Hausse du ZEW allemand, un nouvel alibi pour le DAX !

Sans surprise au vu du regain d’optimisme sur les marchés européens, les perspectives du ZEW remontent franchement, de -22,8 à -2,1 points entre octobre et novembre. À ce stade, le retour dans la zone de neutralité éclipse la menace d’une récession durable. L’amélioration du sentiment sur les variables macro-économiques, en particulier les perspectives de taux d’intérêt, ainsi que sur les secteurs les plus cycliques (chimie, automobile et mécanique) expliquent ce retournement. L’indicateur sur la situation courante se stabilise quant à lui, bien que toujours sur de faibles niveaux, à -24,7. Ces résultats vont incontestablement dans la bonne direction. Sont-ils suffisants pour augurer d’une embellie durable ? Il est trop tôt pour le dire, l’indicateur des perspectives n’est pas encore sorti de la région qui le mettrait à l’abri d’un risque de retournement (+12 à 15 points) comme ce fut le cas en début d’année. Pas de quoi cependant embarrasser le DAX qui en profite pour prendre un peu plus d’avance…

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Le prêche de l’économiste face à la bulle

Ah qu’il est inconfortable le rôle de l’économiste dans un contexte de bulle, déchiré entre son devoir d’impartialité face à des fondamentaux qui ne lui permettent pas de justifier ce qu’il observe du comportement des marchés et le risque de s’obstiner face à une réalité qui pourrait lui échapper.

Après trois bulles en moins de vingt ans, il devrait pourtant être blindé mais tel n’est jamais le cas car domine toujours l’espoir qu’il se trompe et la préférence collective pour l’illusion. À quoi peut-il dès lors servir sinon à continuer de faire ce qu’il est supposé savoir faire : peser, soupeser, veiller à faire abstraction de ce qui pourrait biaiser son diagnostic pour s’assurer de comprendre l’équilibre qui anime les marchés et être en mesure d’anticiper ce qui pourrait rompre la dynamique en place pour prévenir de ce qui, fondamentalement, le préoccupe le plus, l’après-bulle !

 

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Décrispation allemande, mais encore ?

Au moment où les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis s’apaisent et où, simultanément, les menaces d’une hausse de tarifs américains sur les importations d’automobiles européennes diminuent, il faut peu de bonnes nouvelles pour convaincre que le point bas de l’activité soit en passe d’être dépassé en Allemagne et que, par là-même, l’horizon conjoncturel européen s’éclaircisse. Difficile de ne pas acheter ce diagnostic que ne contredit pas fondamentalement, d’ailleurs, l’analyse détaillée des commandes aux différentes secteurs de l’industrie allemande publiées hier. Reste à jauger ce qui est susceptible de suivre pour l’activité à venir. Les données de production de ce matin jettent un froid, avec un repli de 1,3 % de la production manufacturière en septembre quand, par ailleurs, l’accumulation des stocks des entreprises incite à la retenue. Que la série noire des données allemandes soit derrière nous est probable, que ce diagnostic débouche sur un scénario en V est une autre histoire.

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Statistiques américaines, du pareil au même

L’ISM non-manufacturier s’est ressaisi en octobre, remontant de 52,6 à 54,7 points, au-delà des attentes des économistes de marché. Pour ceux qui veulent croire à un point bas de la conjoncture américaine, cette statistique viendra s’ajouter à la liste des données de ces derniers jours : PIB et emplois à la fin de la semaine dernière notamment. Tout comme ces dernières statistiques, néanmoins, la lecture que l’on peut faire de l’indice ISM est variable. Replacé dans la perspective des dernières années, le chiffre d’aujourd’hui est juste médiocre et ne remet aucunement en cause la tendance au tassement de l’activité observée depuis le début de l’année. Les économistes ont coutume, pour se prémunir du risque de surinterpréter des mouvements liés à la volatilité normale des séries statistiques, d’analyser les tendances lissées sur deux ou, plus traditionnellement, trois mois. En l’occurrence, ici, la moyenne mobile sur 3 mois ne donne aucun signal interprétable compte-tenu du caractère très réduit de son redressement. Ce constat n’exclut pas que septembre 2019 puisse se révéler in fine le point bas de l’ISM non-manufacturier mais cette enquête ne nous le dit pas.

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PIB et emploi américains : J. Powell moins libre qu’il ne le pense…

À 1,9 %, la première estimation de la croissance américaine est au-dessus des attentes (1,6 %), offrant a priori peu d’arguments à la FED pour défendre une nouvelle baisse des taux directeurs qui devrait être annoncée ce soir. Dans un tel cas de figure, c’est plutôt un discours relativement ferme sur son intention de stopper l’exercice d’assouplissement monétaire qui pourrait être attendu. A y regarder de plus près, pourtant, les données américaines sont beaucoup moins réconfortantes. Les détails du PIB du troisième trimestre portent de plus en plus les stigmates d’une fin de cycle, une conclusion que ne remettent à l’évidence pas en cause les données de l’ADP après de sérieuses révisions apportées sur les six derniers mois. Conséquence de tout cela, les anticipations d’une nouvelle baisse des taux des Fed Funds en décembre sont remontées de 17 % hier à plus de 26 % aujourd’hui ! Dans de telles conditions, J. Powell devra faire état d’une prudence renouvelée…

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BMG octobre 2019 – L’activité se stabilise, l’inflation rechute brutalement

Notre indicateur de momentum global d’activité s’extirpe de la zone négative pour la première fois en seize mois, à 0 en octobre, après une forte révision à la hausse en septembre, de -0.5 à -0.1. Le rebond de la consommation au Japon, du mieux du côté du climat des affaires en zone euro et le redressement des exportations américaines expliquent ce résultat malgré une déprime persistante sur le front de l’investissement. Notre indicateur d’inflation replonge lui à -1,2, un plus bas depuis 2012!
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Mme Lagarde et les prérogatives de la Banque Centrale européenne

Christine Lagarde a pris ses fonctions à la tête de la BCE pour un mandat de huit ans au cours duquel sa principale mission sera de réussir là où son prédécesseur a échoué : rétablir les conditions d’une croissance plus solide nécessaire pour mettre à l’écart le spectre d’une japonisation et assurer la survie à terme de l’union monétaire. Signe de temps qui changent, elle n’a pas été choisie pour ses capacités à faire tourner des règles de Taylor ou autre fonction de réaction de politique monétaire mais pour son talent politique et la force d’influence qu’elle est censée avoir retirés de son expérience à la tête du FMI. C’est d’ailleurs sur ce terrain qu’elle s’est illico positionnée en vue de faire bouger les lignes budgétaires en direction d’une plus grande cohésion européenne. Il n’y a là rien de véritablement surprenant au vu du manque d’outils monétaires à sa disposition, du pouvoir grandissant acquis par la BCE au fil des crises successives de la zone euro et de l’insuffisance évidente des réponses monétaires aux difficultés structurelles de l’UEM. Reste néanmoins que cette orientation pose une question institutionnelle-clé, celle de savoir si la BCE peut supplanter le refus de fédéralisme des pays qu’elle représente.

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