Les industriels allemands finiront-ils par rattraper leur retard sur leurs commandes?

La réponse à cette question conditionne dans une très large mesure les écarts de perspectives sur l’économie allemande depuis plus d’un an et prend, dans le contexte actuel, une plus grande importance encore. La production manufacturière allemande a réussi à se maintenir en février, malgré un recul de 2,2 % des commandes. De tels écarts ne sont, a priori, guère surprenants ; la hausse de quasiment 5 % des commandes des deux mois précédents aurait en l’occurrence justifié une progression de l’activité plutôt qu’une stagnation. Sans doute, les perturbations internationales récentes peuvent-elles, légitimement, être considérées comme responsables de cette déception ; pas de quoi s’émouvoir, donc, l’Allemagne pourra rattraper ce retard une fois la situation  apaisée.  Cette lecture pourrait cependant avoir ses limites. Les écarts atypiques entre les commandes et la production effective de l’industrie allemande ne sont pas récents, en effet. Apparus depuis la fin de la première vague de Covid du printemps 2020, ils n’ont cessé de ses creuser depuis. Nombreux y voient un potentiel de rattrapage considérable de l’activité, une fois les tensions en matière d’approvisionnement dépassées. Pourrait-il en être différemment ?

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L’impossible retour à la normale de la production industrielle française

La production industrielle française se replie de 0,9 % en février, avec une baisse de 0,5 % de sa composante manufacturière. Ce reflux intervient après une hausse de respectivement 1,8 % et 2,2 %. Du détail de ces chiffres il faut retenir :

  • Le reflux de la production pharmaceutique, -15 % après une accélération à +20 %, qui explique à lui seul une bonne part de la hausse de janvier et de la baisse de février. Ce contrecoup n’a, en effet, pas pu être compensé par le regain d’activité observé dans le textile, l’informatique ou l’électroménager.
  • Des tendances plus profondes qui concernent principalement l’industrie automobile, en baisse de presque 6 % pour le deuxième mois consécutif. Ce secteur affiche un retard de quasiment 30 % par rapport à la situation d’avant crise sanitaire. Les autres matériels de transport, en particulier l’aéronautique, très touché par la baisse de la mobilité internationale, sont, dans l’ensemble, logés à la même enseigne.

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Chômage, salaires et PMI risquent de pousser la FED dans ses retranchements

Les membres de la FED, dans les starting blocks, menacent de déraper dans leurs choix de politique monétaire, faisant redouter une accélération du resserrement monétaire à brève échéance avec de possibles hausses des Fed Funds d’un demi-point voire davantage au cours des prochains FOMC, voire entre deux de ces réunions. Dans de telles conditions, tout élément additionnel susceptible d’alimenter la phobie inflationniste du moyen risque fort de servir de levier à une action d’envergure, au détriment des risques financiers et économiques qui y seraient liés.

Le rapport sur l’emploi du mois de mars représente un de ces risques. Avec des créations d’emplois suffisantes pour ne pas inquiéter plus que cela sur la situation conjoncturelle, c’est vraisemblablement la nouvelle baisse du taux de chômage et l’accélération de la croissance annuelle des salaires que retiendra la FED: deux éléments qu’elle n’hésitera pas à mettre en avant pour souligner la très bonne santé de l’économie américaine… Donc des marges de manœuvre pour relever le loyer de l’argent.

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Les effets de la guerre ne se font pas attendre : l’inflation explose en zone euro

Les données des grands pays européens nous avaient déjà mis sur la voie : l’inflation en zone euro atteint 7,5 % en mars, contre 5,9 % en février. Sur un mois, les prix ont augmenté de 2,5 %, un record absolu, depuis les débuts de la série en 1980, du fait de la flambée des coûts énergétiques. La partie sous-jacente de l’indice hors alimentation et énergie n’augmente que de 1,2% sur le mois, une hausse conforme à ce qui est généralement observé en cette période de l’année et l’inflation sous-jacente ne dépasse pas 3 %. A l’exception de la Slovénie, tous les pays ont enregistré une inflation plus forte en mars qu’en février et sept d’entre eux rapportent aujourd’hui une inflation supérieure à 9 %. A contrario, seule Malte affiche une hausse annuelle des prix harmonisée inférieure à 5 % (la France affichant une inflation « INSEE » inférieure à l’inflation publiée par Eurostat).

