La FED garde la main sur les taux 2 ans et laisse libre cours à l’inflation anticipée…

… Le dollar trinque, l’or salue l’évacuation du risque de changement de cap monétaire et l’écrasement des taux réels à court terme qu’il provoque.

Pas de changement de posture, donc, de la part de la FED qui continue officiellement à voir dans la remontée des taux longs une réaction normale des marchés à l’amélioration des perspectives économiques, que ses projections confortent ; ses prévisions de croissance pour 2021 sont revues à 6,5 % l’an pour la fin de l’année contre 4,2 % en décembre. La pentification de la courbe des taux ne préjugerait en rien de la nécessité de changer de cap monétaire. À ce titre, J. Powell rappelle que le niveau des taux d’intérêt est resté très bas pendant l’essentiel du cycle passé, pourtant le plus long de l’histoire contemporaine. Le changement de policy-mix ne soucie pas davantage le président de la FED qui met en avant la nécessité d’une politique de soutien à l’investissement, qu’il se donne, manifestement, comme mission de faciliter par le maintien d’une politique durablement très accommodante.

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Powell, ou comment acter le nouveau mixte de politique économique américain ?

Assurément risqué l’exercice de communication de J. Powell de ce soir qui devra tenter de réconcilier ce qui semble de moins en moins réconciliable, sinon dès ce mois-ci, du moins sans tarder, c’est à dire : Des révisions substantielles à la hausse de son scénario de croissance et d’inflation par rapport à celui de décembre, avant l’adoption de la rallonge budgétaire de 900 Mds de $ et le nouveau plan Biden de 1.900 Mds de $. Une vraisemblable révision à la hausse des perspectives de moyen terme de taux d’intérêt de ses membres, les DOTS, dont l’ampleur pourrait sensiblement compliquer l’exercice du Président de la FED devant la presse. La prolongation, ou non, de l’exclusion des Treasuries et des réserves bancaires des calculs de ratios de leviers, mesure introduite en avril dernier censée prendre fin le 31 mars qui, si elle n’était pas étendue, pourrait accentuer les tensions sur les conditions de financement du Trésor. L’absence, a priori, de changement imminent de sa politique monétaire ni le désir de donner plus de précisions sur les modifications à venir, dans un contexte encore éminemment incertain sur les tendances de plus long terme de l’économie américaine. Le tout en évitant de souffler sur les braises des marchés de taux qui seraient peut-être plus facile à éteindre si la FED pouvait effectivement affirmer que le mixte de politique économique a changé et que sa politique monétaire doit en prendre acte, option néanmoins impossible tant elle ferait encourir un risque majeur sur des marchés financiers dopés depuis plus de dix ans aux liquidités.

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Ambigus messages de la BCE

Comment se fait-il que la BCE ait attendu son comité de politique monétaire du 11 mars pour décider d’user des moyens déjà à sa disposition pour contrer la hausse des taux entamée début février ? Si Mme Lagarde semble avoir satisfait les marchés par son annonce d’une amplification à venir des achats dans le cadre du programme d’urgence face à la pandémie (PEPP), sa communication étonne à plus d’un titre. Rien n’empêchait la BCE d’être plus active ces dernières semaines tandis que les taux d’intérêt prenaient leur envol puisqu’elle dispose encore de 1 000 milliards qu’elle peut débourser d’ici mars 2022. Dès lors, pourquoi a-t-elle précisément fait l’inverse, réduisant significativement ses achats de titres ? Prise de conscience trop tardive ou opposition de certains membres face à la montée des craintes d’inflation ? La question taraude tant sa réponse pourrait éclairer sur sa lecture et sa stratégie future. Mais précisément nous n’avons pas de réponse à apporter.

 

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La BCE n’est pas encore prise en étau

La BCE ne publie pas de « Dots », ces prévisions de moyen terme des membres de la FED. Elle a, à ce titre, un gros avantage sur cette dernière face à l’envolée des perspectives d’inflation des marchés dont on peut envisager qu’elle finisse par contaminer l’opinion d’un nombre suffisant de gouverneurs pour interférer sur l’orientation de la politique monétaire américaine d’ici peu, notamment en cas d’adoption du plan Biden. Le passif en matière de déflation est, par ailleurs, autrement plus important en zone euro qu’il ne l’a été aux Etats-Unis et le plan de relance européen, bien que largement porté aux nues, n’a pas grand-chose à voir avec l’impulsion promise par les démocrates outre-Atlantique. Enfin, le risque systémique que représente le durcissement des conditions de financement des États européens les plus endettés est également une réalité très spécifique à la zone euro. Toutes ces raisons confondues offrent à la BCE de quoi répondre à la hausse des taux des marchés avec une relative aisance, ceci d’autant plus que la FED a jusqu’à présent défendu une posture très accommodante. Madame Lagarde ira-t-elle pour autant au-delà des mots ?

