L’automobile redonne une bouffée d’oxygène à l’industrie en octobre

+3,2 %, la hausse mensuelle de la production manufacturière d’octobre n’a pas été aussi forte depuis douze mois en Allemagne. La bonne surprise tient quasi-intégralement au secteur automobile, en progression de 12,5 %. Si des signes avant-coureurs de cette respiration ont bien été notés ces dernières semaines, décrispation du marché des semi-conducteurs et rebond de la production américaine notamment, la surprise reste de taille, au vu par exemple des détails sectoriels de l’enquête IFO. Une hirondelle ne fait naturellement pas le printemps, surtout en ces temps troublés. Les industriels allemands ont peut-être pris les devants dans la perspective de possibles perturbations sanitaires à venir. La bonne nouvelle est qu’ils ont, néanmoins, pu produire plus et qu’ils sont donc moins gênés par les pénuries. De facto, s’agissant d’un secteur-clé dont les intrants représentent environ 80 % de la production, la chaîne en amont et en aval de l’automobile en profite. Les bonnes statistiques du commerce extérieur chinois de ce matin ne sont vraisemblablement pas étrangères à ce rattrapage de l’automobile mondiale. Suffisant pour revoir l’avenir sous un nouveau jour ? Les marchés y croient, les banques centrales suivront-elles ?

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Les commandes allemandes flanchent et devraient calmer les faucons à la BCE

Les commandes avaient constitué jusqu’ici les rares signaux positifs en provenance de l’industrie allemande, continuant de progresser fortement jusqu’en juillet, au contraire de la production. Leur tendance s’est inversée depuis avec successivement un repli de quasiment 9 % en août, un léger rebond de 1,3 % en septembre et une nouvelle forte chute de 6,9 % en octobre. Si ce chiffre s’explique en partie par des éléments considérés comme exceptionnels par l’institut allemand, il n’en souligne pas moins l’extrême détérioration de la situation outre-Rhin, une tendance qui n’est pas prête de s’inverser sous peu à en juger par le contexte en présence, même si la production attendue demain pourrait rebondir temporairement.

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Quand l’accumulation de facteurs transitoires d’inflation met à mal la BCE

Premier enseignement des données d’inflation européennes, dans la foulée des prix allemands et espagnols d’hier : une nouvelle accélération qui porte la hausse de l’IPC en zone euro à 4,9 % sur un an en novembre après 4,1 % en octobre. Comme pour l’Allemagne, notamment, l’accélération des prix énergétiques joue un rôle important, avec une variation du panier en hausse de 27,4 % l’an après 23,7 %. C’est cependant surtout le sous-jacent, dont la contribution à l’inflation annuelle passe de 1,4 point à 1,8 point et avec une évolution mensuelle (non CVS) supérieure d’un demi-point à la normale qui risque d’interroger nombre d’observateurs, sur le caractère transitoire de cette dérive des prix, au premier rang desquels, la BCE…

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Les achats de biens des ménages français, en berne en octobre

Malgré un très bon troisième trimestre, pour lequel la croissance a été confirmée à 3 % grâce à un rebond de 5 % de la consommation des ménages, les dernières nouvelles en provenance des achats de biens des Français ne sont pas spécialement bonnes. Ces derniers reculent de 0,4 % en octobre par rapport à septembre et de 1,7 % par rapport à décembre 2019. Pour les seuls biens fabriqués (hors énergie et alimentation, donc), le constat est plus mauvais encore avec une baisse de 1,8 % sur le mois et un retard de 3,7 % par rapport à l’avant crise. Si, comme les indicateurs avancés le suggèrent, les dépenses de services se sont maintenues, après avoir rebondi de 9 % au troisième trimestre, c’est donc au détriment de celles des biens. Mieux vaudrait dans ce cas échapper à de nouvelles mesures de restriction sanitaires.

