Les bénéfices européens d’une élection de Biden : entre rêves et réalité

Rebond des bourses, envolée de l’euro, écrasement des taux souverains… Les marchés européens se réjouissent de la perspective d’une élection de J. Biden à la tête des Etats-Unis, au point d’avoir fait de la zone euro la principale bénéficiaire du sursaut de confiance des bourses mondiales au cours de la semaine écoulée. Il y a certainement de bonnes raisons d’imaginer qu’une accession de J. Biden à la présidence américaine soit plus favorable que celle de son rival pour l’économie mondiale. Le cas de figure où l’Europe tirerait un bénéfice particulier d’une victoire du démocrate est également assez défendable, ceci néanmoins sous certaines conditions, parmi lesquelles :

  • La capacité de J. Biden à appliquer les points-clés de son programme, ce qui dépendra pour beaucoup du confort de la majorité démocrate au Congrès.
  • La capacité de l’Europe à suivre la voie du nouveau cap de la politique économique américaine, en matière d’investissement notamment.

En d’autres termes, les bonnes nouvelles ne tomberont pas du ciel et briser le plafond de verre qui plafonne au-dessus des indices européens depuis le mois de juin pourrait se révéler plus difficile que suggéré ces derniers jours.

 

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Allemagne : il faudra attendre novembre pour mesurer l’ampleur du retournement

Après un mois d’août décevant, la production manufacturière allemande a rebondi de 2 % en septembre, grâce au soutien du matériel de transport. La production est cependant loin d’avoir comblé son retard du premier semestre. L’activité industrielle est encore inférieure de 7,2 % à son niveau de septembre 2019 et de 8,5 % pour le seul secteur manufacturier. Or, la situation ne va sans doute pas s’améliorer sous peu. Si octobre semble en mesure de résister aux conséquences de la crise sanitaire, la fin d’année s’annonce d’ores et déjà en repli et l’acquis de croissance trimestrielle, à zéro fin septembre, n’aidera pas.

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Non, l’été n’a pas été une période de forte croissance ! Tout ou presque s’est fait avant…

L’analyse qui sera faite des comptes nationaux du troisième trimestre a tout lieu d’être très influente sur l’interprétation des impacts de la crise sanitaire, l’appréciation de notre capacité à en surmonter les effets ou à faire face au regain d’épidémie. L’exercice n’est cependant pas des plus faciles et les pièges sont nombreux. Les premières estimations de PIB publiées ce matin ont systématiquement dépassé les attentes. Entre le deuxième et le troisième trimestre, la croissance se serait élevée à 18,2 % en France, 8,2 % en Allemagne, 16,1 % et 16,7 % respectivement en Italie et en Espagne. La première réaction à la lecture de ces données est, naturellement, que la saison estivale a été très dynamique, constat plutôt rassurant sur l’état de la conjoncture et, le cas échéant, notre capacité à aborder une nouvelle période difficile. C’est pourtant une toute autre histoire que suggère l’analyse détaillée des données de la période estivale, en particulier de leurs sous-jacents mensuels. Ces derniers décrivent pour la plupart un été particulièrement pauvre en croissance, après des phénomènes de rattrapage concentrés entre mai et juin dont l’effet est de rendre le troisième trimestre bien trompeur.

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+33 % pour le PIB américain ; D. Trump exulte mais la messe est loin d’être dite…

Après une chute inédite de 31,4 % au deuxième trimestre, le produit intérieur brut réel américain a rebondi de 33,1 % en rythme annualisé au troisième, soit une hausse de 7,4 % après une contraction de 9 % dans la version non annualisée. Le résultat ne constitue pas une surprise, la FED d’Atlanta a prévu depuis près d’un mois un résultat de plus de 35 % et les données européennes attendues seront, a priori, plus spectaculaires encore ; du même acabit en Allemagne et potentiellement deux fois plus élevées en France, selon l’INSEE. Après une paralysie comme celle du deuxième trimestre, un tel rattrapage n’est guère surprenant et a plus à voir avec des effets techniques qu’il ne nous renseigne sur l’état de la conjoncture. Le président américain ne s’embarrassera pas de ces considérations et l’on peut s’attendre à ce qu’il brandisse ce résultat comme la preuve de sa réussite. Attention à ne pas tomber dans le panneau : même après cette performance, le déficit de croissance est encore de plus de 5 % par rapport à sa tendance d’avant crise. Si cela peut paraître relativement faible au regard du chemin parcouru ces trois derniers mois, cet écart pourrait mettre du temps à être comblé. On se rappelle que malgré la mobilisation de moyens exceptionnels tant du côté budgétaire que monétaire, l’économie américaine n’a jamais retrouvé la tendance qu’elle avait avant la crise de 2008. Pour combler le déficit actuel il lui faudrait en l’occurrence parvenir à renouer avec un rythme de croissance bien supérieur à celui des quatre dernières années à l’avenir…