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BMG mars 2022 – ça commence à prendre mauvaise tournure

Notre baromètre économique global perd du terrain en mars et retrouve la zone négative à -0,3, après 0 en février (inchangé). Toutes ses composantes reculent ou  stagnent, en zone neutre pour la production/climat des affaires et le commerce extérieur, et en zone négative pour la consommation et l’investissement.  Le Japon, le Royaume-Uni et la zone euro sont pour l’heure plus touchés par cette baisse que la Chine et les Etats-Unis. L’indicateur d’inflation, retenu par la Chine, repasse à 1, un plus haut depuis août 2017.
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La chute du pouvoir d’achat menace la France de récession au deuxième trimestre

Les derniers points de conjoncture de l’INSEE et de la Banque de France anticipaient une légère hausse du PIB, entre 0,3 % et 0,5 % au premier trimestre. Les mauvaises données de consommation de biens des deux premiers mois ne remettent pas forcément en cause ce diagnostic, dont la véracité dépendra surtout des dépenses dans les services. Elles n’en constituent pas moins une alerte : la consommation des ménages en biens a progressé de seulement 0,8 % en février, ce qui lui permet à peine de compenser la révision à la baisse du très mauvais mois de janvier (-2 % après -1,5 %). L’acquis de consommation de biens est donc de -1,2 %, inférieur à celui des ventes de détail allemandes, -0,9 % pour une hausse mensuelle de 0,7 % en février. Au total, la consommation en biens semble donc décroître, ou du moins stagner à des niveaux inférieurs à ceux d’avant crise.

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Envolée de l’inflation et des perspectives de prix, les anticipations sur la BCE s’emballent

L’inflation européenne était promise à flamber en mars, c’est effectivement le cas. L’indice des prix à la consommation allemand a augmenté de 2,5 % en mars par rapport à février, un record de hausse mensuelle depuis presque 70 ans. L’inflation annuelle passe ainsi de 5,1 % en février, à 7,3 %, du jamais vu depuis le tout début des années 1980. En Espagne, ce même taux est ressorti à 9,8 %, en accélération de deux points par rapport au mois dernier. Le bas niveau relatif des taxes sur l’énergie expose, en effet, la péninsule à une plus grande sensibilité aux variations des prix du pétrole ; la hausse annuelle des prix sous-jacents n’y est que de 3,4 %. Au vu de ces seules données, l’inflation en zone euro a toutes les chances d’excéder 7 % en mars, voire d’approcher 8 % selon, notamment, la contribution par les pays de l’Est. Par ailleurs, les retours de l’enquête de la Commission européenne de ce matin indiquent des perspectives de hausses de prix généralisées, y compris dans les secteurs abrités des services, encore soutenus par le regain d’activité post-Omicron. De quoi, assurément inquiéter la BCE et attiser les anticipations de hausses des taux qui s’emballent. Les taux à deux ans allemands ont définitivement franchi la barre de zéro, ceux du Bunds à 10 ans sont à 0,7 % et l’OAT à 1,13 %.

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Les consommateurs français et allemands accusent le coup

En France comme en Allemagne, les consommateurs sont profondément affectés par les effets de la guerre russo-ukrainienne à en juger par les résultats des enquêtes INSEE et GFK de ce matin. La confiance des ménages recule ainsi très fortement. En France, l’indicateur total perd 6 points, une contraction comparable à celle de 7 points enregistrée en Allemagne. Dans les deux cas, la confiance retombe sur les points bas du début d’année 2021, période marquée par une baisse du PIB allemand et une stagnation, après une baisse, en France. Après les climats des affaires publiés la semaine passée, il s’agit donc d’un nouveau signe d’un recul à venir du PIB, outre-Rhin et probablement dans l’Hexagone.

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