Inflation ? On cherche, on ne trouve pas ; sauf des questions de long terme

Août a été marqué par une très nette remontée des anticipations d’inflation sur les marchés financiers qui, aux Etats-Unis comme en zone euro, ont renoué avec leurs niveaux de janvier-février, supérieures d’un demi-point environ à ceux de mai. L’amélioration des résultats économiques après la paralysie du deuxième trimestre, la perspective de politiques monétaires durablement accommodantes sur fond de relance budgétaire généralisée et la remontée des cours des matières premières ont simultanément eu raison des perspectives très faibles du printemps. Difficile, toutefois, de trouver dans les données récentes la validation de ce changement d’anticipations. Si quelques frictions haussières ont été observées sur certains prix post-confinement, elles ne semblent pas en mesure de résister aux tendances plus lourdes de l’inflation cyclique fondamentalement tirée à la baisse. Les marchés semblent donc s’être emballés ces dernières semaines ce qui suggère une correction de leurs excès.

Reste que les ruptures structurelles aujourd’hui pressenties interrogent de plus en plus sur leur impact en matière d’inflation : insécurité de l’offre face aux tensions commerciales et géopolitiques croissantes, modification du mixte de demande de matières premières induit par l’émergence de l’industrie bas carbone, déformation de la structure de consommation, forment un ensemble susceptible de créer plus de volatilité des anticipations de long terme d’inflation.

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Perspectives d’inflation 2020 : pas grand-chose de plus qu’un soubresaut de court terme

Difficile de trouver la faille par laquelle l’inflation cyclique pourrait s’immiscer dans le scénario économique des prochains trimestres tant est faible le degré de résistance de la demande à tout choc de prix, aussi minime soit il et où que ce soit. Un terme à la guerre commerciale pourrait, en cas d’élimination totale des risques de rebondissements, rouvrir la voie à une plus forte transmission des hausses de coûts des entreprises aux prix finaux mais le postulat est à l’évidence trop fragile pour être privilégié dans un scénario central. Nos prévisions d’inflation pour l’année 2020 sont donc ternes… À l’exception toutefois du très court terme au cours duquel effets de base énergétiques et impact des hausses récentes de tarifs douaniers américains risquent de faire flamber l’inflation totale bien au-dessus de ses niveaux présents. A l’heure où l’absence d’inflation reste un sujet de très large incompréhension, cette embardée, purement ‘technique’, aux retombées conjoncturelles plus dépressives qu’inflationnistes et qui ne devrait pas durer au-delà du quadrimestre à venir, pourrait néanmoins constituer une bonne occasion de tester la résistance du contexte de bas taux d’intérêt pour les marchés financiers… Attention, sol glissant…

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La déflation en ligne de mire de la Fed

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Un rare degré d’incertitude ressort de la livraison des « minutes » du dernier FOMC de la Fed qui implicitement repousse aux calendes grecques la perspective de remontée de ses taux directeurs. Malgré les réactions immédiates après publication, le message envoyé prépare le terrain à un nouveau repli des taux longs américains qui devrait mettre terme à l’appréciation du billet vert vis-à-vis de l’euro. Les marchés Actions ne devraient pas apprécier.

Et maintenant, que fait-on?

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La rafale de données toutes plus médiocres les unes que les autres sur la zone euro ces dernières semaines ne laisse guère de place au doute : la stratégie de sortie de crise de ces dernières années est un échec. Aucun des mécanismes implicitement attendus des choix faits par les dirigeants européens n’est aujourd’hui au rendez-vous ou en passe de l’être :

  • les politiques structurelles de compétitivité échouent, pour cause, le commerce mondial est à l’arrêt ;
  • dès lors, les perspectives à l’exportation de l’Allemagne piétinent et la capacité de la première économie de la zone euro à jouer le rôle de locomotive qui lui était attitré s’évapore ;
  • la restriction budgétaire a, dans de telles conditions, pour seul effet d’alimenter les pressions déflationnistes qui elles-mêmes nuisent aux effets recherchés, à savoir : la maîtrise des dettes publiques.

Ces échecs ne sont guère surprenants. Nous les avions, comme beaucoup, annoncés mais encore fallait-il que la démonstration en soit faite pour espérer parvenir à convaincre de la nécessité de changer le cap de la politique économique européenne. Celle-là maintenant criante, que pouvons-nous espérer ou redouter aujourd’hui ?

« Our currency, Your problem »

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Les choses sont un peu plus claires depuis la conférence de presse de Mario Draghi : la BCE considère le niveau de l’euro comme un facteur de risque déflationniste. Elle devrait donc agir en conséquence, de manière vraisemblablement très mesurée dès le mois de juin, davantage par la suite, si nécessaire, ce qui sera probablement le cas.
Dans un contexte où la plupart des autres grandes banques centrales pratiquent des politiques de dépréciation de leur monnaie, l’immobilisme de la BCE n’était plus tenable. Il s’agit donc d’une bonne nouvelle. Mais ne nous y trompons pas, en agissant de la sorte M. Draghi tente de se battre à armes égales avec les autres banques centrales, il met donc des bâtons dans les roues de la Fed, la BoJ et la BoC, non l’inverse.

Économie française, le croche-pied de trop

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Huit à neuf pays de la zone euro sont probablement déjà happés par la déflation. Face à une telle situation, l’orientation de la politique économique sera décisive. La BCE ne prendra pas de sitôt les mesures d’envergure nécessaires pour contrer la propagation de ce fléau, c’est donc aux politiques budgétaires et fiscales qu’incombe cette responsabilité. En se pliant aux contraintes de la Commission Européenne, la France, prend le risque de précipiter son économie en déflation et avec elle l’ensemble de la zone euro.

Inflation mondiale – la désinflation gagne du terrain

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La désinflation gagne du terrain à l’échelle planétaire. Après un rebond temporaire au printemps, l’inflation mondiale a retrouvé une tendance baissière au second semestre 2013 et terminé l’année dernière à 3,2 %. Toujours très faible dans le monde développé, à 1,3 % en décembre, l’inflation a également reflué dans bon nombre de pays émergents ces derniers mois, pour ressortir en moyenne à 6,1 % à la fin de l’année dernière.

Ainsi, en décembre 2013 le nombre de pays de notre échantillon de (80) affichant un taux d’inflation inférieur à 2 % est quasiment de moitié (39), soit une proportion nettement plus élevée qu’un an auparavant (24). Gonflée par les chacun des 27 pays de l’UE sans exception, cette catégorie est également alimentée par un  nombre croissant d’économies asiatiques (6), les États-Unis et le Canada. Ce mouvement se solde par une baisse importante du nombre de pays à inflation modérée (3 % à 4 %) tandis que la proportion d’économies à inflation élevée (6 % et +) varie peu, regroupant pour la plupart des pays d’Afrique ou des victimes de conflits.

  • La désinflation gagne du terrain à l’échelle mondiale
  • Les prix des matières premières se détendent
  • Des contrastes toujours marqués dans les pays émergents
  • Le risque de déflation reste élevé en occident 
  • Les États-Unis, pas tout à fait sortis de l’ornière
  • Zone euro, le risque de déflation se propage au noyau dur
  • Les importations, source additionnelle de désinflation 
  • Remontée des taux réels, la plus grande menace