Les immanquables du scénario 2016

Le cycle avance et se complexifie. Si le quantitative easing pratiqué par les banques centrales ces dernières années a permis d’évacuer les risques extrêmes, les déséquilibres par ailleurs créés par ces injections massives de liquidités compliquent la donne conjoncturelle : bulles immobilières, surendettement asiatique, distorsions de prix et des taux de changes. L’ensemble entretient un environnement d’une rare fragilité dans lequel, même les économies apparemment les mieux loties font état d’une vulnérabilité hors norme faute d’une assise suffisante de leur croissance.

En 2015, la croissance de l’économie mondiale a probablement été plus proche de 2 % que de 3 %. 2016 ne s’annonce pas sous un meilleur jour. Alors que la perspective d’une hausse des taux fait redouter une récession aux États-Unis, la Chine, paralysée par son surendettement et la surévaluation de son taux de change, s’enlise. Les pressions à la baisse des prix des matières premières confisquent les ressources d’un monde émergent dont rares sortent indemnes. Dans un tel contexte, si l’Europe va indiscutablement mieux, comment envisager qu’elle renoue avec les rythmes de croissance qui seraient nécessaires pour combler ses déficits et son sous-emploi ?

La crise a duré trop longtemps pour ne pas avoir de retombées politiques majeures. Après avoir abandonné sa gestion aux banquiers centraux, les gouvernements, volontaires ou forcés, reprennent la main : crise des réfugiés, crise syrienne, COP 21… C’est en dehors de la sphère monétaire que les lignes semblent dorénavant devoir bouger, sans que l’on puisse précisément anticiper comment les choses se feront et jusqu’où iront les initiatives que l’on présent.

L’ensemble n’est pas des plus porteurs pour les marchés financiers. Notre scénario de fin de cycle mondial des marchés boursiers est aujourd’hui partagé par un nombre croissant d’observateurs. Sur fond de retour généralisé de la volatilité, l’environnement obligataire devient, à son tour, plus erratique et exposé à des incertitudes croissantes. On reste tenté de considérer que l’or puisse dans un tel contexte retrouver son statut de placement refuge. Lire la suite…

La croissance allemande ne paie pas

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L’économie allemande, c’est évident, va bien. Malgré le ralentissement de sa croissance au troisième trimestre, les indicateurs du climat des affaires permettent d’envisager la fin de l’année sur une note sereine en dépit de la détérioration du contexte international et des répercussions de l’affaire Volkswagen. À l’origine de cette résistance, deux soutiens : l’embellie de la conjoncture régionale, dont l’Allemagne retire quelques bénéfices mais, surtout, l’amélioration de sa situation domestique de plus en plus influente sur la croissance nationale.

Les effets de cette bonne santé se font malgré tout attendre : l’Allemagne n’est pas la locomotive escomptée à l’égard du reste de la zone euro et sa performance boursière n’est guère plus favorable que celle de ses partenaires. Après une longue période de sous performance amorcée au printemps, le ressaisissement du DAX depuis le mois d’octobre est loin d’avoir été spectaculaire, l’indice allemand affichant toujours un repli de 13 % par rapport à son point haut annuel du 10 avril, à comparer à un retrait de 10 % de l’EUROSTOXX et de 7 % pour le CAC 40 sur la même période. Comment expliquer ces déceptions et que suggèrent-elles pour les prochains mois ?

Fin de partie ou nouveau cycle haussier ?

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À 2100 points, l’indice S&P 500 américain a repris la quasi-intégralité de ce qu’il avait perdu entre son point haut du 21 mai et les 1882 points atteints le 28 septembre. Après cette reprise spectaculaire, il suffirait d’une progression de moins de 2 % pour que l’indice phare mondial dépasse son précédent record historique et rouvre potentiellement, par là-même, la voie d’un nouveau cycle de hausse des actions américaines et, probablement, mondiales. Un tel scénario est-il crédible ? Nous continuons à en douter.

Un long fleuve… pas tranquille

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Les enchaînements que nous avions envisagés à l’issue d’un statu quo de la Fed ont finalement commencé à prendre corps, une fois sa décision justifiée par les mauvais chiffres de l’emploi et l’ISM manufacturier américains. Depuis son point bas du 29 septembre, l’indice MSCI monde s’est adjugé 7,2 %, une performance légèrement supérieure à celle du S&P 500 (6,8 %) ou de l’Euro Stoxx 600 (6,7 %), dopée par la hausse de plus de 9 % de l’indice MSCI émergent. Les minutes du dernier FOMC ayant dorénavant évacué la perspective d’une hausse des taux à horizon prévisible (voir à ce sujet «Out, la hausse des taux de la Fed »), comment envisager la suite ?

Game Over… Acte II – Nouvelle jambe de repli

La rapidité du mouvement correctif de ces dernières semaines réduit les chances d’un rebond intermédiaire des marchés d’actions. Alors que nos objectifs de fin d’année ont pour la plupart été atteints ces derniers jours, le risque d’une nouvelle jambe de baisse des marchés est significatif (pour l’historique de notre analyse voir « Game Over » du 18 juin et notre moniteur n°I du 3 août).

