Emballement des taux américains, l’Europe peut difficilement rester à l’écart

Alors que la remontée des taux d’intérêt américains s’accélère, l’Europe est-elle vouée au même sort ? La réponse la plus sûre est OUI à en juger par la forte corrélation de long terme entre les rendements des T-Notes et des Bunds à 10 ans, notamment depuis le début des années deux mille. Ce constat ne signifie pas que l’ampleur des mouvements soit systématiquement comparable mais que les périodes de forte hausse des taux d’intérêt à long terme américains sont le plus souvent accompagnées de remontées également significatives en Europe quand bien même, généralement, de moindre importance. Or, ce constat vaut pour tous les pays de la région, notamment en dehors du noyau dur…

 

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La monnaie hélicoptère ça marche tant que ça délivre…

En février, les dépenses des ménages américains ont reculé de 1,2 % à prix constants et retrouvent des niveaux similaires à ceux d’octobre dernier, inférieurs de 2,1 % à ceux de février 2020. A l’exception du fort rebond, de plus de 10 %, des dépenses dans l’hôtellerie, lesquelles restent néanmoins particulièrement déprimées, et d’une contribution positive de quelques services et de l’énergie, les différents postes d’achats reculent pour la plupart fortement. La consommation de biens, qui s’était bien reprise après la première vague de COVID, recule nettement : les dépenses d’habillement, d’équipement du foyer, d’informatique ou d’automobile refluent de près de 5 % par rapport à janvier. Si la rudesse de l’hiver dans certaines régions peut éventuellement être invoquée pour expliquer une part de ce recul, il n’en reste pas moins que février marque le troisième mois de baisse sur les quatre derniers, seul janvier, mois de distribution des chèques, faisant exception. En février, la fin de ces transferts gouvernementaux a engendré une chute de 8,2 % du revenu des ménages. Le consommateur américain est décidément accroc à la monnaie hélicoptère… ça tombe bien, les hélices s’activent à nouveau. Mais l’ensemble ne fait pas encore d’inflation. La hausse annuelle des prix de la consommation effective se tasse légèrement, à 1,4 % hors énergie et alimentation.

 

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La FED garde la main sur les taux 2 ans et laisse libre cours à l’inflation anticipée…

… Le dollar trinque, l’or salue l’évacuation du risque de changement de cap monétaire et l’écrasement des taux réels à court terme qu’il provoque.

Pas de changement de posture, donc, de la part de la FED qui continue officiellement à voir dans la remontée des taux longs une réaction normale des marchés à l’amélioration des perspectives économiques, que ses projections confortent ; ses prévisions de croissance pour 2021 sont revues à 6,5 % l’an pour la fin de l’année contre 4,2 % en décembre. La pentification de la courbe des taux ne préjugerait en rien de la nécessité de changer de cap monétaire. À ce titre, J. Powell rappelle que le niveau des taux d’intérêt est resté très bas pendant l’essentiel du cycle passé, pourtant le plus long de l’histoire contemporaine. Le changement de policy-mix ne soucie pas davantage le président de la FED qui met en avant la nécessité d’une politique de soutien à l’investissement, qu’il se donne, manifestement, comme mission de faciliter par le maintien d’une politique durablement très accommodante.

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Powell, ou comment acter le nouveau mixte de politique économique américain ?

Assurément risqué l’exercice de communication de J. Powell de ce soir qui devra tenter de réconcilier ce qui semble de moins en moins réconciliable, sinon dès ce mois-ci, du moins sans tarder, c’est à dire : Des révisions substantielles à la hausse de son scénario de croissance et d’inflation par rapport à celui de décembre, avant l’adoption de la rallonge budgétaire de 900 Mds de $ et le nouveau plan Biden de 1.900 Mds de $. Une vraisemblable révision à la hausse des perspectives de moyen terme de taux d’intérêt de ses membres, les DOTS, dont l’ampleur pourrait sensiblement compliquer l’exercice du Président de la FED devant la presse. La prolongation, ou non, de l’exclusion des Treasuries et des réserves bancaires des calculs de ratios de leviers, mesure introduite en avril dernier censée prendre fin le 31 mars qui, si elle n’était pas étendue, pourrait accentuer les tensions sur les conditions de financement du Trésor. L’absence, a priori, de changement imminent de sa politique monétaire ni le désir de donner plus de précisions sur les modifications à venir, dans un contexte encore éminemment incertain sur les tendances de plus long terme de l’économie américaine. Le tout en évitant de souffler sur les braises des marchés de taux qui seraient peut-être plus facile à éteindre si la FED pouvait effectivement affirmer que le mixte de politique économique a changé et que sa politique monétaire doit en prendre acte, option néanmoins impossible tant elle ferait encourir un risque majeur sur des marchés financiers dopés depuis plus de dix ans aux liquidités.

