Perspectives- Les pièces du puzzle 2023

Après avoir broyé du noir comme rarement, l’appétit pour le risque est revenu en force sur les marchés financiers dans l’espoir d’un pivot des banques centrales, récemment renforcé par l’amélioration des perspectives chinoises et le repli effectif de l’inflation. L’année boursière commence en fanfare, les indices européens en tête de peloton depuis le mois de novembre, maintenant rejoints par la plupart des indices mondiaux. Illusion collective ou tendance fondamentalement justifiée ?

Dans notre présentation intermédiaire du 6 décembre, « Le scoop d’une possible reprise » nous avions mis en lumière les éléments susceptibles de créer un regain d’optimisme face à la dissipation des craintes extrêmes. Ces tendances ont, effectivement, pris plus d’ampleur depuis le début de l’année au point, peut-être, de donner lieu aujourd’hui à cette embellie un caractère excessif. Qu’en penser ?

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2023, année de bascule de l’immobilier

C’était le crédo du printemps dernier : l’immobilier serait parmi les meilleures protections contre l’inflation. Les arguments étaient tellement aiguisés qu’il valait mieux laisser au temps celui de produire ses effets plutôt que de tenter de convaincre du scénario inverse. Il n’a, de fait, pas fallu attendre longtemps avant que les signaux d’alarme clignotent, aux Etats-Unis, en premier lieu, puis sans tarder au Royaume-Uni, dans les pays scandinaves, en France, voire en Allemagne, sans parler du reste du monde. Après un premier semestre de hausses des prix portées par l’effondrement des taux d’intérêt réels, les signes de craquement ont commencé à se multiplier et le bilan en ce début d’année 2023 ne laisse guère de place au doute : le cycle immobilier est en bout de course et le renchérissement du crédit sur fond de dégradation des indicateurs de solvabilité pèsera sur le marché. La question à ce stade est celle de l’ampleur du choc qui pourrait en découler en termes d’activité d’une part, d’effets richesse et de risques financiers, de l’autre, après vingt ans d’effervescence.

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2023 et la Chine 

Parmi les nombreuses incertitudes qui entourent les perspectives 2023, le sujet chinois n’est pas des moindres. Il se résume en une question, dont découlent deux réponses possibles, aux conséquences singulièrement différentes pour le diagnostic mondial : la Chine connaîtra-t-elle un rebond conjoncturel avec la levée de la politique zéro-covid et, si tel est le cas, ce rattrapage serait-il plutôt inflationniste, susceptible d’exacerber les tensions sur les marchés des matières premières ou, à l’inverse, désinflationniste grâce à la dissipation des tensions sur les chaînes de production qu’un retour à la normale de l’activité industrielle chinoise suggérerait ?

La réponse apportée conditionne à bien des égards la manière d’anticiper l’année prochaine, que ce soit en matière de croissance mais, plus encore, d’inflation et, donc, de taux d’intérêt. Ni J. Powell ni Mme Lagarde n’ont, d’ailleurs, pu éviter la question cette semaine et les deux ont dû reconnaître qu’il s’agissait là d’un sujet d’extrême incertitude.

Les crises immobilière et sanitaire ont accéléré la prise de conscience des freins structurels à la croissance chinoise, ce qui était nécessaire et correspond à une réalité que peu étaient prêts à entendre ces dernières années. Reste, maintenant, à ne pas sous-estimer les effets d’un éventuel rebond conjoncturel qui pourrait changer sensiblement la donne à brève échéance, notamment pour des banques centrales dont l’action se veut éminemment « data-dependent »…

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Possible « put » de la FED, susceptible de corriger les anomalies de marché ?

Les contradictions ne manquent pas sur les marchés ces dernières semaines, parmi lesquelles les messages éminemment divergents entre le regain de confiance des marchés d’actions et l’inversion des courbes de taux focalisent l’attention. Il se passe également des choses inhabituelles sur les marchés des matières premières avec, d’un côté, les signaux positifs renvoyés par le les métaux industriels et, de l’autre, l’accélération à la baisse des cours du pétrole. Les premiers, plutôt en phase avec les bourses, semblent prendre pour argent comptant les espoirs de reprise qu’inspire l’assouplissement de la politique sanitaire chinoise ; les seconds paraissent plus sensibles à la montée du risque de récession aux Etats-Unis.

