Mme Lagarde : « we are holding »

Le ton du communiqué de la BCE a préparé le terrain avant la conférence de sa présidente: ne laisser transparaître aucun élément susceptible de laisser place à la formation d’anticipations d’un possible assouplissement de la politique monétaire à venir. Cet objectif implique une posture bien calculée. Ainsi, au lieu de se satisfaire des résultats sur l’inflation, en forte baisse et amenée à suivre sa tendance des mots même de Mme Lagarde, cette dernière choisit d’insister sur son niveau encore trop élevé et sur la ferme intention de la BCE de la ramener à 2 %. Par ailleurs, plutôt que de souligner de quelconques préoccupations sur la croissance, dont elle reconnait, là encore, que la transmission monétaire jouant pleinement son rôle, les perspectives se détériorent, la présidente de la BCE préfère souligner l’effet supposé salvateur à venir de la baisse de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages…

Jusque là, le discours est assez aisé. Le degré de confort baisse, cependant, assez notablement lorsque Mme Lagarde commente les résultats de l’enquête BLS auprès des banques et le durcissement des conditions de crédit qui en ressort. Interrogée sur ce point, elle insiste : la transmission de la politique de la BCE est forte, en particulier dans le secteur bancaire, ce qui affecte le crédit, pas seulement du fait d’une réduction de la demande, mais parce que les banques referment le robinet. Les entreprises s’en ressentent et l’immobilier aussi.

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Stand-by tout court ou un brin dovish pour la BCE ?

En même temps qu’elle avait relevé ses taux directeurs à 4,25 % en septembre, la BCE avait clairement laissé entendre que cette dixième hausse du cycle entamé en juillet 2022 serait suivie d’une pause. Le niveau des taux et les mécanismes de transmission de la politique monétaire étaient jugés suffisamment restrictifs pour assurer un reflux de l’inflation vers l’objectif souhaité, quand bien même, à un horizon un peu plus lointain qu’envisagé en juin. Ce message, réconfortant, avait toutefois été accompagné d’un discours très vigilant visant principalement à prévenir la formation d’anticipations d’un possible assouplissement de sa politique, vouée à rester durablement restrictive.

Le repli de l’inflation et la détérioration des perspectives conjoncturelles observés depuis ont tout lieu d’avoir conforté son choix. La BCE pourrait donc se contenter de réitérer son message en attendant son prochain comité de décembre qui sera également l’occasion de publier la mise à jour de son scénario trimestriel. S’arrêtera-t-elle là ? La question se pose face aux inquiétudes que suscite le conflit israélo-palestinien et, peut-être plus encore, face à la rapide remontée des taux d’intérêt à long terme sur fond d’écartement des spreads intra-européens. De là à ce que la BCE infuse son discours de petites pointes plus colombes il n’y a qu’un pas que, sauf la fragilité de l’euro, elle pourrait être tentée de franchir au vu de la situation souveraine.

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Déprime générale des premiers PMI d’octobre

Le quatrième trimestre commence très mal pour la majorité des grandes économies développées. En Allemagne, le PMI composite est passé de 46,4 à 45,8. Le pays a été rejoint en zone de contraction par l’Australie et le Japon où l’indice composite perd 2 points, à 49,9, son plus bas niveau depuis près d’un an. L’indicateur français s’est légèrement repris mais reste le plus déprimé des pays sous revue, à 45,3. Enfin, le Royaume-Uni a stagné, à 48,6. De manière générale, ce sont les indices des services qui ont décroché tandis que les manufacturiers sont restés, partout, très affaiblis.

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Statu quo de la FED confirmé par J. Powell

Le président de la FED vient de confirmer sans ambage, l’évidence : la FED évoluera avec prudence en matière de taux d’intérêt dans un contexte hautement incertain où se cumulent les difficultés à lire les tendances de la conjoncture américaine et une montée des risques internationaux liés à la situation au Proche-Orient. Le discours ne surprend guère dans l’environnement en présence. Les marchés n’avaient d’ailleurs guère suivi les conclusions du dernier FOMC dans lequel la FED envisageait une nouvelle hausse des Fed Funds d’ici la fin de l’année, en dépit de données économiques plutôt solides et d’un certain nombre de déceptions sur l’inflation. Au dernier relevé, la probabilité d’une nouvelle remontée des Fed Funds n’atteignait pas 37 % et devrait s’écraser d’ici à au prochain comité de politique monétaire programmé à partir du 31 octobre. Quels effets aura cette communication sur les taux futurs est incertain. Si les rendements des T-Notes à deux ans ont plus de chances de se stabiliser, voire à légèrement refluer, après s’être nettement tendus depuis l’enclenchement du conflit israélo-palestinien, la réaction des taux à 10 ans est plus incertaine. Ces derniers intègrent de plus en plus de risques de long terme et se sont plutôt tendus après le discours du président de la FED, tout comme l’ont fait les cours du pétrole WTI et ceux de l’or. En l’absence de reflux suffisant des anticipations de long terme d’inflation, c’est effectivement le risque qu’encourent les marchés de taux, dans un contexte géopolitique, par ailleurs, plutôt propice à des tensions persistantes. La réaction positive des actions s’en trouve, de facto, limitée, face, par ailleurs, aux déceptions d’un certain nombre de publications de résultats des entreprises de ces derniers jours.

