Éclaircie sur le front des commandes à l’exportation allemandes

Les commandes allemandes ont progressé de 1,4 % en janvier, soit une hausse de 2,4 % seulement en comparaison de janvier 2020 qui avait été dopé par la paralysie chinoise. Le rebond est également insuffisant pour compenser la baisse de 2,2 % en décembre. Surtout, le recul des commandes domestiques pour le deuxième mois consécutif témoigne, comme les ventes publiées mardi, d’une situation intérieure encore très handicapée par la pandémie et -peut-être- la remontée de la TVA- ; un constat qui n’est pas sans conséquence au-delà même du seul secteur des biens. En revanche, les commandes étrangères ont compensé cette dégradation domestique et continuent à être un précieux soutien pour l’économie allemande… pas sûr cependant que ce soit suffisant pour maintenir, dans l’immédiat, la croissance à flot.

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Aux Etats-Unis, février aura été médiocre

Chute des ventes automobiles, repli du rythme de créations d’emplois et baisse surprise de l’ISM non-manufacturier. Les données américaines du mois de février ont apporté leur lot de déceptions que, dans l’ensemble, ne dément pas le Beige Book de la FED sur la situation à mi-mois. Si les conditions climatiques extrêmes n’ont pas aidé, elles ne semblent pas expliquer l’essentiel de ces mauvais chiffres, pas plus d’ailleurs que les ruptures d’approvisionnement qui ont affecté l’industrie. Les restrictions liées au contexte sanitaire mais, plus encore, l’impact de la hausse des prix sur la demande et les marges des entreprises, sont des raisons plus convaincantes à ces déconvenues. À trop voir midi à leur porte, il se pourrait bien, qu’à coup de spéculation effrénée sur les matières premières, les marchés finissent par refermer la porte de la reflation.

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Usure du côté des consommateurs français, l’épargne n’est pas prête de baisser

La consommation des ménages en biens s’est repliée de 4,6 % en janvier par rapport à décembre, ce qui engendre une croissance nulle sur 12 mois. Un chiffre que l’on aurait considéré comme particulièrement mauvais il y a deux ans mais que l’année 2020 a rendu presque normal, d’autant qu’à première vue, les pertes liées au couvre-feu sont un tiers moindres que celles liées au dernier confinement de novembre. A ceci près que le couvre-feu se prolonge, et pourrait même se transformer en confinement sous peu, et que la corde s’use manifestement du côté des consommateurs.

 

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Emballement des taux américains, l’Europe peut difficilement rester à l’écart

Alors que la remontée des taux d’intérêt américains s’accélère, l’Europe est-elle vouée au même sort ? La réponse la plus sure est OUI à en juger par la forte corrélation de long terme entre les rendements des T-Notes et des Bunds à 10 ans, notamment depuis le début des années deux mille. Ce constat ne signifie pas que l’ampleur des mouvements soit systématiquement comparable mais que les périodes de forte hausse des taux d’intérêt à long terme américains sont le plus souvent accompagnées de remontées également significatives en Europe quand bien même, généralement, de moindre importance. Or, ce constat vaut pour tous les pays de la région, notamment en dehors du noyau dur…

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La déprime devient la nouvelle norme en zone euro

Globalement, les indicateurs de climat des affaires de la commission européenne se redressent légèrement en février. Le sentiment économique composite pour la zone euro gagne ainsi trois points par rapport à janvier, pour s’établir à 93. L’indicateur allemand rebondit, lui aussi, de trois points, à 96, et le français récupère un petit point, à 91 ; un mouvement inverse à celui de l’indicateur INSEE. Parmi les quatre grands pays, seule l’Espagne voit son climat des affaires se replier, de 94 à 91. Pas si mal pourrait-on dire au vu d’une situation sanitaire toujours très tendue. Au mois le mois, peut-être ; en termes de niveaux, beaucoup moins : l’Europe semble s’installer dans une période durable de croissance en sous-régime. C’est fondamentalement préoccupant.

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Pour l’immobilier US, il vaudrait mieux que les taux longs cessent de monter…

Les demandes hebdomadaires de financement hypothécaires ont du plomb dans l’aile ces dernières semaines et la tendance s’accentue au fur et à mesure que les taux à long terme américains remontent. Or, ces derniers ne semblent guère en voie de stabilisation. Il faut dire que la spéculation va bon train sur les marchés des matières premières et que la flambée des cours du pétrole et autres matériaux de base ne laisse guère de répit aux marchés de taux. Jusque-là indolore, le mouvement commence à mordre, en particulier sur le marché immobilier, qui avait largement profité de l’environnement de très bas niveau des taux d’intérêt du premier semestre 2020. La hausse des coûts de financement est pourtant très limitée ; les prêteurs ont en effet sacrifié leurs marges depuis le début de la crise sanitaire. La situation pourrait ne pas durer face à une accélération à la hausse des taux de marché et, selon toute vraisemblance, l’immobilier décrocherait sans tarder dans un tel cas de figure.

 

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La partie n’est pas gagnée aux Etats-Unis

Après les bons chiffres de ventes de détail publiés hier, ceux du jour rappellent que rien n’est encore joué outre-Atlantique. Repli de l’indicateur de confiance de la Fed de Philadelphie, nouvelle remontée des inscriptions au chômage et baisse des mises en chantiers de logements témoignent, chacun à leur mesure, de l’instabilité ou des risques en présence.

 

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« Qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il croit » ; le Japon aura, au moins, essayé !

Après le choc de la TVA d’octobre 2019 et celui de la crise sanitaire, la fin d’année dernière a été plutôt satisfaisante pour l’économie japonaise, avec une hausse de 3 % de son PIB réel au dernier trimestre, selon les premières estimations, et une contribution positive de l’ensemble de ses composantes. Forte d’un acquis de 2,6 %, l’économie pourrait enregistrer son plus fort taux de croissance depuis 2010 cette année mais il lui faudra faire deux fois mieux pour combler les pertes de 2020. Le pari n’est pas inaccessible malgré un début d’année en demie teinte. Voilà qui risque cependant de ne pas changer grand-chose au déclin structurel du pays et à ses besoins de soutien permanents de la part de l’État et de la BoJ. Nul ne sait plus dire comment ce jeu-là se terminera. L’indice Nikkei déjà au-delà de 30 000 points est à son plus haut niveau depuis mai 1990, à quelques mois seulement de son record historique de janvier de la même année, avant que le vent ne tourne. Les chances d’aller tester ce niveau, pour voir, sont assurément élevées aujourd’hui tandis que la Banque centrale commence à prendre peur… La Rochefoucauld ne disait-il pas « qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il croit » ? On ne pourra pas dire que le pays n’aura pas tenté !

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