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Retour sur la BCE et les doutes au sujet de l’inflation

A-t-on correctement interprété le compte-rendu de politique monétaire de la BCE de jeudi dernier ? La question nous taraude depuis l’envoi de notre commentaire. À y regarder de plus près, avons-nous sous-estimé la portée de ce court passage du communiqué au sujet des perspectives d’inflation : « Lorsque les effets de la pandémie s’estomperont, une reprise de la demande, soutenue par une politique monétaire et des politiques budgétaires accommodantes, exercera une pression à la hausse sur l’inflation à moyen terme » ? Le fait est que la visibilité sur les perspectives d’inflation est passablement réduite dans le contexte en présence.

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C. Lagarde, en mode pause

Comme prévu, la BCE garde sa politique monétaire inchangée ce mois-ci après une augmentation importante de ses différents programmes d’achats d’actifs et de refinancement bancaire en décembre. Mme Lagarde parle d’une récession au quatrième trimestre de l’année dernière et un début d’année compliqué du fait du regain de l’épidémie mais rassure : « ces développements sont en ligne avec le scénario présenté en décembre »… La présidente de la BCE se veut donc réconfortante en attendant l’effet salvateur des vaccinations et tandis que les craintes autour du Brexit et de l’adoption du plan de relance européen encore en place en décembre, sont aujourd’hui levées. Il est vrai que le dispositif annoncé en décembre laisse de la marge pour faire face à d’éventuelles déceptions additionnelles. À ce titre, la résistance des marchés à la crise politique italienne est incontestablement un facteur de confiance tandis que la remontée des anticipations d’inflation sur leur niveau d’avant crise n’est pas pour déplaire… L’euro apprécie.

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Surprendre à tout prix ; la BCE y parviendra-t-elle ?

Christine Lagarde l’a annoncé au terme du dernier comité de politique monétaire de novembre : la mise à jour des projections économiques de décembre serait l’occasion de « recalibrer les outils d’intervention de la BCE de manière appropriée», précisant lors de sa conférence de presse que ce recalibrage ne se limiterait pas au seul programme d’urgence pandémie (PEPP) mais concernerait l’ensemble des outils aujourd’hui à disposition. Depuis cette dernière communication trois développements influents penchent en faveur d’une action de taille :L’alerte donnée par la BCE sur la vulnérabilité des banques européennes face aux risques de défaut des entreprises et des ménages, laquelle a aussi pu être interprétée comme le signal d’un gel prolongé de la distribution des dividendes. Le regain de l’épidémie et la multiplication récente des mesures de restriction dans plusieurs pays, malgré un allègement des contraintes parmi les premiers touchés. L’accélération de l’appréciation de l’euro, dopé par la chute du billet vert et l’écrasement des spreads de taux intra-zone euro tandis que se multiplient les secteurs en déflation. Reste que les attentes des marchés sont élevées et qu’une déception pourrait avoir des conséquences importantes, notamment en ce qui concerne la devise européenne. À quoi s’attendre dès lors ?

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Les bénéfices européens d’une élection de Biden : entre rêves et réalité

Rebond des bourses, envolée de l’euro, écrasement des taux souverains… Les marchés européens se réjouissent de la perspective d’une élection de J. Biden à la tête des Etats-Unis, au point d’avoir fait de la zone euro la principale bénéficiaire du sursaut de confiance des bourses mondiales au cours de la semaine écoulée. Il y a certainement de bonnes raisons d’imaginer qu’une accession de J. Biden à la présidence américaine soit plus favorable que celle de son rival pour l’économie mondiale. Le cas de figure où l’Europe tirerait un bénéfice particulier d’une victoire du démocrate est également assez défendable, ceci néanmoins sous certaines conditions, parmi lesquelles :

  • La capacité de J. Biden à appliquer les points-clés de son programme, ce qui dépendra pour beaucoup du confort de la majorité démocrate au Congrès.
  • La capacité de l’Europe à suivre la voie du nouveau cap de la politique économique américaine, en matière d’investissement notamment.

En d’autres termes, les bonnes nouvelles ne tomberont pas du ciel et briser le plafond de verre qui plafonne au-dessus des indices européens depuis le mois de juin pourrait se révéler plus difficile que suggéré ces derniers jours.

 

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