Face aux messages divergents des ISM et PMI, on attendra le Beige Book

Les principales statistiques de la semaine publiées cet après-midi ne permettent guère d’y voir beaucoup plus clair. PMI et ISM des services américains divergent notablement, en effet, et quand bien même le second a nettement plus d’échos sur les marchés, mieux vaut attendre la validation par le Beige Book de ce soir avant de tirer des conclusions hâtives, potentiellement ravageuses. Les détails de l’ISM non-manufacturier ne plaident guère, en effet, en faveur d’un statu quo, très largement anticipé, du FOMC à la fin du mois : les taux à deux ans ont, illico, profité pour repasser la barre des 5 % et les 10 ans pour se rapprocher de leur plus haut de la mi-août, à 4,30 % et, en dépit, des commandes allemandes déplorables de ce matin, le mouvement est allègrement suivi en Europe. Mieux vaudrait que le Beige Book invalide ces conclusions au vu de l’importante mise des marchés sur une stabilisation des Fed Funds.

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Il y a tant de raisons de douter d’un reflux durable des taux longs…

Les taux d’intérêt ont subi une nouvelle embardée cette été et, en dépit de l’apparente résilience de la croissance, personne n’envisage qu’ils puissent poursuivre leur ascension bien longtemps. Les banques centrales, elles-mêmes, commencent à se méfier des possibles effets de ce renchérissement du coût du crédit. L’Europe flirte à nouveau avec la récession et, si l’économie américaine résiste particulièrement bien, c’est d’abord grâce à un déficit public de plus de 8 % du PIB, au coût exponentiel pour le budget fédéral dont la charge d’intérêts s’est envolée de 600 mds au début de l’année 2021 à, quasiment, un 1000 mds de dollars au printemps.
On comprend que les investisseurs soient tentés d’augmenter leur exposition aux obligations, pour profiter de rendements élevés que les lendemains ne garantiront peut-être pas. L’arbitrage n’est pourtant pas sans poser question. Car, en dépit des évidences énoncées ci-dessus, les arguments ne manquent pas pour envisager que les taux longs n’aient pas terminé leur course à la hausse ; question de temps !

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Les NFP offrent l’occasion d’une pause de la Fed en septembre, la suite on verra    

C’est à peu près la seule conclusion que l’on puisse tirer du rapport sur l’emploi américain du mois d’août : celle d’une vraisemblable pause de la FED à l’occasion de son prochain FOMC qui maintiendrait, donc, son objectif des Fed Funds dans la fourchette de 5,25 % à 5,50 %. Trois principales raisons à cela :
Le ralentissement confirmé du rythme des créations d’emplois, à 187 K, soit le même niveau qu’en juillet avant la révision à la baisse à 157 K.
La concentration des emplois dans la santé, à raison de 97 K, soit, comme au cours des trois derniers mois, une très faible progression dans le reste de l’économie.
La remontée de trois dixièmes du taux de chômage, de 3,5 % à 3,8 % et celle, également, du taux de sans emploi des personnes marginalement rattachées au marché de l’emploi, de 6,7 % à 7,1 %.
Enfin, la croissance limitée du taux de salaire, de 0,2 % après 0,4 %, sa plus faible progression depuis février à la faveur d’une modération à 4,3 %.

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J. Powell avait raison de se méfier de l’inflation dans les services

Le président de la FED, s’est montré relativement confiant dans la poursuite de la décrue de l’inflation lors de son discours de Jackson Hole la semaine dernière, à un bémol près, toutefois : l’inflation des services. Il n’avait pas tort. Le déflateur de la consommation a légèrement réaccéléré en juillet aux Etats-Unis, notamment sa composante sous-jacente. Sur un an, l’indice PCE des prix à la consommation est ressorti à 3,3 % en juillet, contre 3 % en juin et l’indice cœur à 4,2 %, contre 4,1 %. Si ces évolutions n’ont rien de spectaculaire, le détail est plus ennuyeux. La hausse mensuelle des prix des services s’est accélérée pour le deuxième mois consécutif, en effet, et constitue le principal facteur d’accélération du PCE, mesure de l’inflation toujours privilégiée par la FED.
Le fait est que la consommation se porte bien. En juillet, les dépenses de ménages en biens et services ont progressé de 0,6 %, dans la foulée de la hausse de 0,6 % en valeur des ventes de détail et leur plus forte augmentation mensuelle depuis janvier. Une bonne nouvelle, à l’évidence, pour la croissance mais la confirmation, aussi, que la Fed maintiendra, a minima, sa posture restrictive.

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Du Japon, à l’inflation française via la Chine et l’Allemagne ; c’est pas fameux ce matin

Une revue des nombreuses données du jour.

