Les effets de la guerre ne se font pas attendre : l’inflation explose en zone euro

Les données des grands pays européens nous avaient déjà mis sur la voie : l’inflation en zone euro atteint 7,5 % en mars, contre 5,9 % en février. Sur un mois, les prix ont augmenté de 2,5 %, un record absolu, depuis les débuts de la série en 1980, du fait de la flambée des coûts énergétiques. La partie sous-jacente de l’indice hors alimentation et énergie n’augmente que de 1,2% sur le mois, une hausse conforme à ce qui est généralement observé en cette période de l’année et l’inflation sous-jacente ne dépasse pas 3 %. A l’exception de la Slovénie, tous les pays ont enregistré une inflation plus forte en mars qu’en février et sept d’entre eux rapportent aujourd’hui une inflation supérieure à 9 %. A contrario, seule Malte affiche une hausse annuelle des prix harmonisée inférieure à 5 % (la France affichant une inflation « INSEE » inférieure à l’inflation publiée par Eurostat).

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

La chute du pouvoir d’achat menace la France de récession au deuxième trimestre

Les derniers points de conjoncture de l’INSEE et de la Banque de France anticipaient une légère hausse du PIB, entre 0,3 % et 0,5 % au premier trimestre. Les mauvaises données de consommation de biens des deux premiers mois ne remettent pas forcément en cause ce diagnostic, dont la véracité dépendra surtout des dépenses dans les services. Elles n’en constituent pas moins une alerte : la consommation des ménages en biens a progressé de seulement 0,8 % en février, ce qui lui permet à peine de compenser la révision à la baisse du très mauvais mois de janvier (-2 % après -1,5 %). L’acquis de consommation de biens est donc de -1,2 %, inférieur à celui des ventes de détail allemandes, -0,9 % pour une hausse mensuelle de 0,7 % en février. Au total, la consommation en biens semble donc décroître, ou du moins stagner à des niveaux inférieurs à ceux d’avant crise.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Envolée de l’inflation et des perspectives de prix, les anticipations sur la BCE s’emballent

L’inflation européenne était promise à flamber en mars, c’est effectivement le cas. L’indice des prix à la consommation allemand a augmenté de 2,5 % en mars par rapport à février, un record de hausse mensuelle depuis presque 70 ans. L’inflation annuelle passe ainsi de 5,1 % en février, à 7,3 %, du jamais vu depuis le tout début des années 1980. En Espagne, ce même taux est ressorti à 9,8 %, en accélération de deux points par rapport au mois dernier. Le bas niveau relatif des taxes sur l’énergie expose, en effet, la péninsule à une plus grande sensibilité aux variations des prix du pétrole ; la hausse annuelle des prix sous-jacents n’y est que de 3,4 %. Au vu de ces seules données, l’inflation en zone euro a toutes les chances d’excéder 7 % en mars, voire d’approcher 8 % selon, notamment, la contribution par les pays de l’Est. Par ailleurs, les retours de l’enquête de la Commission européenne de ce matin indiquent des perspectives de hausses de prix généralisées, y compris dans les secteurs abrités des services, encore soutenus par le regain d’activité post-Omicron. De quoi, assurément inquiéter la BCE et attiser les anticipations de hausses des taux qui s’emballent. Les taux à deux ans allemands ont définitivement franchi la barre de zéro, ceux du Bunds à 10 ans sont à 0,7 % et l’OAT à 1,13 %.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Les consommateurs français et allemands accusent le coup

En France comme en Allemagne, les consommateurs sont profondément affectés par les effets de la guerre russo-ukrainienne à en juger par les résultats des enquêtes INSEE et GFK de ce matin. La confiance des ménages recule ainsi très fortement. En France, l’indicateur total perd 6 points, une contraction comparable à celle de 7 points enregistrée en Allemagne. Dans les deux cas, la confiance retombe sur les points bas du début d’année 2021, période marquée par une baisse du PIB allemand et une stagnation, après une baisse, en France. Après les climats des affaires publiés la semaine passée, il s’agit donc d’un nouveau signe d’un recul à venir du PIB, outre-Rhin et probablement dans l’Hexagone.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Plus proche du ZEW que des PMI, l’IFO allemand dévisse en mars

