Le rebond du Tankan est bienvenu, mais pas forcément convainquant

La conjoncture japonaise subit de nouveau les conséquences de la situation sanitaire. Les mauvaises données publiées récemment -PMI, production, ventes de détail- doivent être vues, notamment, sous l’angle du reconfinement du deuxième trimestre. Dans un tel contexte, les enquêtes trimestrielles Tankan ont été les bienvenues ce matin. Avec un peu de recul par rapport aux évolutions au mois le mois, leurs résultats sont encourageants, avec notamment une hausse des perspectives industrielles de 7 points au troisième trimestre par rapport au précédent. Un message à priori réconfortant, donc, face à l’anémie du côté des services qui ne semble pas sur le point de se muter en croissance d’ici peu : le solde d’opinion « non-manufacturier » est encore inférieur de 16 points à ses niveaux d’avant crise, ce qui n’est guère surprenant pour cette économie vieillissante. Au-delà des effets temporaires liés à la crise, cependant, le sort du Japon est industriel et très largement dépendant des débouchés mondiaux de la crise. Derrière les chiffres du Japon, les tendances de l’industrie mondiale se profilent. C’est aussi pour cela qu’il faut espérer que les anticipations manufacturières entrevues par le Tankan se confirment. Ce qui n’est pas gagné.

 

 

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L’inflation en repli en zone euro en juin malgré la réouverture…

L’inflation a légèrement reflué en juin en zone euro, à 1,9 % contre 2 % en mai. Les effets de base énergétiques s’estompent de sorte que la hausse annuelle des prix de l’énergie décélère de 13,1 à 12,5 %, malgré leur augmentation de 1,2 % entre mai et juin. Ce poste reste, de loin, le principal contributeur à l’inflation totale, malgré une nette accélération des prix des biens de 1,2 % l’an contre 0,7 % en mai. Conformément aux enquêtes, les industriels ont répercuté une partie du renchérissement de leurs intrants sur les consommateurs, à ce stade, toutefois, dans des proportions très inférieures à l’envolée des prix à la production. Plus surprenant, en période de réouverture de l’économie et malgré le surcoût de l’épidémie pour les professionnels du secteur, juin marque une net ralentissement de l’inflation des services, de 1,1 % à 0,7 %, à l’origine d’une stagnation de l’inflation sous-jacente, à 0,9 % l’an, un niveau incontestablement faible, toujours très éloigné de l’objectif de la BCE.

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En mai, les achats des ménages français retrouvent leur niveau de février !

En baisse de 8,7 % en avril, avec le confinement, la consommation de biens des ménages français à prix constants a rebondi de 10,4 % en mai. Le mois dernier a en effet été marqué par une levée progressive des contraintes sanitaires, la totalité des commerces ayant pu rouvrir le 19 mai. Ce rebond permet de retrouver, grosso-modo, les niveaux de février, similaires à ceux de la fin 2019. Il en est de même pour ce qui est du détail des secteurs, qui, malgré une progression parfois impressionnante (plus d’un doublement dans l’habillement, qui sans doute se retrouvera dans des soldes moins porteurs) n’affichent que dans de très rares cas des niveaux supérieurs à ceux d’avant crise. Hors énergie et alimentaire, seuls les biens d’équipement du foyer y parviennent. Il faudra faire aussi bien en juin pour sauver la consommation du deuxième trimestre.

 

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Il faut des effets de base spectaculaires pour voir une inflation européenne à 2 %

Nous y sommes, 2 % tout rond pour l’inflation en zone euro en mai…dont 1,2 point uniquement dû à l’énergie, c’est à dire principalement aux effets de base. La hausse des prix énergétiques de 13,1 % sur un an cache mal des chiffres particulièrement mornes ailleurs. Dans les services, l’inflation mensuelle atteint 0,2 % (non ajusté des variations saisonnières), pas vraiment compatible avec la hausse attendue de la réouverture de l’économie. Peut-être faut-il patienter encore un peu. Toujours est-il que, sur un an, la hausse de 1,1 % (après 0,9 %) campe sur de très bas niveaux assez semblables voire plutôt inférieurs à ceux d’avant la crise.  L’inflation sous-jacente se chiffre ainsi à 0,9 %. Avec une hausse annuelle de 0,7 %, les biens hors énergie et alimentaire marquent, pour le coup, un certain progrès par rapport à l’avant crise. Rien de très impressionnant, cependant. Enfin, les effets de base, cette fois négatifs, continuent de peser sur l’inflation alimentaire, qui stagne à 0,6 % sur un an.

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Banque d’Angleterre et PCE américains font sortir les marchés de taux de leur torpeur

Voilà le genre de déclarations auxquelles il va sans doute falloir s’habituer. Après avoir annoncé un ralentissement de ses achats d’actifs il y a trois semaines, la Banque d’Angleterre pourrait considérer la perspective d’une remontée de ses taux d’intérêt courant 2022, selon l’un des membres de son Comité de politique monétaire Gertjan Vlieghe. L’annonce a surpris. L’inflation britannique est loin d’avoir été parmi les plus vigoureuses ces derniers mois et les perspectives économiques post-Brexit sont encore aux proies à de nombreuses interrogations. Mais la reprise est là, elle est plutôt vigoureuse et incite la BoE à revoir à la hausse ses prévisions. Les déclarations de Vlieghe sont un peu comme la réponse du berger à la bergère.

 

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Principal risque souligné dans les minutes de la FED : le virus… Plus très crédible, non ?

Les minutes du dernier FOMC sont assez fidèles au communiqué publié immédiatement après le comité des 27 et 28 avril derniers. La FED constate une amélioration significative de la situation économique et des perspectives plus solide mais souligne la prévalence des risques baissiers, notamment liés aux incertitudes autour de l’évolution de la situation sanitaire. Elle envisage également un pic d’inflation temporairement au-dessus de 2 % mais ne voit pas d’autres sources d’inflation que celles issues des effets de base énergétiques et des tensions passagères sur l’offre. Pas de raison donc de précipiter le changement de cap que certains de ses membres commencent, néanmoins, à envisager comme une possible nécessité avant l’heure prévue. Trois semaines plus tard, ce compte-rendu semble avoir perdu beaucoup de sa pertinence.

 

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