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CPI américain : la question immobilière reste le sujet

En septembre, l’inflation américaine s’est stabilisée à 3,7 %, avec, cependant, quelques surprises : une moindre hausse mensuelle qu’escompté des prix de l’énergie mais, en revanche, un regain de tension du côté tertiaire, particulièrement des loyers. L’indice des prix des services est ainsi remonté de 0,6 % en septembre, sa plus forte hausse depuis février. Que cette déception n’ait pas empêché l’inflation sous-jacente de décélérer de deux dixièmes, à 4,1 %, grâce aux effets de base, importe peu dès lors que l’action de la FED n’a toujours pas suffi à refroidir le marché du logement, qui constitue, aujourd’hui, la principale source de résistance de l’inflation sous-jacente, retombée à 2 % hors loyers. La FED pourrait se satisfaire de ce bon résultat si les prix immobiliers étaient en repli. Or, ceux-ci ont plutôt eu tendance à se tendre ces derniers mois… Ça commence, de fait, à faire beaucoup après un rapport sur l’emploi plutôt contrariant. Malgré les déclarations plutôt colombe de plusieurs membres de la FED ces derniers jours, le rapport a, de fait, ravivé les craintes d’une nouvelle hausse des Fed Funds d’ici la fin de l’année.

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Peu de répit pour l’industrie allemande, encore moins pour la construction

La production industrielle allemande s’est repliée de 0,2 % en août, tandis que sa composante manufacturière a regagné 0,5 %, après deux baisses consécutives en juin/juillet. L’écart entre ces deux mesures provient de la forte contraction de la production dans la construction, de 2,4 %. Quoique celle-ci n’ait rien d’exceptionnel en elle-même, elle s’inscrit dans un contexte plus général, guère favorable au secteur immobilier.
Pour ce qui est de la seule production manufacturière, il est difficile d’extrapoler des tendances à partir d’un seul « bon » mois qui fait suite à deux très mauvais. L’automobile semble retrouver un tout petit peu de vigueur d’après certains indicateurs mais l’ensemble reste très insuffisant.

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Conflit israélo-palestinien : ce que l’on peut dire, à ce stade

L’assault du Hamas en Israël de ce samedi a ouvert un conflit dont nul ne peut dire comment il évoluera et quelles en seront les répercussions à plus ou moins long terme. Ce conflit est en mesure de bouleverser les lignes politiques au Moyen Orient et d’entrainer des ondes de choc internationales imprévisibles à plus ou moins long terme. Il faudra, à l’évidence, du temps pour prendre la mesure de ce qui s’est passé ce week-end et en évaluer les conséquences.
Sur le front économique et celui des marchés, avec toute la prudence qui s’impose, un certain nombre de points peuvent d’ores et déjà être mis en avant.

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Reflux fort, mais disparate, de l’inflation en zone euro

Des données d’inflation en zone euro publiées aujourd’hui, il y deux principaux enseignements à tirer
– L’inflation a bel et bien reflué, de 5,2 % en août à 4,3 % en septembre, en raison d’effets de base importants sur l’énergie voire, dans certains cas, sur le sous-jacent, également en net recul, de 5,3 % à 4,5 %. Les résultats par pays sont, en revanche, très disparates selon les cas : l’inflation annuelle a chuté en territoire négatif aux Pays-Bas et est tombée à moins de 1 % en Belgique alors qu’elle campe au-dessus de 5 % en France, en Italie et dans plusieurs pays de l’Est.
– Le ralentissement pour l’ensemble de la zone euro a concerné tous les principaux secteurs, quand bien même les variations mensuelles dans les services sont restées élevées. Les pressions en provenance de la demande semblent, en effet, se répercuter essentiellement sur les prix des biens, nettement moins, pour l’instant, sur ceux des services.

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