Dire aujourd’hui lesquelles de ces tendances sont les plus justifiées relève du pari tant est incertaine la trajectoire de la conjoncture internationale. Peut-être aurons-nous, d’ailleurs, les deux histoires en une, in fine, en 2023.

Ce qui est presque certain, en revanche, c’est que des divergences de telle ampleur ne sont pas amenées à durer et que la posture de la FED pourrait être décisive dans leur dénouement. Au-delà de pivoter, c’est sur son analyse de fond que le FOMC enverra les signaux susceptibles de remettre un peu de cohérence entre les différents pans de marchés : les projections de moyen terme du FOMC, les ‘Dot plots’, et l’interprétation qu’en fera J. Powell lors de sa conférence de presse.

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2023 en cinq questions et une réponse : tous les scénarios sont permis, aucun n’est joué

En cette fin d’année 2022 toute particulière où, il y a peu, la route vers une récession mondiale semblait toute tracée, les marchés soufflent un air chaud, et voilà qu’ils parviennent, presque, à nous faire oublier les éléments d’intense stress qui nous ont accompagnés ces dix derniers mois. L’économiste, lui-même, est pris de doutes :

Et s’il avait sous-estimé la capacité de résilience de l’occident aux multiples chocs auxquels il a été confronté et que les politiques publiques étaient parvenues à dresser des remparts suffisamment solides pour autoriser une reprise, dès lors que s’estomperaient les principales menaces de ces derniers mois : guerre, pénuries, inflation, envolée des taux d’intérêt, paralysie chinoise… ? Il existe assurément des combinaisons qui pourraient sauver les perspectives de croissance que l’on ne peut ignorer.

Comment, dès lors, l’histoire chinoise et l’assouplissement, a priori, inévitable de la politique sanitaire de Xi Jinping interféreraient-ils avec l’environnement des prix ? Une réouverture du pays finirait-elle par éteindre l’inflation que le blocage de ses chaînes de production a largement amplifiée ou, dans un monde à court de ressources, tout l’inverse ?

La FED risquerait-elle ainsi de se laisser piéger par des marchés trop pressés de la voir pivoter malgré les conditions de liquidités encore très accommodantes ?

Comment accueillir, après l’échec de la COP 27, la perspective d’une éventuelle reprise qui  ne pourrait être qu’assortie d’autant d’échanges de biens et matières premières hautement carbonés, notamment provoquée par le rattrapage de la chinois après des mois de privations liées au covid…?

Enfin, 2023 offrira-t-elle autant de latitude aux politiques publiques et, dans le cas contraire, marquera-t-elle le début d’une nouvelle ère fiscale ?

Aucun de ces points essentiels n’offre à ce jour de réponse claire et chacun participe bel et bien à rendre le diagnostic 2023 des plus incertains.

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Les bourses européennes surfent sur la dissipation des craintes extrêmes ; cela peut-il durer ?

A quelques jours de la fin novembre, les indices européens semblent bien partis pour enregistrer une nouvelle progression mensuelle exceptionnelle après, déjà, la pochette surprise du mois d’octobre. Les pertes, qui s’étalaient à la fin septembre entre 15 % et 25 % depuis le début de l’année été considérablement réduites et 2022 ne sera donc pas l’annus horribilis redoutée il y a peu, mais juste un cru médiocre comme il en a été de nombreux dans la région ces dernières années.

Plus encore, les indices régionaux semblent bien partis pour faire mieux que les américains, lesquels bien que mieux orientés ces dernières semaines, sont sanctionnés par les déconvenues des valeurs technologiques et, plus généralement, les cycliques.

