La BoJ, à son rythme

Dans un monde où 24 heures suffisent à faire ou défaire les grands équilibres mondiaux, l’extrême gradualisme de la BoJ ne cesse de surprendre. Après une troisième remontée de ses taux directeurs, à 0,75 %, en décembre, le statu quo n’a surpris personne cette semaine. M. Ueda finira sans doute par évoluer, du moins est-ce le message que renvoie la révision à la hausse des prévisions de croissance et d’inflation sous-jacente mais rien ne se passera de fait avant, au mieux, son prochain meeting, c’est-à-dire avant les élections convoquées par la première ministre, S. Takaichi, pour le 8 février. Les résultats de ce scrutin repousseront-ils une nouvelle fois sa décision ? Le cas de figure n’est pas totalement impossible. En attendant, le yen s’effrite davantage et les taux de financement campent sur leurs records dans un contexte d’extrême nervosité face aux promesses de Mme Sanae Takaichi de renverser la table avec une politique expansionniste au coût exorbitant pour les finances publiques. Les chefs d’entreprises trouvent leur compte dans ces développements, à en juger par l’envolée des PMI, manufacturier avant tout, en progression de 2,8 points entre novembre et janvier, à 51,5 ce mois-ci, de quoi permettre au Nikkei de se maintenir à deux doigts de ses records de la semaine dernière malgré la dissolution du Parlement depuis ce matin, en vue de la préparation, au pas de course, des élections du 8 février. Entre Ueda et Takaichi, c’est un peu le lièvre et la tortue…

La croissance américaine, de record en record, continue, malgré tout, de questionner

Les données actualisées du PIB du troisième trimestre ont subi une révision à la hausse d’un dixième, à 4,4 % en rythme annualisé, après 3,8 % au deuxième trimestre. Les résultats de l’économie américaine sont donc, au moins en apparence, de très bonne facture, avec, qui plus est, une estimation par la Fed d’Atlanta de quasiment 5,5 % pour la fin de l’année dernière. Après un début d’année morose, le secteur manufacturier poursuit son rattrapage et explique, à lui seul, plus de la moitié de la croissance du PIB du troisième trimestre, un peu moins qu’au deuxième mais, toujours, une proportion élevée. La situation s’est malgré tout améliorée dans les services, avec une contribution de moitié à la croissance du PIB du troisième trimestre, également la plus forte depuis trois ans. Le secteur de la construction est à l’écart, en territoire récessif pour le troisième trimestre consécutif, sans pour autant avoir d’impact notoire sur la conjoncture dans son ensemble, à ce stade.

On comprend le satisfécit de D. Trump sur son bilan. Restent malgré tout bon nombre de questions sur les développements en cours.

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Non, D. Trump n’a pas refermé à Davos la crise qu’il a ouverte le week-end dernier

La prise de parole de D. Trump au forum de Davos était au cœur des attentes du jour. Que retenir de la logorrhée à laquelle s’est livré le président américain ?
1- Sans surprise, il n’a pas tari d’éloges sur son bilan, au sujet duquel il a égrené les réussites supposées de son année au pouvoir, parfois sur la base de données ou d’affirmations des plus fantaisistes. Cette longue première partie de son discours, à destination de son électorat, avait pour objectif de rappeler son engagement à l’égard des ménages américains.
2- D. Trump a aussi cherché à justifier sa volonté d’annexer le Groenland, reprochant, notamment, aux Danois de ne pas avoir agi comme ils s’y étaient engagés pour portéger la région. En somme, D. Trump n’aurait pas d’autre choix que de mettre la main sur ce territoire, vital pour la sécurité de l’Amérique.
3- Le président américain a soigné son image, un brin paternaliste, évitant d’apparaître comme un va-t-en guerre. Mais, s’il a explicitement écarté le recours à la force pour obtenir le Groenland, ses propos particulièrement critiques et méprisants à l’égard des pays européens, mêlaient moqueries et provocations, en même temps que menaces explicites ou à mots à peine couverts, a priori, économiques, peut-être géopolitiques.
Quand bien même, le président américain n’a donné aucune précision sur ses intentions, le conflit est donc incontestablement ouvert entre l’Amérique de D. Trump et les Européens et l’on voit mal, après ce discours, comment les uns et les autres pourraient s’asseoir à la table de négociations, à ce stade, pour régler les différends en présence. Il faut donc s’attendre à des rebondissements et, vraisemblablement, à une escalade au niveau, au moins, commercial.