Sommaire :

  • Pas grand-chose de nouveau en Chine
  • L’industrie nippone piétine
  • Même son de cloche en Corée, aux ventes au détail près…
  • Du mieux pour la consommation française, toujours pas pour l’Allemande
  • Rebond de l’inflation française en août
  • L’inflation en zone euro échappe à la hausse

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En zone euro, l’inflation fait de la résistance et la récession fait le forcing

La baisse de l’inflation en zone euro, entretenue ces derniers mois par les effets de base énergétiques, a enregistré un premier coup d’arrêt en août, dans les pays où les données sont disponibles. L’évolution annuelle des prix à la consommation s’est stabilisée en Allemagne et en Belgique et a regagné du terrain en Espagne, à respectivement 6,1 %, 4,1 % et 2,6 %, sur fond de composantes sous-jacentes toujours élevées et d’un léger regain de tensions des prix énergétiques. La France pourrait suivre demain après, notamment, la hausse des tarifs de l’électricité du 1er août.
Parallèlement, les indices d’un retournement conjoncturel s’accumulent. Les dernières informations en provenance de la zone euro n’étaient pas bonnes, les résultats de l’enquête mensuelle de la Commission européenne enfoncent le clou, alliant simultanément de très mauvaises perspectives d’activité industrielle, en même temps qu’une importante détérioration des perspectives d’emplois dans les services, particulièrement marquée en France.

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Constance du côté de J. Powell qui juge les résultats obtenus insuffisants, sans plus

Qui aurait pu imaginer autre discours de la part du président de la FED au vu des informations économiques de ces dernières semaines aux Etats-Unis ? J. Powell est donc apparu constant vendredi, lors de son allocution de Jackson Hole. Fidèles à ses propos de fin juillet et aux détails des minutes du dernier FOMC, les principaux points de son allocution se résument comme suit : (1)Les progrès sont là sur les fronts de l’inflation, des salaires, du marché de l’emploi et de la demande, et la politique restrictive en place devrait permettre d’obtenir davantage de résultats. Mais ceux-ci seront, peut-être, insuffisants, auquel cas, la FED se tient prête à relever davantage le niveau de ses taux directeurs. (2)L’économie doit évoluer sous son potentiel pour consolider ces résutlats. Ce n’est pas le cas et cela nécessitera le maintien de conditions durablement restrictives pour y parvenir et infléchir, notamment, l’inflation des services hors loyers. A ce titre, l’accélération récente de la croissance au-dessus du potentiel est un sujet d’insatisfaction. (3) 2 % est, et reste, l’objectif d’inflation de la FED et n’est pas négociable. J.Powell est apparu factuel, ni particulièrement faucon ou colombe, ce qui explique sans doute les errements des marchés, lesquels ont, selon, privilégié l’apaisement permis par sa constance, ou l’inquiétude suggérée par sa fermeté. Le rendement des T-Notes à 2 ans qui avait déjà franchi les 5 % la veille a peu réagi, les taux à 10 ans ont conservé leur niveau de 4,25 % et le dollar a, sans conviction, grapillé 0,2 %.

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Déflation chinoise versus inflation mondiale

Deuxième économie mondiale et premier exportateur de produits manufacturés auprès duquel s’approvisionne le reste du monde dans sa globalité, la Chine finira-t-elle par imprimer sa marque sur l’évolution des prix mondiaux et sa déflation par chasser l’inflation du reste du monde ? Certains analystes semblent, assez légitiment, le penser et voient dans la dépression chinoise un facteur d’apaisement bienvenu des tensions inflationnistes internationales. La question pourrait être éminemment plus complexe.

Les mécanismes déflationnistes dont souffre l’économie chinoise sont profonds, entretenus par une crise de surendettement aux conséquences d’autant plus dommageables que la population vieillit vite. Un tel contexte n’est, en outre, guère compatible avec l’effort d’investissement nécessaire pour faire évoluer le tissu productif du pays vers une forme moins carbonée sans laquelle la Chine continuera à perdre des parts de marché dans un monde, par ailleurs, de moins en moins ouvert, que les orientations stratégiques de l’Empire du Milieu promettent de fragmenter davantage.

Trois décennies de globalisation et d’essor de l’offre industrielle mondiale ont chassé l’inflation de la sphère économique qu’un environnement plus fractionné a mis bien peu de temps à ranimer. C’est, parmi d’autres, l’un des enjeux de l’élargissement du club des BRICS décidé cette semaine qui, loin de contrer le processus de démondialisation en cours, comme ses acteurs aiment à le dire, menace d’accentuer la guerre des ressources et de rendre, de facto, le monde plus sujet aux chocs de prix. Sauf évolution de la crise immobilière chinoise vers une crise financière majeure susceptible d’irradier l’occident, la déflation en Chine, en poussant le gouvernement de Xi Jinping, aux abois, dans ses retranchements, porte en elle les germes d’une instabilité chronique du niveau général des prix plutôt que ceux d’une désinflation ordonnée.

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