

Le premier trimestre aura été celui d’une progression régulière de la production industrielle américaine, avec une hausse de 0,9 % en mars, comme en février. Par rapport aux trois mois précédents, la hausse observée est d’un peu plus de 2 %. Pour sa seule composante manufacturière, elle décélère légèrement, de 1,2 % en février à 0,9 % en mars. Toujours est-il que les évolutions internationales n’ont pour l’heure pas beaucoup de conséquences sur l’activité industrielle, qui affiche ses plus hauts volumes de production depuis presque 15 ans.
Contrairement à l’Europe, la majorité des secteurs a retrouvé ses niveaux d’avant crise voire les a, parfois largement, dépassés. De même, entre mars et février, seule la production de métaux primaires a légèrement reculé. A noter, enfin, la très forte hausse de la production automobile, de presque 8 %, qui atteint son plus haut niveau depuis janvier 2021.

Aux Etats-Unis, les ventes de détail à prix courants progressent, en mars, pour le deuxième mois consécutif, de 0,5 % après 0,8 %, et retrouvent la tendance haussière initiée à la mi 2021, uniquement contrariée par la forte baisse de janvier. Cette satisfaction passée, on rappellera que ces données ne sont pas corrigées de la hausse des prix et révèlent surtout l’accélération de ces derniers. La consommation des ménages à prix constant n’a été que de 0,2 % en février et la hausse des prix de 1,2 % en mars risque bien d’avoir absorbé , encore une fois, tout ou partie de celle des achats nominaux.

Première constatation à la lecture des chiffres d’inflation aux Etats-Unis : celle-ci augmente encore en mars, sans surprise, à +8,5 %, soit 0,6 point de plus qu’en février. Parmi les postes considérés, en revanche, l’inflation sous-jacente reste, à peu près, la même qu’en février, à 6,5 % contre 6,4 %, avec, même, un léger ralentissement pour les biens. C’est de l’alimentaire, qui gagne encore un point à 8,8 % et surtout de l’énergie, qui passe de 25,6 % à 32 %, que provient donc la nouvelle accélération constatée le mois dernier. Cette dernière, qui est un peu moins forte que prévu, a par ailleurs permis un reflux des rendements des obligations d’état outre-Atlantique.

Les résultats de l’enquête ZEW continuent de se dégrader en avril, avec un recul de deux points des perspectives, à -41, et une baisse de presque dix points de l’indicateur sur la situation courante, à -30,8. Déjà en zone de récession le mois précédent, la moyenne de ces deux indicateurs y reste, donc, en avril. Quant au détail sectoriel, il dresse le tableau d’une conjoncture très fortement impactée dans l’ensemble de l’industrie, automobile en tête mais de moins en moins isolée. Les secteurs plus domestiques, comme la banque, l’assurance ou le commerce de détail, limitent, pour l’heure, la casse.

Les membres de la FED ont suffisamment préparé le terrain ces derniers jours pour que le contenu des minutes du dernier FOMC ne prenne pas les marchés par surprise : outre l’intention confirmée d’accélérer le rythme des hausses des Fed funds, sujet sur lequel ce compte-rendu n’offre pas plus que la communication post-FOMC de J. Powell qui laissait déjà entendre de possibles mouvements de 50 points de base, les minutes donnent des précisions sur l’exercice de réduction de son bilan. Celui-ci, passera, comme annoncé, par une réduction des réinvestissements, dont l’ampleur est maintenant précisée : elle atteindrait 95 mds par mois, à raison de 60 mds pour les Treasuries et 35 mds pour les MBS (titres adossés à des créances immobilières), avec un probable début dès le prochain FOMC, des 3 et 4 mai. Le rythme de réduction de son bilan serait, ainsi, près de deux fois plus rapide que celui de l’exercice 2017-2018.

La production industrielle française se replie de 0,9 % en février, avec une baisse de 0,5 % de sa composante manufacturière. Ce reflux intervient après une hausse de respectivement 1,8 % et 2,2 %. Du détail de ces chiffres il faut retenir :

Les données des grands pays européens nous avaient déjà mis sur la voie : l’inflation en zone euro atteint 7,5 % en mars, contre 5,9 % en février. Sur un mois, les prix ont augmenté de 2,5 %, un record absolu, depuis les débuts de la série en 1980, du fait de la flambée des coûts énergétiques. La partie sous-jacente de l’indice hors alimentation et énergie n’augmente que de 1,2% sur le mois, une hausse conforme à ce qui est généralement observé en cette période de l’année et l’inflation sous-jacente ne dépasse pas 3 %. A l’exception de la Slovénie, tous les pays ont enregistré une inflation plus forte en mars qu’en février et sept d’entre eux rapportent aujourd’hui une inflation supérieure à 9 %. A contrario, seule Malte affiche une hausse annuelle des prix harmonisée inférieure à 5 % (la France affichant une inflation « INSEE » inférieure à l’inflation publiée par Eurostat).
