actions montent, c’est presque dans l’ordre de choses…

Des cours du baril quasiment deux fois plus élevés qu’avant le conflit n’ont donc aucune importance ? Nous avons tenté de débroussailler cette question, et la réponse est, effectivement, presque affirmative… à quelques détails ou conditions près qui pourraient faire toute la différence, sinon pour l’appétit immédiat des investisseurs pour le risque, du moins pour la formation ou l’amplification des déséquilibres d’un peu plus long terme.

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Activité résiliente, regain d’inflation et amélioration des profits en Chine

En Chine, les indicateurs du climat des affaires se sont améliorés en mars pour chacun des grands secteurs d’activité, industrie manufacturière en tête, avec une progression de l’indice synthétique à 50,4 points, son plus haut niveau depuis un an. Les retours en provenance de la construction sont également en amélioration, de même que ceux des services. Si les détails dans ce dernier cas sont moins flatteurs, avec des replis des commandes, des perspectives et de l’emploi qui rendent quelque peu suspecte la hausse de l’indice synthétique, ceux en provenance de l’industrie sont plus convaincants, portés par une amélioration des commandes cohérente avec les données de commerce extérieur du mois de février. A ce stade, le conflit en Iran n’a donc pas d’effets patents sur l’industrie chinoise .

Les changements sont plus notables en matière de prix au sujet desquels industriels et professionnels du tertiaire témoignent d’un regain de tensions généralisé. Déjà enclenché avant l’envolée des prix internationaux des hydrocarbures, la tendance s’est nettement accélérée en mars sous la double impulsion d’une hausse des prix des entrants et des prix de vente. L’opinion sur les prix à la production de l’enquête PMI du NBS a retrouvé en mars son plus haut niveau depuis le printemps 2022.

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L’inflation à 1,9 % en zone euro… La BCE en position inconfortable

Révisée à 1,9 % au lieu de 2 % en première estimation, l’inflation de la zone euro est maintenant en-dessous de l’objectif officiel. Plus encore, de plus en plus d’économies, parmi lesquelles la France, l’Italie et la Finlande affichent des résultats nettement inférieurs à ce dernier. La BCE a beau dire, elle pourrra difficilement maintenir le cap du statu quo très longtemps si les tendances en place se poursuivent, alors que les risques d’une nouvelle guerre commerciale refont surface et que la Fed, de son côté, a bel et bien relancé ses interventions quantitatives. Alors, faut-il se préparer à de nouvelles baisses des taux de la BCE, voire davantage ? La question revient en ligne de mire.

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Inflation américaine en nette baisse, BCE confortable ; l’euro se cherche

L’inflation américaine a fortement reculé en novembre, à respectivement 2,7 % et 2,6 % pour l’indice total et sous-jacent contre 3 % pour chacune de ces deux mesures en septembre. Malgré l’absence de données pour le mois d’octobre, le message est clair : les pressions inflationnistes se sont nettement dissipées ces derniers mois, davantage en l’occurrence que ce qu’envisageait le FOMC. La conséquence immédiate de cette publication est de mettre la Fed en porte-à-faux, quoi qu’il en soit des risques et de l’incertitude sur les tendances à plus long terme des prix. Les taux à deux ans sont retombés à leur plus bas niveau de l’année, à 3,45 %. Comme c’était déjà la conclusion après les données sur l’emploi du début de semaine, la perspective de baisses plus importantes des Fed Funds que ne l’envisage le FOMC gagne en probabilité.

Dans le même temps, la décision de la BCE de maintenir ses taux d’intérêt inchangés a été confirmée, tandis que la mise à jour des prévisions de croissance a conduit à des révisions à la hausse pour 2025 et les années suivantes…

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Perspectives 2026 : grandeur et démesure des capex

Les promesses d’investissement pharaoniques des entreprises de l’innovation viennent s’ajouter aux programmes de développement énergétiques et militaires, déjà, de grande ampleur à travers le monde.