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Ambigus messages de la BCE

Comment se fait-il que la BCE ait attendu son comité de politique monétaire du 11 mars pour décider d’user des moyens déjà à sa disposition pour contrer la hausse des taux entamée début février ? Si Mme Lagarde semble avoir satisfait les marchés par son annonce d’une amplification à venir des achats dans le cadre du programme d’urgence face à la pandémie (PEPP), sa communication étonne à plus d’un titre. Rien n’empêchait la BCE d’être plus active ces dernières semaines tandis que les taux d’intérêt prenaient leur envol puisqu’elle dispose encore de 1 000 milliards qu’elle peut débourser d’ici mars 2022. Dès lors, pourquoi a-t-elle précisément fait l’inverse, réduisant significativement ses achats de titres ? Prise de conscience trop tardive ou opposition de certains membres face à la montée des craintes d’inflation ? La question taraude tant sa réponse pourrait éclairer sur sa lecture et sa stratégie future. Mais précisément nous n’avons pas de réponse à apporter.

 

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J. Powell ne panique pas ; les marchés, si. Qui sait, il finira peut-être par les suivre ?

Patatras ! J. Powell n’a pas répondu aux attentes des marchés à en juger par ses propos à l’occasion d’une conférence de presse. Il n’a pas l’intention d’intervenir pour contrer la pentification de la courbe des taux et n’est pas prêt à considérer une inflexion imminente de sa politique très accommodante pour contrer la hausse des anticipations d’inflation. S’il s’agissait de tester la sensibilité des marchés à l’approche du prochain FOMC des 16 et 17 mars, c’est chose faite. Ceux-ci sont, à l’évidence, dans l’attente d’action. Reste à savoir laquelle : plus de liquidités pour contrer la hausse des taux ou moins pour rassurer au sujet de sa vigilance à l’égard du risque d’inflation sur lequel les marchés focalisent ces dernières semaines ?

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L’inflation se stabilise à 0,9 % en zone euro en février

L’inflation en zone euro se stabilise à son niveau de janvier, de 0,9 % sur 12 mois. Outre le ralentissement des prix des services, à 1,2 % après 1,4 %, et la stabilisation de l’inflation alimentaire, à 1,4 %, la hausse des prix énergétiques et le recul de ceux des biens se neutralisent.

  • Les prix énergétiques se reprennent, du fait notamment des effets de base pétroliers. Ainsi, leur recul sur 12 mois n’est plus que de 1,7 %, contre 4,2 % en janvier. Du fait de ces mêmes effets de base, l’inflation énergétique devrait accélérer franchement dans les mois à venir, entraînant avec elle l’inflation totale.
  • L’inflation des biens retombe quant à elle de 1,5 % en janvier à 1 %. Son recul français, de plus d’un point, dénote avec la stabilité de l’Allemagne et de l’Italie. Le report des soldes dans l’Hexagone, mais aussi dans d’autres pays comme la Belgique, semble expliquer une bonne part de ce tassement.

À ce stade donc, pas grand-chose pour alimenter les craintes de résurgence inflationniste en zone euro. Si les effets énergétiques sont imparables et amenés à s’amplifier dans les tout prochains mois, les détails à ce stade disponibles sur les biens hors énergie et les services ne suggèrent aucun risque patent.

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Consommation allemande : janvier comme avril dernier

Plombée par le reconfinement et la fin de la TVA à taux réduit, la consommation allemande de biens se replie fortement en janvier. Les ventes de détail hors automobile reculent de 4,5% après une première chute, de plus de 9 %, en décembre, et atteignent leur plus bas niveau depuis avril dernier. Par rapport à janvier 2020, le recul enregistré est de 8,7 %, le plus fort depuis la réunification. Corrigée des effets saisonniers et calendaires (janvier 2020 comptait notamment un jour ouvré supplémentaire), la variation sur 12 mois est de -5,5 %, une chute aussi importante, donc, qu’au cœur de la première vague.

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