Covid-19 : d’un choc d’offre chinois à un choc de demande mondiale

Parmi les difficultés à anticiper les effets de l’épidémie de coronavirus, réside, entre autres incertitudes de taille, le fait d’être simultanément confronté à un double choc d’offre et de demande aux pourtours incertains en même temps que mouvants. En période de crise aigüe, la frontière entre ces deux types d’impacts est bien souvent étroite, le premier risquant sans délai de muter vers le second dès lors que l’appareil productif, les transports, l’emploi ou les moyens de financement (2008) sont paralysés.

De l’ampleur de ces dérèglements dépend le risque de transformation d’un choc initial d’offre, essentiellement chinois, en choc de demande globale aux conséquences éminemment différentes sur les comportements, les anticipations et les réponses à apporter. Où en sommes-nous aujourd’hui et qu’en déduire pour l’environnement financier immédiat ?

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La menace financière prend le pas sur la menace sanitaire du Covid-19

Dans un contexte de marchés très largement surachetés, ce que l’on pouvait craindre la semaine dernière n’a pas tardé à se produire : l’onde de choc financière née de la propagation du virus en dehors des frontières chinoises ces derniers jours est d’une rare violence, au point, déjà, de donner une nouvelle dimension à cette crise ; en l’occurrence, celle d’une crise financière longtemps redoutée qui, si elle venait à se prolonger, aurait des conséquences potentiellement plus dommageables que l’épidémie du Covid-19.

En une semaine, les bourses mondiales ont effacé l’intégralité des gains de six mois de frénésie haussière et franchissent les unes après les autres les seuils critiques qui augmentent le risque d’emballement à la baisse et, de facto, la probabilité d’un choc économique majeur. Dans de telles circonstances, les réactions ne devraient pas tarder. Baisses des taux d’intérêt et initiatives budgétaires se profilent à travers le monde. De la rapidité de ces réponses et de l’évolution de la pandémie dépendra l’évolution du contexte financier et le choc économique final. Deux scénarii se dégagent.

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Covid-19 : un premier dépistage macro

Comme enflés à l’hélium par les liquidités, les marchés boursiers ont jusqu’à présent superbement ignoré le choc du coronavirus. Le cap de l’exubérance de la fin d’année dernière a été d’autant plus facile à garder que nous n’avons, à ce stade, que très peu d’illustrations des effets de cette épidémie. Ce n’est qu’à partir du début du mois de février, en effet, que la paralysie de l’économie chinoise a véritablement gagné du terrain. Il faudra donc attendre encore quelques jours ou semaines pour être en mesure d’évaluer l’impact de cette crise sanitaire d’envergure. Le réveil risque d’être brutal.

À quoi se préparer, quels sont les rouages de transmission de ce choc avant tout chinois sur l’activité internationale, les principales sources d’incertitudes ou d’interrogations liées au conséquences de cette épidémie ? Nous dressons ici un premier dépistage.

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Le Coronavirus, premier défi pour la BCE de Mme Lagarde ; l’euro flanche

Il aurait assurément fallu plus de temps à Mme Lagarde pour parvenir à ses fins ; à savoir, réussir à enclencher une nouvelle dynamique du policy-mix qui permette progressivement à la BCE de s’extirper de la trappe des taux d’intérêt négatifs. L’épidémie de Coronavirus ne lui laissera vraisemblablement pas ce loisir. Plus rapide que la capacité de la Commission et des gouvernements de la zone euro à se mouvoir, son impact économique, bien qu’encore très incertain, a tout lieu d’être suffisant pour contraindre Mme Lagarde à prendre des décisions contraires à ses souhaits initiaux. Comme déjà signalé cette semaine par Philip Lane, économiste en chef de la BCE, la probabilité de nouvelles baisses des taux de dépôts a regagné du terrain ces derniers temps ; ceci malgré le repli du cours de l’euro qui, signe de temps nouveaux, ne semble guère émouvoir l’actuel conseil des gouverneurs de la BCE.

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La récession guette à nouveau en Europe

L’amélioration du sentiment sur l’industrie allemande a été le principal catalyseur du rebond des bourses européennes, voire au-delà, depuis la fin de l’été dernier. Portés par l’évacuation des risques majeurs d’un Brexit sans accord ou d’une escalade dans la guerre commerciale sino-américaine, les indicateurs du climat des affaires ont entretenu l’espoir d’une reprise de l’activité mondiale dont profiterait naturellement la première industrie occidentale, quoi qu’il en soit des inquiétudes légitimes sur certains des secteurs-clés de l’industrie allemande. Les données publiées cette semaine constituent, à ce titre, un cinglant désaveu, avant même que ne soient enregistrés les premiers effets de l’épidémie de coronavirus dont tout laisse penser qu’ils seront particulièrement sévères. L’ensemble a tout lieu de réveiller sans tarder le spectre d’une récession et de mettre en exergue, dans la foulée, le grand vide de moyens de politique économique pour faire face à cette détérioration. Les injections de liquidités et l’écrasement des taux d’intérêt qui semble se profiler à nouveau suffiront-ils à faire avaler la couleuvre aux marchés ? L’hypothèse est de plus en plus difficile à envisager.

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Le pragmatisme britannique à l’épreuve de l’utopie ultra libérale

Quel futur choisira Boris Johnson pour l’économie britannique à partir de maintenant ? Cette question taraude les esprits. Faute de connaitre la stratégie que privilégiera le premier ministre britannique, c’est à un imbroglio de scénarii à y perdre son latin que se confronte celui qui se penche sur le sujet. A bien y réfléchir, pourtant, les vraies options se résument principalement au nombre de deux :

  • soit B. Johnson joue la carte de la sécurité économique, autrement dit celle qui préserve de solides liens avec l’UE et privilégie la conciliation, quitte à s’asseoir sur un certain nombre de ses promesses électoralistes.
  • soit il rompt véritablement les ponts avec Bruxelles ce qui le mène immanquablement dans une bataille idéologique qui ne trouvera de sens que dans l’expression d’un jusqu’au-boutisme libéral aux développements et conséquences très largement incertaines.

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Les cycliques européennes à cloche-pied

L’élan des valeurs cycliques européennes de la fin de l’année dernière a fait long feu depuis le début du mois. Manque de conviction quant à l’ampleur de l’amélioration des perspectives économiques, attentes de résultats après une forte hausse des multiples, absence de visibilité sur le sort des secteurs-clés de l’industrie expliquent pour l’essentiel cette situation. Dans un environnement de hausse persistante des indices, ces éléments ont abouti à un retard des valeurs cycliques par rapport à l’ensemble du marché d’une rare ampleur qui a probablement peu de chances de durer. Rares ont été, en effet, les périodes passées au cours desquelles de telles distorsions se sont éternisées. Comment, dès lors, la normalisation pourrait-elle s’effectuer et quelles pourraient être les stratégies privilégiées par les investisseurs selon les cas ?

 

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Frénésie financière : une roulette russe sur la tempe de l’économie mondiale

Buy the rumor, buy the fact ! Malgré le scepticisme exprimé de toutes parts, la signature de la phase I de l’accord commercial sino-américain se révèle un nouveau prétexte pour une flambée des actifs mondiaux. La frénésie des marchés financiers semble totalement incontrôlée et incontrôlable et, au rythme où vont les choses, il est difficile de faire l’autruche et d’échapper à la question : comment tout ceci se termine ? Nul n’a le pouvoir de le prédire, que ce soit dans la forme ou dans le temps. C’est le propre des bulles, en effet, que de dépasser l’entendement et de piéger les agents en défiant toujours plus les fondamentaux. Mais on ne pourra pas dire que les économistes n’auront pas prévenu : les phénomènes spéculatifs atteignent des proportions inédites qui agissent aujourd’hui comme des menaces de premier plan, sans commune mesure avec les risques économiques, sur les perspectives mondiales. Piégés, les responsables de politiques économiques n’ont d’autre choix que de brosser la bête dans le sens du poil, ce qui revient à accroître plus encore les risques futurs. Mais leur capacité à repousser l’échéance aura forcément une fin. D’où pourrait-elle venir ?

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