La Banque d’Angleterre, aux abois, sur une pente sacrément savonneuse

La Banque d’Angleterre a annoncé et initié ce jour un programme d’achat de 65 milliards de Gilts visant à stopper la chute historique des obligations de l’État britannique provoquée par les annonces du nouveau gouvernement de Liz Truss de vendredi dernier. Le programme, qui a débuté aujourd’hui dans un contexte de panique exceptionnelle, consiste en l’achat journalier de 5 milliards de livres de titres d’ici au 15 octobre. Ces interventions ont eu pour effet immédiat de faire chuter les taux à 2 et 10 ans de plus de 40 points de base et les échéances à 30 ans de plus de 100 pb, de 5,10 % ce matin à 3,96 % en milieu d’après-midi, soit peu ou prou le niveau qu’ils avaient avant les annonces de vendredi. Dans un premier temps, très négative sur la livre Sterling, l’initiative a finalement volé au secours de la devise, sur fond néanmoins de grande instabilité alimentée par la stupéfaction et d’intenses interrogations sur ce qui pourrait suivre. La Banque d’Angleterre a manifestement commis une erreur d’appréciation jeudi dernier à l’occasion de son Comité de politique monétaire et risque d’en payer de lourdes conséquences dans un contexte de marché d’une rare nervosité. Où en sommes-nous ?

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Récessifs ou résilients, les PMI accentuent la panique sur les marchés

Difficile d’imaginer pire récolte de PMI pour les marchés que celle de septembre, tant elle confirme la plupart des craintes qui couvent depuis la rentrée : une récession quasi-assurée en zone euro à l’approche de l’hiver, un expansionnisme budgétaire malvenu que marque l’entrée en fonction de Liz Truss au Royaume-Uni et une légère amélioration conjoncturelle américaine qui donne plus de marges à la FED pour remonter ses taux, pousser le dollar plus haut encore et, par là-même, contraindre la plupart des autres banques centrales à lui emboiter le pas. La situation en présence ne souffre pas davantage les bonnes que les mauvaises nouvelles conjoncturelles, en témoigne l’extrême nervosité des marchés aujourd’hui où se cumulent envolée des anticipations de hausses des taux et accentuation des risques de récession.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Le roseau plie mais ne rompt pas, selon l’enquête INSEE

Les incertitudes en présence conduisent l’économiste à chercher dans les données de conjoncture et d’enquêtes des indices de l’ampleur de la crise qui guette l’Europe. Si l’on en croît les climats des affaires de l’INSEE, rien de terrible, pour l’heure, du moins. Tiré à la baisse par toutes ses principales composantes, l’indicateur composite perd deux points à 102. Cela correspond à un recul de 10 points depuis février mais à un niveau toujours supérieur à la moyenne de long terme. Cette trajectoire descendante et les conséquences, pour l’heure diffuses, des pertes de pouvoir d’achat, alimentent les craintes de récession, sans pour autant indiquer de choc d’ampleur. Un constat qui n’en reste pas moins précaire à la veille de l’hiver.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

La FED, en mode définitivement restrictif, relève son objectif de taux réel à 150 pb

Le ton est donné et, comme J. Powell a jugé bon de le souligner devant la presse, c’est le même que celui de Jackson Hole : la FED fera tout pour ramener l’inflation à 2 % et en assume le coût économique, notamment pour le marché de l’emploi, qui reste, à ses yeux, le problème numéro un. J. Powell, presque gêné d’avoir à formuler les choses en ce sens, fait de la remontée du taux de chômage un passage obligé pour lutter contre l’inflation. Il envisage pour cela de relever le taux des Fed Funds à 4,50 % d’ici décembre et entre 4,75 % et 5 % d’ici la fin de l’année prochaine, une projection qui laisse la porte ouverte à la possibilité de taux temporairement plus élevés début 2023, avant une légère détente en 2024.

Si le FOMC n’a pas jugé bon de relever les Fed Funds de 100 pb cette semaine, il s’est rattrapé sur ses projections et délivre, ainsi, un message des plus déterminés, que confirme le déroulé de son communiqué et chacune des réponses de J. Powell aux questions des journalistes. La FED maintiendra l’économie américaine en sous-régime pendant une période suffisamment longue pour éradiquer l’inflation et s’est fixée pour cela de parvenir à des taux réels positifs de 150 points de base au moins en 2023 et 2024, ce qui pourrait la pousser à des hausses plus importantes de ses taux d’intérêt si l’inflation reflue moins vite que prévu. Un message on ne peut plus clair !