Sans surprise, si ce n’est peut-être sur l’étendue de la chute, le climat des affaires IFO allemand se replie lourdement en mars, sous l’effet d’un recul généralisé des perspectives. L’indicateur composite global passe, ainsi, de 98,5 à 90,8, son plus bas niveau depuis plus d’un an, tandis que sa composante avancée recule de plus de 13 points, à 85. L’IFO offre donc une première appréciation de l’effet du conflit russo-ukrainien sur l’économie allemande et celle-ci a de quoi inquiéter. Comme dans le cas du ZEW publié la semaine dernière, ces chiffres pointent clairement, en effet, vers une récession imminente ; pas forcément au premier trimestre (l’indice des conditions courantes ne perd qu’un point et demi), mais au moins au deuxième.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

La « bonne » blague des PMI de Markit !

« L’invasion de l’Ukraine par la Russie fait chuter la croissance de la zone euro et entraine une baisse des exportations ainsi qu’un fort repli de la confiance et une hausse record des prix ». Même les analystes de Markit évacuent les résultats de leurs indicateurs. Car, contrairement à cette phrase introductive du rapport sur la zone euro, la confiance mesurée par les PMI ne s’est pas effondrée mais a subi une pichenette d’un point en mars ; autrement dit, il ne s’est rien passé. En France, la situation économique se serait même améliorée et en Allemagne l’impact de la crise ukrainienne serait mineur. Le commentaire de Markit traduit, sans doute, un certain inconfort par rapport à de tels résultats et il y a de quoi.  Bref, inutile d’y passer plus de temps. Espérons juste que la BCE qui aime à faire référence à ces indicateurs dans ses commentaires prendra un peu de recul. L’enquête mensuelle de l’INSEE raconte une autre histoire, incontestablement plus convaincante et également plus en phase avec l’indicateur de confiance des ménages de la Commission européenne publié hier, lequel signale une récession imminente…

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Vers un zéro pointé pour la consommation américaine au premier trimestre

Conformément aux messages envoyés par l’Université du Michigan, l’inflation américaine est en train de balayer les espoirs de reprise de la consommation escomptés de l’amélioration du contexte sanitaire aux Etats-Unis. De fait, sinon enregistrer les hausses des prix, les ventes de détail, n’ont pas fait grand-chose en février. Leur progression n’a pas dépassé 0,3 % sur le mois ce qui, corrigé de la hausse de 0,8 % de l’indice des prix à la consommation sur la même période, correspondrait à une contraction de 0,5 % en termes réels. Hors essence et achats automobiles, leur variation nominale est d’ailleurs de -0,4 %. Certes, les données de janvier avaient été bien meilleures et ont, de plus, été révisées à la hausse, mais décembre avait été médiocre de sorte qu’en moyenne au cours des trois derniers mois, la hausse des ventes en volume n’aurait pas excédé 0,5 % en rythme annualisé. Alors que les dépenses de consommation ont bien peu de chances de rebondir en mars, au contraire de ce que feront sans doute les prix, la consommation trimestrielle semble bien partie pour afficher une croissance zéro au premier trimestre de l’année, avant même les effets à venir de l’impact du conflit ukrainien et des hausses des taux d’intérêt sur la croissance…

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Jusqu’où la FED est-elle prête à aller pour contrer l’inflation face au risque récessif ?

La FED, c’est presque acquis, devrait procéder à un relèvement des Fed Funds d’un quart de point à l’occasion du FOMC de ce mois-ci, dans une fourchette de 0,25% à 0,50 %. Son président, J. Powell, ayant écarté l’éventualité d’un mouvement de 50 point de base en début de mois, le risque d’une mauvaise surprise sur ce front est, a priori, relativement faible. C’est ailleurs que se situent, néanmoins, les risques, en particulier sur les annonces qui seront faites en matière d’évolution du bilan de la FED et sur les perspectives des membres du FOMC quant à l’évolution à venir des taux directeurs, les « Dot Plot ». Il est vraisemblable, en effet, que ces dernières subissent une nouvelle révision à la hausse, potentiellement substantielle, compte-tenu des développements récents sur le front de l’inflation et de la vision très optimistes que conservent certains membres du FOMC sur la conjoncture américaine. Les nuances qu’apportera J. Powell à ces projections lors de sa conférence de presse seront, de facto, essentielles pour éviter que les anticipations de marché ne s’emballent alors que, de leur côté, les signes avant-coureurs de récession et de stress financier ne cessent de se multiplier.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre