La menace pétrolière

La montée des tensions autour de la Syrie a fait s’envoler les cours du pétrole au-delà de 72 $ le baril cette semaine, suggérant aujourd’hui un risque significatif d’escalade à la hausse susceptible de propulser, au moins temporairement, les prix bien au-dessus de leur niveau actuel ; un scénario, à bien des égards, préoccupant.

Les variations des cours du pétrole ont fait la pluie et le beau temps sur l’économie mondiale et les marchés financiers depuis quatre ans, venant le plus souvent exacerber les fragilités en place. Leur effondrement en 2014 est en large partie responsable de l’amplification des pressions déflationnistes et des répliques monétaires de la BCE et de la BOJ qui s’en sont suivies. Leur redressement depuis leur point bas de janvier 2016 est, ensuite, venu confisquer le peu de pouvoir d’achat qu’avaient récupéré les consommateurs en 2015, sans que la remontée des cours soit en mesure d’impulser une réelle amélioration de la situation des exportateurs du monde émergent, par ailleurs, de plus en plus concurrencés par les Américains. L’embardée des prix de ces derniers jours pourrait être, à ce titre, plus efficace… A moins qu’elle ne vienne, au contraire, mettre le feu aux poudres, risquant tout à la fois de pénaliser davantage les consommateurs et de déclencher une évolution trop radicale des taux d’intérêt, que l’impatience mal dissimulée des banquiers centraux à sortir de la situation de très bas taux d’intérêt pourrait attiser à brève échéance. L’ensemble n’est assurément pas de bon augure, susceptible de se transformer rapidement en une menace de taille pour la croissance mondiale et les marchés financiers.

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La production manufacturière se replie de 2 % en zone euro

Sans surprise compte-tenu de ce que l’on savait déjà des résultats français et allemands, l’activité industrielle s’est de nouveau nettement contractée en février avec un repli de 0,8 % pour l’ensemble de la production hors construction, le troisième consécutif. Les conditions climatiques ayant dopé la production d’énergie, les résultats pour le seul secteur manufacturier sont plus mauvais encore, en baisse de 2 % en février.

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La FED évoque l’éventualité de devoir passer en mode restrictif à un moment donné…

D’un caractère plus ‘faucon’ que ne l’avait laissé penser son communiqué du 21 mars, les minutes de la FED posent question dans le contexte d’instabilité en présence.

À leur corps défendant, les membres du FOMC n’avaient pas à leur disposition les informations que nous avons trois semaines plus tard : la menace protectionniste n’avait pas pris la tournure de ces deux dernières semaines, la situation en Syrie n’avait pas encore conduit là où nous en sommes aujourd’hui et, sur le plan économique, les données à disposition étaient également, un brin, plus engageantes :

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L’inflation cyclique absente du radar, l’envolée des cours du pétrole fait baisser les taux

En mars, le taux d’inflation américain s’est redressé de 2,1 % à 2,4 %, rejoignant son niveau les plus élevé depuis mars 2017. Hors alimentation et énergie, la hausse est également notable, de 1,8 % en février à 2,1 %. On ne retrouve guère, toutefois, derrière ces résultats d’éléments susceptibles d’illustrer un quelconque changement de régime inflationniste par rapport aux tendances récentes.

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The benefits tax_reform was supposed to give to US_employment and wages are evaporating

Last month’s employment report opened the way to optimism, but the March report swept it away. Job creations were very low, at 103,000, vs. an expected level of nearly 200,000, and new jobs in the first two months were revised down by 50,000 on average. Not only this, but wage increases are showing fewer and fewer signs of recovery. With the exception of finance, wage increases were down in most cases compared with last year or stationary at levels below the national average, which, as a result, is showing no sign of improvement. At 1.7% year-on-year in March, hourly wages in manufacturing increased at half their rate of mid-2016. The leisure and hotel sector, the nation’s third-largest employer segment with more than 10% of all positions, wages are now rising by less than 3% vs. 4.5% in the middle of last year. Although these results remain difficult to explain, they are certainly far removed from expectations, and neither the markets nor an administration tempted by protectionism can long ignore them.

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Emplois et salaires américains : mais où sont passés les bénéfices présumés de la réforme fiscale ?

Si le rapport sur l’emploi du mois dernier avait ouvert la voie à quelques espoirs, celui de mars, les balaye. Non seulement les créations de postes ont été très faibles, à 103 K, contre près de 200 K attendu, et celles des deux premiers mois de l’année rabotées de 50 K en moyenne, mais la croissance des salaires donne de moins en moins de signes de redressement. À l’exception de la finance, la dynamique salariale est le plus souvent en repli par rapport à l’an dernier ou stationne à des niveaux inférieurs à la moyenne nationale qui, de fait, ne donne guère de signe d’amélioration. Ainsi, à 1,7 % l’an en mars, la croissance des salaires du secteur manufacturier est moitié moindre qu’à la mi-2016 ; dans les loisirs et l’hôtellerie, troisième plus gros pourvoyeur d’emplois avec plus de 10 % des postes, elle est de moins de 3 % aujourd’hui contre 4,5 % en milieu d’année dernière… Si ces résultats restent difficiles à expliquer, ils sont assurément éloignés des anticipations et ne pourront guère être ignorés très longtemps des marchés, ni d’une administration tentée par des tarifs protectionnistes…

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La production allemande chute, sans surprise !

Comme redouté, la situation conjoncturelle de l’Allemagne se détériore nettement en ce début d’année . En février, la production a enregistré un repli de 1,6 % par rapport au mois précédent, après une quasi-stagnation en janvier. Les conditions climatiques ayant sollicité un fort rebond de la production d’énergie, les résultats dans les autres secteurs sont plus mauvais encore. L’indice de référence de la production hors construction se replie quant à lui pour le troisième mois consécutif, enregistrant ainsi sa cinquième baisse en six mois…

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Les commandes allemandes, un signe additionnel du coup de mou conjoncturel outre-Rhin

Les indicateurs sur la conjoncture allemande ne sont pas à la fête ces derniers temps. Après le tassement des indicateurs de confiance -ZEW, IFO, PMI-, les commandes adressées à l’industrie allemande en février ne sont pas du meilleur cru. Au-delà de la très forte instabilité des derniers chiffres (successivement +2.6 % en décembre, -3.5 % en janvier et +0,3 % en février) qui se transforment en +1.1 %, -0,4 %, -1,7 % hors éléments principaux, se profile une détérioration de moins en moins discutable des tendances de l’activité outre-Rhin.

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