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Des deux côtés du Rhin, l’industrie s’enlise

En septembre, la production manufacturière a reculé de 1,4 % en France et de 1,5 % Outre-Rhin, un chiffre d’autant plus mauvais dans ce dernier cas que l’industrie allemande avait déjà connu une baisse de plus de 4 % de son activité en août. Par rapport à décembre 2019, les retards sont de 4 % pour l’Hexagone et 8 % pour l’Allemagne. Encore une fois l’automobile est pointée du doigt. En France la production de matériel de transports s’est effondrée de plus de 8 % après, déjà, un repli de 1,4 % en août. Pour autant, résumer la problématique industrielle européenne à celle de l’automobile serait une erreur : la production y a d’ailleurs augmenté le mois dernier en Allemagne, malgré un niveau toujours très bas. Les récents reculs de l’activité concernent en réalité une proportion beaucoup plus large de secteurs et renvoient l’image d’une industrie en perdition de l’un des piliers manufacturiers mondiaux. L’économie française pourra difficilement être épargnée par les effets nocifs de propagation des difficultés de son principal partenaire.

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Des résultats d’inflation, un brin, plus dérangeants pour l’UEM en octobre

Hier, Christine Lagarde a réaffirmé le caractère temporaire de l’inflation en zone euro et justifié le maintien d’une politique monétaire toujours très accommodante. Le rapport sur l’inflation allemande du mois d’octobre ne l’a pas démentie : son accélération ne s’expliquait que par l’évolution des prix de l’énergie et les effets de base liés à la baisse de la TVA de l’an dernier. Les données pour la zone euro publiées ce matin, nuancent ce constat ; elles témoignent, en effet, d’une légère accélération de la hausse des prix dans les services, déjà entamée en septembre. Ce résultat n’est pas encore alarmant et n’impose pas de remise en question du diagnostic sur le caractère transitoire de l’accélération de l’inflation en zone euro. Il n’est pas non plus incompatible, à ce stade avec l’objectif de symétrie d’inflation à moyen terme que s’est fixé la BCE. Ceci dit, avec un taux d’inflation en hausse de 3,4 % en septembre à 4,1 % en octobre, un plus haut depuis juillet 2008, et une composante sous-jacente à 2,1 %, quand bien même à hauteur de six dixièmes du fait des taxes allemandes, les résultats d’aujourd’hui appellent à plus de vigilance.

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Mme Lagarde prend ses marques avec force et conviction face aux marchés

Indiscutablement plus convaincue et convaincante que nous ne l’avions imaginé, Mme Lagarde est apparue particulièrement sereine à l’occasion de sa conférence de presse, malgré les pressions et incertitudes des marchés et économistes sur les perspectives d’inflation. Non seulement, elle n’a laissé transparaître aucun soupçon de changement possiblement plus marqué des conditions de politique monétaire mais a abordé les questions au sujet de l’inflation avec une conviction rarement observée chez ses confrères ces derniers temps. Elle réaffirme ainsi les conclusions des travaux de la BCE selon lesquels l’inflation n’est que transitoire, relativise l’effet des pénuries, amenées à s’effacer au fil du temps, et recadre ainsi les anticipations de hausses des taux directeurs qui se sont développées ces dernières semaines sur les marchés européens.

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Un terrain miné pour Mme Lagarde, en attendant la revue de décembre

Marchés et analystes sont en attente de précisions sur la posture de la BCE dans un contexte de dérapage beaucoup plus marqué de l’inflation et de remontée rapide des taux d’intérêt futurs, lesquels intègrent maintenant une première hausse des taux directeurs d’ici la fin 2022. Sans doute faudra-t-il néanmoins qu’ils patientent jusqu’au comité du mois de décembre pour avoir tous les éléments en main. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Mme Lagarde a l’occasion de sa dernière conférence de presse du 9 septembre, lorsqu’elle était notamment interrogée sur la manière dont pourraient être utilisés les différents outils à sa disposition une fois le programme PEPP éteint, à partir de mars 2022. Attendons-nous néanmoins à quelques pistes sur un certain nombre de sujets à partir desquels le ton employé par la présidente de la BCE pourrait avoir valeur d’annonce de plus ou moins grande importance face à des marchés impatients à quelques minutes de la publication de l’inflation allemande pour le mois d’octobre. Les taux à deux ans qui, au contraire des échéances plus longues, n’ont que très peu évolué ces dernières semaines pourraient être réceptifs au même titre que l’euro.

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