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Un FOMC, trois scénarios… Une issue ?

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Comment les choses pourraient-elles s’articuler après l’annonce de la décision de la Fed jeudi soir ? Trois scénarios sont envisageables dans le contexte en présence.

Scénario 1 : la Fed privilégie le statu quo, gardant le niveau de ses taux directeurs inchangé, entre zéro et un quart de point. C’est le scénario, à notre avis, le plus probable, susceptible d’offrir quelques semaines d’accalmie sur les marchés financiers ; nous estimons sa probabilité entre 60 % et 65 %.

Scénario 2 : la Fed relève le niveau de ses taux directeurs de 25 points de base tout en conservant un discours suffisamment prudent pour convaincre qu’il s’agira de la seule hausse de cette année : le jeu est périlleux pour les marchés financiers internationaux, mais l’hypothèse semble néanmoins assortie d’une probabilité encore significative, de l’ordre de 20 % à 25 %.

Scénario 3 : la Fed relève le niveau de ses taux d’un quart de point et apparaît suffisamment sereine pour poursuivre la hausse en décembre. Les anticipations sont prises de court ; le dollar s’envole ainsi que les taux longs ; le S&P entrevoit la fin du cycle en cours. L’envolée du dollar va à l’encontre d’une extension du QE de la BCE et les marchés mondiaux emboitent le pas à la correction américaine. La probabilité de ce dernier cas de figure est vraisemblablement inférieure à 20 %.

Le CAC à 4 000 ou 5 500 dans douze mois ?

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La différence est de taille : 37 % ! C’est pourtant bien en ces termes que se pose le débat.

Autrement dit :

  • soit la chute des marchés des quinze derniers jours est effectivement une réaction à la dévaluation chinoise ; il s’agirait dans ce cas d’une évidente sur-réaction à même d’être rapidement corrigée, sans conséquence durable sur le degré d’aversion au risque et encourageant les investisseurs à se repositionner dans l’optique d’un cycle haussier de long terme. C’est le scénario d’un CAC 40 à potentiellement 5 500 points dans 12 mois, à peine supérieur de 4 % au plus haut de cette année et dorénavant permis par l’amélioration des perspectives de croissance française.
  • soit la réaction à la dévaluation chinoise n’est qu’un prétexte dans un contexte de marchés surachetés et dorénavant baissiers, auquel cas les catalyseurs de nouvelles baisses à venir se multiplieront inexorablement, entrecoupés de tentatives de rattrapage, insuffisantes toutefois pour enrayer le mouvement correctif en place. C’est le scénario d’un CAC 40 à 4 000 points, voire en-deçà, cohérent avec celui d’un S&P 500 aux environs de 1 700 points contre près de 2 000 aujourd’hui.

La probabilité que les marchés soient ballottés entre ces deux extrêmes avant de trouver leur voie est assez forte. Comment envisager que ces deux scénarios finissent par se départager ?

Regain de réalisme sur les marchés financiers, il est encore temps de vendre !

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Ne cherchons pas dans les développements économiques récents les raisons de la correction des marchés. La situation économique n’a guère changé ces derniers temps, elle est seulement restée médiocre, à l’instar de ce qu’elle est depuis près de trois ans maintenant, caractérisée par cinq faiblesses persistantes jusqu’alors superbement ignorées par les marchés :

  1. L’absence de gains de productivité suffisants pour assurer une reprise de l’investissement nécessaire au prolongement du cycle en cours.
  2. L’absence d’impulsion du monde émergent sur lequel reposaient les principaux espoirs de croissance future à l’échelle internationale.
  3. Des excès de capacités de production industrielles disséminés à travers le monde émergent et développé ayant pour conséquence la persistance de pressions déflationnistes et l’effondrement des cours des matières premières.
  4. Le repli du contenu en importations de la croissance mondiale allant de pair avec une disparition de la courroie de transmission internationale qu’a constitué par le passé la dynamique des échanges commerciaux sans le soutien desquels les tentatives de reprise ne parviennent à se transformer en croissance auto-entretenue et équilibrée.
  5. Enfin, l’explosion des dettes et la formation de bulles en tout genre, fruits de politiques économiques unijambistes ne reposant que sur la seule action de politiques monétaires, de facto, poussées à la démesure.

Nul besoin que la situation ne s’aggrave pour finir par forcer à se rendre à l’évidence : l’histoire escomptée par les marchés de capitaux ces dernières années n’est pas celle que pourra délivrer l’économie mondiale à horizon prévisible. Encore fallait-il les catalyseurs de cette prise de conscience pour que la correction s’enclenche, c’est bien ce rôle qu’ont successivement joué l’annonce de la dévaluation du yuan et la volte-face de la Fed apparue à travers les minutes de son dernier comité.

Notre scénario et nos recommandations d’investissement du mois de juin restent donc de mise : il n’est pas trop tard pour se délester des actifs les plus exposés et racheter des obligations d’État, les métaux précieux et l’euro.