« Si nous agissons seuls nous serons à la merci d’évènements plus grands que nous, menaçants pour la paix et la sécurité européenne » Mario Draghi, président de la BCE, reprenant les mots de Carlo Azeglio Ciampi, le 21 novembre 2016, en conclusion de son allocution devant le Parlement européen.
L’onde de choc du résultat des élections américaines s’est abattue sur l’Europe depuis quinze jours, faisant brutalement prendre conscience d’une réalité que le Brexit, trop vite considéré comme une nouvelle expression de l’exception britannique, n’avait permis de provoquer malgré sa détonation première. À ce titre, les mots utilisés par Mario Draghi pour conclure son allocution devant le parlement européen en début de semaine sont cinglants, faisant preuve d’une lucidité rarement égalée parmi les responsables européens. Les propos du président de la commission européenne, JC Juncker, ne sont pas moins troublants, révélateurs des difficultés de gouvernance et de la paralysie d’un ensemble dans lequel les responsabilités sont sans cesse menacées.
L’Europe saura-t-elle dans de telles conditions relever les défis nécessaires à la préservation de sa cohésion et de son existence même ? De plus en plus nombreux sont les observateurs à en douter quand l’agenda électoral des mois à venir menace d’ébranler un peu plus le fragile édifice en place et n’est guère propice à l’accélération du temps qui serait nécessaire pour faire face aux enjeux en présence. Et pourtant, s’il est une évidence, c’est bien celle de l’urgence. Car, bien que la situation économique soit incontestablement meilleure qu’au cours des dernières années, avouons qu’il ne reste plus grand espoir que la croissance spontanée parvienne à être suffisamment généreuse pour couper l’herbe sous le pied de l’euroscepticisme en présence quand, même l’Allemagne ne parvient à s’en sortir.