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Il ne se passe rien aux Etats-Unis mais c’est encore trop pour la FED !

Tant que perdure l’inflation et que les données d’activité sont peu ou prou satisfaisantes, il n’y a pas vraiment de question à se poser sur l’orientation à venir de la FED : elle restera restrictive. C’est probablement la principale conclusion à retirer des données publiées aujourd’hui. Les ventes de détail nominales ont progressé de 0,3 % en août, soit de deux dixièmes de plus que l’inflation totale mais ont été révisées à la baisse de quatre dixièmes le mois précédent, à -0,4 %. La production industrielle baisse de 0,2 % en raison du recul des utilities mais sa composante manufacturière ne fait pas grand-chose, avec un gain marginal, de 0,1 %. Reste le recul de l’indicateur sur les conditions courantes du Philly Fed qui retombe à ses niveaux de juillet mais qui est nuancé par le léger rebond des perspectives et la remontée de l’indicateur new-yorkais, l’« Empire State »… L’ensemble n’a rien de particulièrement palpitant mais assez largement insuffisant pour inquiéter la FED.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Quel soutien l’industrie peut-elle encore apporter à l’économie française ?

Contrairement à l’Allemagne, la France n’est plus véritablement, depuis longtemps, un pays industriel. Reste qu’il ne s’agit pas non plus d’un poste négligeable et qu’il représente 13 % de la valeur ajoutée nationale. Après la crise de 2008, la production industrielle ne s’est jamais vraiment remise de sa forte baisse et a, globalement, plafonné sur des niveaux d’activité inférieurs de 10 % à ceux début du millénaire. En sera-t-il de même après le Covid ? Pour l’heure, en effet, la production manufacturière accuse toujours un retard d’environ 7 % sur ses niveaux de début 2019. Autrement dit, le phénomène semble encore se répéter et souligne davantage le tableau d’une industrie déliquescente qui se dessine depuis vingt ans. La baisse de 1,6 % constatée en juillet est, par ailleurs, loin  de démentir cette tendance. Or, alors que l’horizon conjoncturel devient de plus en plus menaçant, un « coup de pouce », même ponctuel, du secteur secondaire serait le bienvenu. Les enquêtes en provenance de l’aéronautique peuvent le laisser espérer, mais méritent d’être largement nuancées.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

L’inflation dépasse 10% dans 10 pays de la zone euro, la BCE prépare le sauvetage ?

Que restera-t-il de la consommation une fois le rattrapage lié à la normalisation des conditions sanitaires effectué si l’inflation poursuit sa course, éventuellement aggravée par le renchérissement à venir du gaz et de l’électricité ? Les données de ce matin nous donnent quelques pistes… L’inflation en zone euro a encore gagné 0,2 point en août, à 9,1 %, avec une progression à deux chiffres dans 10 pays. Par ailleurs, les données de consommation de biens en France sont sans appel, avec une chute de 0,8 % des achats réels en juillet et un plus bas depuis 2013 pour l’alimentaire, dont les prix ne cessent d’accélérer. Encore l’Hexagone est-il plutôt protégé avec une inflation harmonisée de 6,5 %, en légère baisse par rapport à juillet, et surtout la plus basse de l’union monétaire, et un soutien assez massif de l’État. Les sacrifices semblent pourtant avoir été de taille (pour sauver les vacances ?) et la situation ne s’arrangera pas si les prix énergétiques s’emballent à nouveau d’ici la fin de l’année. La BCE ne manquera probablement pas l’occasion de pointer les risques induits de l’envolée des prix pour justifier le durcissement de sa posture la semaine prochaine. Voilà que les risques de récession pourraient donc l’encourager à relever un peu plus ses taux…

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

L’inflation allemande revient sur ses plus hauts, la BCE sur le pied de guerre

Après les PPI de juillet, en hausse de 37,2 % après 32,7 % en juin, l’inflation allemande du mois d’août balaie les espoirs d’avoir déjà dépassé son pic. La hausse des prix à la consommation a, en effet, retrouvé son rythme du mois de mai ce mois-ci, à 7,9 % après 7,5 % en juillet, tandis que sa mesure harmonisée atteint un plus haut de 8,8 % contre 8,7 % il y a quatre mois. L’économie allemande n’en a donc pas terminé avec l’inflation, contrairement à l’Espagne où l’impact du repli des prix énergétiques commence à se faire ressentir, avec une inflation totale en repli de 0,4 point, à 10,4 %, malgré une hausse de trois dixièmes de sa partie sous-jacente, à 6,4 %.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre