Nouvelle accélération de l’inflation, la position de Mme Lagarde devient intenable

Autant dire que ce chiffre tombe mal, à la veille du Comité de politique monétaire de la BCE. Alors que le retournement des effets de base était censé autoriser un repli de l’inflation dès janvier en zone euro, celle-ci a de nouveau gagné du terrain : à 5,1 %, soit deux dixièmes de plus qu’en décembre en dépit du ralentissement même marginal des résultats publiés en Allemagne, en France et en Espagne ces derniers jours. Ce mauvais chiffre provient d’ailleurs, en l’occurrence de presque tous les autres pays, dont ceux d’Europe de l’est, dans lesquels le regain des prix de l’énergie a eu une incidence plus importante.

À l’évidence, ces tendances vont à l’encontre de la position privilégiée par la BCE, en particulier par sa présidente, jusqu’alors. Il fait peu de doutes que face à de tels résultats, Mme Lagarde ne sera plus en position de force pour faire prévaloir son diagnostic. Les nuances auxquelles on pouvait s’attendre dans son communiqué de demain pourraient, dès lors, prendre un tour nettement plus restrictif. La BCE ira-t-elle jusqu’à valider les anticipations d’une remontée des taux dès avant la fin de l’année ? L’hypothèse, déjà discrètement insinuée dans le dernier communiqué, semble aujourd’hui de moins en moins exclue.

 

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L’industrie, facteur de différenciation persistant, L’inflation résiste en zone euro

Après un sursaut en fin d’année, surtout lié à une meilleure fluidité en matière d’approvisionnement, et au mini rattrapage qui s’en est suivi dans l’automobile, les informations du jour confirment un essoufflement du rebond manufacturier. Principale explication aux écarts de performance entre les principaux pays l’an dernier, l’importance relative de l’industrie reste un facteur hautement discriminant qui risque de peser sur l’activité des pays les plus exposés en début d’année.

À la veille de la réunion de la BCE, l’inflation allemande a moins reculé que prévu en janvier, mois durant lequel l’indice des prix a continué de progresser de 0,4 % par rapport à décembre, soit une hausse de 4,9% sur douze mois. En Espagne, enfin, l’inflation  passe de 6,6 % à 6 %,  mais la composante sous-jacente augmente, de son côté, de 2,1 % à 2,4 %.

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Sauf en Allemagne, la croissance a bien résisté en fin d’année dernière

Au quatrième trimestre, la France affiche une hausse de son PIB de 0,7 % qui, combinée aux révisions d’un dixième des trimestres précédents, porte la croissance sur l’ensemble de 2021 à 7 %. L’Espagne fait mieux sur les trois derniers mois de l’année, avec une hausse de 2 % de son PIB. La forte révision du troisième trimestre permet là aussi une croissance annuelle un peu meilleure que prévu, de 5 %. Quant à l’Allemagne, la hausse de 2,8 % sur l’ensemble de 2021 cache une baisse de 0,7 % en fin d’année, sous l’effet, notamment, d’une plus faible mobilité. En termes de rattrapage, la France garde donc largement une position de tête par rapport à ses deux voisins : le PIB hexagonal est supérieur de 0,8 % à celui d’avant crise, alors qu’il est en retard de plus de 4 % en Espagne et de 1,5 % en Allemagne.

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Croissance américaine : merci les stocks !

Au dernier trimestre de l’année dernière, la croissance du PIB américain est ressortie à 6,9 % en rythme annualisé, selon l’estimation préliminaire ; l’équivalent de 1,7 % en données non annualisées. Bien que supérieur de plus d’un point aux attentes, ce résultat est loin d’être de qualité : l’accumulation des stocks explique à elle seule, en effet, plus des deux tiers de la hausse du PIB, à hauteur de 4,9 points, après 2,2 points au troisième trimestre, quand le PIB s’était accru de 2,3 % r.a.. Si ce phénomène n’est pas anormal compte-tenu de la réduction des stocks en 2020, il camoufle une anémie des autres composantes du PIB incontestablement problématique au moment où la FED s’apprête à durcir sa politique monétaire et où, simultanément, la flambée des prix confisque de plus en plus de pouvoir d’achat. Selon les premières estimations, le revenu réel des ménages aurait été amputé de 5,8 % r.a. au quatrième trimestre, après, déjà, 4,3 % au troisième. L’effet des plans de soutien a, donc, disparu : sur un an, le pouvoir d’achat s’inscrit en repli de 0,3 %. Ces données, sur fond de contraintes sanitaires persistantes et de renchérissement du pétrole ne sont, à l’évidence, pas les meilleures pour ouvrir une période de hausse des taux directeurs sans accroître significativement le risque sur les perspectives économiques.

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Jusqu’où la FED devrait-elle durcir le ton pour casser la spéculation pétrolière ?

Sans doute n’est-ce pas en ces termes que J. Powell se pose la question de l’action la plus appropriée qu’il doit entreprendre. Il s’agit pourtant bien d’un sujet-clé. Car, si la FED ne parvient pas à casser la surenchère pétrolière et, dans son sillage, celle de la plupart des matières premières, son aptitude à contrer l’inflation risque fort d’être considérablement réduite. Vu sous cet angle, le choix de relever le niveau de ses taux d’intérêt pourrait paraître bien moins approprié que celui d’agir sur son bilan.

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Les PMI américains au plus bas depuis juillet 2020

Les climats des affaires américains se replient très franchement en janvier selon Markit, avec un composite qui passe de 57 à 50,8 soit son plus bas niveau depuis la sortie de la première vague. Bien plus significative que les variations européennes, cette baisse est, qui plus est, causée à la fois par le secteur tertiaire et par le secteur manufacturier, tous deux confrontés à des problématiques d’offre. Celles-ci concernent, par ailleurs, à la fois les intrants et la main d’œuvre, pénalisés par les difficultés d’approvisionnement et la propagation d’Omicron. Les seules bonnes nouvelles concernent, selon le compte rendu de Markit, les prix, notamment des intrants, dont les indicateurs ralentissent. Autrement dit, un déblocage rapide de la situation sanitaire pourrait alléger les pressions sur l’économie américaine. Pour l’heure, cependant, l’année commence franchement  mal.

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Omicron fait reculer les PMI, sauf en Allemagne grâce aux effets de base

Les restrictions consécutives à la propagation du variant Omicron ont causé un reflux des PMI dans les services, synonyme de ralentissement de l’ensemble de l’économie, peu importe, la relative bonne tenue de l’industrie. Les indicateurs composites japonais, français et britanniques ont, ainsi, reculé de respectivement 4, 3 et, plus anecdotiquement, 0,2 points. Dans un tel contexte, le rebond de plus de 4 points de l’indicateur allemand interpelle. L’Allemagne serait-elle dans une situation plus favorable, profitant déjà de l’allègement de contraintes qui avaient été plus précoces et plus sévères qu’ailleurs à la fin de l’année dernière ? La réponse n’est assurément pas celle-ci. Cet écart tient avant tout, en effet, à la comparaison favorable avec janvier 2021 ; période qui correspondait à la troisième vague d’épidémie et avait conduit le pays à des mesures beaucoup plus drastiques qu’ailleurs, notamment en France. Les PMI ont cette particularité d’être surtout le reflet de la variation annuelle du contexte conjoncturel et de très peu renseigner sur son évolution au mois le mois. Dit autrement, ne nous attendons pas à une amélioration de l’activité allemande en janvier, tout du moins pas en comparaison de la fin 2021.

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Omicron ou inflation ? Les réponses des ventes britanniques

Les précédentes vagues de covid ont été marquées par une baisse de la consommation du fait des restrictions sanitaires. Jusqu’ici, rien de nouveau et, en ce sens, la contraction de 3,6 % des ventes de détail mensuelle en volume au Royaume-Uni ne surprend guère. L’analyse des données américaines de la semaine dernière pointait cependant vers un autre responsable de la dégradation des dépenses au mois de décembre, en l’occurrence les pertes de pouvoir d’achat. Une telle distinction est, bien sûr, loin d’être anodine, car si la vague Omicron ne permet pas d’expliquer les déceptions sur la consommation, alors la dissipation des mesures de restrictions sanitaires n’a pas lieu de laisser place à un rattrapage des dépenses aussi important qu’à l’occasion des précédentes phases de réouverture. Le scénario de croissance se  trouverait donc impacté par le regain d’inflation. Que nous disent les données britanniques ?

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