Bonne nouvelle s’il en est, après des années de disette d’investissement et de productivité, nous interrogeons, néanmoins, les limites que posent ces développements sur l’évolution des conditions de financement et les risques associés pour les perspectives macroéconomiques et financières de 2026

  • Notre scénario de croissance révisé en légère hausse
  • Le mix capex, réforme fiscale et matières premières accentue les tensions à la hausse des taux longs dès le printemps

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Nouveau paradigme : les mauvais chiffres américains enflent les matières premières

Les données de l’ADP du mois de novembre sont, incontestablement, mauvaises, avec 32K destructions de postes concentrées dans les petites entreprises, dont tout donne à penser qu’elles décrochent ou, du moins, que le shutdown leur a fait beaucoup de mal. Encore une fois, les postes créés le sont pour l’essentiel dans les entreprises de plus de 500 salariés, même si ce mois-ci les établissements de plus de 50 salariés ont été plus actifs que le précédent. L’aggravation de la situation des PME n’est pas de nature à rassurer les membres de la Fed, laquelle voit potentiellement, avec de telles tendances, son carquois se remplir de flèches.

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L’Allemagne, l’épine dans le pied de l’inflation de la zone euro

En première estimation, l’inflation de la zone euro du mois de novembre est ressortie à 2,2 %, légèrement supérieure aux 2,1 % du mois précédent, sous l’effet d’une accélération d’autant du taux d’inflation des services, de 3,4 % à 3,5 %. Les autres composantes ont peu ou pas évolué et s’annulent pour l’essentiel entre la moindre baisse des prix de l’énergie, de -0,9 % à -0,5 % et la légère décélération des prix des biens à 0,6 %, pour une inflation sous-jacente inchangée, à 2,4 %. Pas grand-chose à dire, donc, sur ce rapport, sinon que la décélération de l’inflation s’est interrompue depuis le début de l’année, en particulier du fait du rôle spécifique de l’Allemagne, seule parmi les grands pays de la région à enregistrer une hausse significative de son taux d’inflation harmonisé le mois dernier, de 2,3 % à 2,6 %, à l’origine de la remontée de l’ensemble de la région.

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Les « Dragons » d’Asie prêts pour un grand retour

Avant que la Chine n’entre dans l’OMC au début du siècle, il y avait les « Tigres » ou « Dragons » d’Asie, un groupe de quatre pays du Sud-Est asiatique, composé de la Corée du Sud, de Singapour, Hong-Kong et Taïwan, auxquels se sont ajoutées la Thaïlande et la Malaisie, alors regroupés sous le vocable de Nouveaux Pays Industrialisés d’Asie (NPIA). Pionnières de la mondialisation, ces économies ont connu leur heure de gloire dans les années soixante-dix à quatre-vingt-dix, jusqu’à la crise de surinvestissement de 1998 et avant la montée en puissance de l’économie chinoise. Leur réussite, assise sur le modèle d’un développement à l’exportation, a largement inspiré les politiques mondiales d’ouverture des frontières des années quatre-vingt-dix et la stratégie de l’Empire du Milieu.
Les performances de la Chine ont, depuis, largement occulté ces petits pays, considérés comme des satellites économiques de la Chine, à l’égard de laquelle leur dépendance s’est considérablement accrue ces vingt dernières années. Plus récemment, le Vietnam, a pu paraître leur voler la primeur, avant que les déboires de l’économie chinoise ne les entrainent sur la voie de nouvelles difficultés, souvent aggravées par des crises politiques, domestiques ou régionales, récurrentes. La politique protectionniste de D. Trump a, alors, pris l’allure d’un coup de grâce. Toujours très dépendantes de leurs exportations à destination des Etats-Unis, ces économies étaient en première ligne du « Liberation Day », victimes directes des droits de douanes annoncés, en même temps que victimes collatérales de la guerre commerciale sino-américaine qui se profilait. Difficile d’imaginer à ce moment-là quelle issue favorable pourrait se présenter pour ces feus puissances à l’exportation.
Les perspectives pourraient, pourtant, redevenir plus porteuses pour ce groupe de pays qui disposent pour la plupart d’un leadership incontestable dans les domaines technologiques, qui semble déjà jouer en leur faveur et pourrait en faire de grands gagnants incontournables de la course à l’innovation en présence.

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