Alors, les marchés européens pourraient-il se montrer plus résistants que généralement envisagé ? Un certain nombre d’indices incitent à le penser, parmi lesquels la résilience de la croissance économique aux vents contraires de ces derniers mois et, plus récemment, la dissipation des craintes sur le front énergétique dont, semble-t-il, les indicateurs économiques avancés commencent à profiter… Quels seraient alors les raisons de la retenue ?

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Une résilience des profits des entreprises difficilement compatible avec les objectifs d’inflation

Rien dans la crise que nous traversons ne ressemble à ce que nous avons connu par le passé. Parmi les anomalies de 2022, la résilience des profits des entreprises n’est pas le moindre des paradoxes. Depuis le début de l’année, chaque saison de publications des résultats ne cesse de surprendre à la hausse, que ce soit aux Etats-Unis ou, même, en zone euro. Difficile de trouver les origines à ce phénomène tant il contrarie tout à la fois les tendances d’une croissance anémique, bien peu généreuse en gains de productivité, et ce que l’on attendrait de l’envolée des coûts des entreprises et des taux d’intérêt, même si les spécificités de la reprise post-covid de l’activité apportent quelques bribes d’explications plausibles.

À la fin du deuxième trimestre, l’acquis de croissance des profits des entreprises américaines était de 6,5 % en moyenne pour cette année. Que ce chiffre n’ait rien de mirobolant, surtout si on lui défalque un acquis d’inflation de quasiment 8 %, n’en retire rien à son caractère exceptionnel dans le contexte en présence, plus encore, après une année 2021 record depuis 2010, qui avait profité d’une progression de 23 %. Certes, les données du troisième trimestre attendues le 30 novembre  pourraient être un peu moins bonnes. Au vu des informations disponibles, rien ne laisse cependant envisager un résultat particulièrement mauvais.

Alors, est-ce à dire que de risque de récession est surestimé par les économistes qui surréagiraient à la hausse des taux d’intérêt en appliquant une loi de cause à effet qui n’a pas lieu d’être, du type : durcissement monétaire, égale récession ? La question se pose manifestement car on ne recense aucune récession de génération spontanée par le passé, c’est-à-dire qui n’ait, effectivement, été précédée d’un retournement des profits. Et si tel est le cas, alors le diagnostic sur l’arrêt à venir de la hausse des taux pourrait-il être tout aussi erroné ?

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Si l’or avait une petite place dans le logiciel de la FED, on parlerait sans doute moins de pivot

L’or a rarement grande cote auprès des investisseurs. Actif sans rendement, lorsqu’il profite de vents porteurs c’est en général par désespoir de trouver une source de placement rémunérateur et ce n’est jamais très bon signe. Le métal précieux a cependant une autre caractéristique reconnue, quand bien même toujours contestable, celle de réserve de valeur, particulièrement recherchée en période d’inflation. Volontiers délaissé lorsque les banques centrales donnent à penser qu’elles ont le pouvoir et les moyens de maîtriser cette dernière, comme elles l’ont largement fait entre mars et octobre, il ne tarde jamais à profiter d’un regain d’intérêt lorsque le doute s’instille. A l’heure où la pression des marchés en faveur d’un pivot de la FED semble en mesure d’emporter la mise, le regain de vigueur des cours de l’or apparu dès la dernière conférence de presse de J. Powell du 3 novembre, interpelle. 100$, c’est en effet ce qu’ont gagné les cours de l’once d’or en une semaine après un plus bas de dix-huit mois ; soit une performance de 6 %, en dépit d’un puissant regain d’appétit pour le risque intervenu dans le même temps. On est tenté d’y voir un message que les autorités monétaires seraient bien inspirées de prendre en considération malgré les vents contraires qui s’y opposent. Car, au-delà de ce qui semble focaliser l’attention des marchés, c’est-à-dire essentiellement ce que décidera la FED au mois de décembre, c’est bien les débouchés à plus long terme de l’inflation que semblent interroger les développements du marché de l’or ces derniers jours, et c’est bien celle-là qui devrait, avant tout, primer sur les décisions à venir de la FED.

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