Dans les mois qui suivirent la crise financière de 2008 sont apparues deux principales menaces sur la scène internationale : celle dite d’une « japonisation » du monde occidental et, simultanément, celle d’une montée en puissance du protectionnisme. Les politiques volontaires de sortie de crise qui permirent à l’économie mondiale de renouer en un temps record avec la croissance, l’investissement et les échanges, mirent assez rapidement ces deux préoccupations à l’écart. L’espoir né des développements du monde émergent, de la montée en puissance des besoins des nouvelles classes moyennes et de ses effets d’entraînement potentiels sur les échanges et les prix mondiaux étaient à, ce titre, d’une redoutable efficacité. En 2012, les projections de long terme du FMI, qui envisageaient une croissance de près de 6 % l’an en moyenne du monde émergent pour les dix années suivantes, suscitaient plus de craintes d’insuffisance des ressources que de quelconques risques déflationnistes quand, par ailleurs, le haut degré d’interdépendance qui se profilait entre producteurs et consommateurs semblait constituer une assurance contre toute velléité protectionniste