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Win-win, so far : la BCE parvient à rassurer les marchés tout en faisant dévisser l’euro !

Comme généralement anticipé, la BCE ne modifie pas sa politique face à la dégradation de la situation sanitaire et attendra la mise à jour du scénario macroéconomique de décembre pour « recalibrer ses outils d’intervention de manière appropriée ». Le ton du communiqué se veut clairement rassurant sur la nécessité de maintenir un ample degré de liquidités, l’utilisation flexible des outils à sa disposition et la possibilité de mobiliser davantage de moyens à partir du mois de décembre dans un environnement économique décrit comme particulièrement fragile. Madame Lagarde semble avoir réussi à rassurer malgré une intervention particulièrement « bearish » sur la situation conjoncturelle et l’absence de nouvelles mesures immédiates de soutien. Le succès n’était pas garanti ainsi que l’ont montré les premières réactions des marchés à sa conférence de presse. La perception a changé néanmoins suite aux demandes récurrentes de précisions sur les changements à venir qui ont offert l’occasion à la présidente de la BCE de donner tout leur poids aux termes précis du communiqué.

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Les marchés voient la reflation, le Covid répand la déflation et les défensives sont chères…

Le contraste entre les sous-jacents des marchés et la réalité sanitaire s’est singulièrement accentué ces dernières semaines. A la veille de l’annonce supposée d’un accord entre républicains et démocrates américains, la tentation reflationniste s’accroît sur les premiers et les valeurs cycliques seraient dans les starting blocks selon certains. De son côté l’épidémie connaît un nouvel élan et menace de jour en jour d’imposer plus de limitations à la vie économique mondiale. Malgré l’embellie de ces derniers mois, les entreprises n’ont guère trouvé de quoi restaurer leur pricing power, bien au contraire à en juger par les enquêtes les plus récentes. Or, la persistance de la crise sanitaire ne plaide guère en faveur d’une amélioration rapide sur ce front.

Le plan de soutien américain peut-il contrer ces tendances à lui seul ? Le pari n’est pas gagné et les déconvenues du côté des cycliques pourraient ne pas tarder. Reste que les défensives ne sont pas bon marché et que leur médiocre performance récente interroge sur leur capacité à prendre le relais…

 

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Envolée du PIB allemand au troisième trimestre, puis rechute ?

Après un très net rebond du PIB au troisième trimestre, attendu en hausse de 7,3 % en fin de semaine, l’activité allemande semble avoir résisté en octobre. Les résultats de l’enquête IFO sur la situation courante restent très bien orientés en effet, notamment soutenus par une vigoureuse hausse du sentiment industriel et un léger mieux dans le commerce de détail, qui permettent à l’indicateur de retournement conjoncturel de se maintenir en zone d’expansion. Les retours de l’enquête de ce matin sont nettement moins favorables s’agissant des mois à venir, avec, partout, une nette détérioration des perspectives, d’ores et déjà retombées en territoire légèrement négatif dans les services et à nouveau très faibles dans le commerce de détail. Manifestement la situation sanitaire pèse déjà sur le moral des professionnels allemands, lesquels risquent fort d’être confrontés à une nouvelle récession au quatrième trimestre.

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Sans surprise, le risque de récession repointe son nez en France

Après s’être lentement repris, sans toutefois retrouver sa moyenne de long terme, le climat des affaires français retombe en octobre. L’indicateur composite de l’INSEE perd deux points, pour revenir à 90, son niveau du mois d’août. Particulièrement impactés par les nouvelles restrictions liées au retour de l’épidémie, les services expliquent une bonne part de ce recul. La situation n’est guère encourageante cependant dans l’industrie dans laquelle la reprise des secteurs-clés marque clairement le pas.

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