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En Chine, comme ailleurs, les prouesses technologiques ne font pas tout

Palpable depuis les printemps, la tendance se précise avec les données du dernier trimestre et de l’ensemble de l’année 2025 : sauf le secteur technologique, l’économie chinoise patine, voire s’enlise dangereusement. Vue sous cet angle, la situation ressemble plus qu’on ne le pense à l’américaine, aggravée dans le cas de l’Empire du Milieu par de puissants effets richesse négatifs, contrairement aux Etats-Unis, où ces derniers camouflent efficacement la misère d’une croissance en K. La crise immobilière a, de ce fait, des conséquences décuplées sur une économie chinoise, tout à la fois, capable de briller dans les domaines stratégiques de pointe et de donner l’impression de sombrer dans de nombreux autres, à l’égard desquels le gouvernement semble avoir capitulé, au grand dam d’une large majorité des consommateurs. Il faudra bien, pourtant, que la situation évolue pour que Xi Jinping conserve le soutien indéfectible d’une population dont il a plus que jamais besoin dans le contexte en présence.

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Quand le pétrole entre dans la danse, un puissant « game changer » potentiel

L’envolée des métaux précieux et plus récemment des métaux industriels n’a pas eu de conséquences significatives jusqu’à présent. Reflet de la montée des crispations géopolitiques et de la défiance à l’égard des politiques monétaires, la hausse des métaux précieux n’a pas d’effets économiques majeurs en retour. Celle des métaux industriels en aura davantage, en particulier sur les coûts de production, mais en l’absence de tensions sur les prix de l’énergie, son impact peut être considéré comme relativement marginal, à l’exception de quelques rares secteurs. La donne pourrait changer radicalement si les prix de l’énergie finissent par être enrôlés dans une dynamique haussière, comme le fait craindre l’envolée des cours du brut de ces tout derniers jours.

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5,3 % r. a., la croissance américaine toujours plus forte mais pas pour les consommateurs

CPI du mois de décembre hier, PPI et ventes de détail du mois de novembre aujourd’hui, le calendrier économique américain reste perturbé depuis le shutdown et la lecture des tendances en place n’en est pas simplifiée.
Premier constat, il ne se passe, a priori, pas grand-chose de significatif.
• Si les données d’inflation donnent lieu à des analyses quelque peu différentes d’un lecteur à l’autre, les conclusions sont rarement très éloignées : l’inflation s’assagit sans, toutefois, parvenir à convaincre le consensus.
• Pas grand-chose, non plus, du côté des ventes de détail. Ces dernières sont relativement mornes et les données du mois de novembre sont à prendre avec prudence, avec une économie sous shutdown jusqu’au 13 du même mois. Un peu de recul permet, toutefois, de mettre en évidence quelques tendances caractéristiques…

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L’inflation décroche en Allemagne et baisse à 0,7 % en France. La BCE peut-elle réagir ?

Les retours en provenance des enquêtes avaient signalé de moindres tensions inflationnistes ces derniers temps en Allemagne. Les données préliminaires du mois de décembre vont au-delà des espoirs avec une chute de six dixièmes du taux d’inflation harmonisé de la première économie de l’union monétaire, de 2,6 % à 2 % entre novembre et décembre. Avec une inflation toujours plus faible en France, publiée plus tôt ce matin en repli, de 0,8 % en novembre à 0,7 % en fin d’année, la BCE finira-t-elle par reconsidérer sa posture ? Les appels en ce sens se sont multipliés parmi les économistes ces derniers temps et le contexte international en présence justifierait, à plus d’un titre, une inflexion de la politique monétaire. Avec des taux directeurs à 2 %, passer ce cap signifierait que la BCE soit prête à envisager d’aller potentiellement beaucoup plus loin courant 2026, une fois J. Powell, vraisemblablement, remplacé par un acteur beaucoup plus laxiste. La BCE mettra, sans doute, au mieux, du temps avant de passer ce cap.

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« On balance »… la Fed n’envisage pas de baisser davantage ses taux en décembre

En dépit de nombreuses incertitudes sur les tendances de la conjoncture américaine en plein shutdown et de dissensions inhabituelles entre les membres du FOMC, le fin mot des minutes du dernier comité de politique monétaire est des plus limpide, posé sur le papier en fin de compte-rendu, en ces termes : « La plupart des participants notent que, dans un contexte d’inflation élevée et de refroidissement très progressif des conditions du marché du travail, de nouvelles réductions des taux directeurs pourraient accroître le risque d’une inflation plus élevée ou être interprétées, à tort, comme un manque d’engagement des décideurs politiques envers l’objectif d’inflation de 2 % ». Voilà qui devrait aider à départager les anticipations encore très hésitantes sur l’issue du prochain FOMC.

Les taux futurs ont pris acte de ces conclusions, poussant l’ensemble de la courbe des taux vers le haut, quand bien même dans des proportions limitées, de 1 à 2 points de base. Le dollar, qui avait pris de l’avance dans la journée, a peu évolué tandis que les indices américains, concentrés sur la publication à venir des résultats de Nvidia ont à peine frémi. De ce compte-rendu ressort une préoccupation des membres de la Fed de ne pas risquer d’apparaître moins vigilants à l’égard de l’objectif d’une inflation à 2 %, un ressaisissement incontestablement bienvenu, aux multiples conséquences pour les marchés internationaux.

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