La FED ne trouvera pas dans le rapport sur l’emploi de quoi faire dans la dentelle

Bien peu de choses dans le rapport sur l’emploi américain du mois de juin pour retenir la FED d’aller dans le sens souhaité en matière de resserrement monétaire. L’économie américaine aurait créé 372 K postes le mois dernier dont 381 K dans le seul secteur privé, davantage qu’en mai quand les créations de postes privés avaient atteint 330 K. Voilà de quoi conforter la lecture de J. Powell sur la vigueur de l’économie américaine et prendre largement à revers la révision à la baisse des anticipations de hausse des taux des marchés de ces dernières semaines. La FED a tout en main pour poursuivre le chemin vers un durcissement accéléré de ses conditions monétaires, tel que souligné dans les minutes du dernier FOMC publiées plus tôt cette semaine qui, au vu des chiffres du jour, sont loin d’être dépassées. Du moins n’ira-t-elle pas rechercher les informations qui pourraient la dévier de sa course en juillet, tels le ralentissement du taux de salaires ou le déficit persistant d’un demi millions de postes par rapport à février 2020 : la probabilité d’une hausse de ¾ de points des Fed Funds en fin de mois est indiscutablement augmentée.

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La FED n’en fait pas trop ; les taux et le dollar fléchissent, les bourses et les MP respirent

Fait inhabituel, J. Powell a débuté sa conférence de presse en s’adressant aux Américains pour les rassurer sur le fait que la FED a les moyens de lutter contre l’inflation et de restaurer la stabilité des prix. Elle justifie ainsi la remontée de son l’objectif des Fed funds d’un demi-point, pour la première fois en 22 ans, et envisage de faire de même à l’occasion des deux prochaines réunions. Pour autant, la FED ne considère pas devoir aller plus vite ; il n’en fallait pas davantage pour rassurer sur le fait qu’elle ne partait pas bille en tête dans une stratégie trop agressive ainsi que certains propos ou indicateurs récents avaient pu le laisser craindre.

La réduction de son bilan, est, par ailleurs, confirmée et débutera en juin, selon les termes déjà précisés dans les minutes du dernier comité, à raison de 95 milliards de dollars par mois, pour une durée envisagée de 3 ans, soit une baisse de 3 000 milliards de dollars qui abaisserait son stock d’actifs d’un tiers, si elle parvient à son terme.

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Aux Etats-Unis, le rapport sur l’emploi qui détonne

Les données de l’ADP auront une nouvelle fois envoyé un signal trompeur ce mois-ci : l’emploi salarié américain n’a pas baissé comme indiqué mercredi mais se serait, au contraire, amélioré beaucoup plus nettement qu’attendu, avec 467 K créations de postes, après 501 K en décembre selon les données révisées, plus de deux fois supérieures aux données initiales. De quoi y perdre son latin. Les révisions des uns et des autres ne facilitent pas la tâche : nettoyage annuels des données d’emplois et de population active et nouvelles estimations des coefficients saisonniers font valser les étiquettes. Si, comme le précise le BLS dans son rapport de ce jour, les révisions s’équilibrent entre les corrections à la baisse des créations mensuelles de mars à juillet 2021 et à la hausse sur le reste de l’année, pas sûr que la perception qu’en auront les marchés et la FED sera aussi équilibrée.

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Emploi américain : vers un nouveau plan d’urgence contre la pauvreté ?

Voilà un nouveau rapport sur l’emploi américain bien peu porteur avec des créations nettes encore une fois très décevantes : seulement 559 K pour l’ensemble non agricole en mai dont 492 K pour le seul secteur privé. Si les chiffres de l’ADP d’hier ont pu laisser penser à une possible bonne surprise après la grosse déception d’avril, il n’en est rien. L’emploi se traîne et la stabilisation de la durée du travail n’est guère signe de surchauffe. En revanche, le taux de chômage, traditionnellement très influent sur l’orientation de la FED baisse de trois dixièmes, à 5,8 % quand, simultanément, les salaires moyens augmentent de 0,5 % après 0,7 %. C’est, vu sous cet angle, un peu comme le pire des scénarii avec, simultanément, l’évidence d’une reprise particulièrement molle en même temps que plus inflationniste… À y regarder de plus près, cependant, rien ne valide à ce stade de telles préoccupations quand, par ailleurs, les tendances de fond, mettent plutôt en lumière les difficultés des Américains à trouver un emploi suffisant pour satisfaire leurs besoins : le multi-salariat s’envole de 400 K en mai. Sur les marchés de taux, les rendements accusent le coup : les taux retombent et effacent leur gains d’hier et davantage ; une réaction, de facto, favorable à l’or, beaucoup moins au dollar et, conformément à ce qui anime les bourses aujourd’hui, porteuse pour les indices américains… moins pour les européens, plus sensibles à l’espoir d’une croissance américaine revigorée, mis sous-cloche.

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Quand les Américains se ruent sur les voitures d’occasion, l’inflation flambe

L’inflation américaine s’est envolée à 4,2 % l’an en avril, après 2,6 % en mars ; un plus haut depuis septembre 2008, sous le coup d’une hausse mensuelle des prix de 0,8 % et de puissants effets de base. Mauvaise surprise, l’inflation sous-jacente, s’est également emballée à 3 %, contre 1,6 % en mars. À première vue, ces résultats ne sont pas bons et certains ne manqueront pas d’y voir la concrétisation d’un environnement définitivement plus inflationniste. Les détails du rapport ne valident pas ce diagnostic, tout du moins, pas à ce stade. Au-delà de l’impact des effets de base, l’accélération de l’inflation tient, en effet, à quasiment un seul phénomène : l’envolée des prix des véhicules d’occasion de 10 % entre mars et avril, qui explique à elle seule le tiers de la hausse de l’inflation du mois d’avril.

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L’inflation américaine : quelques repères avant des chiffres très suivis

L’inflation américaine a affiché un plus haut de plus de deux ans au mois de mars, à +2,6 %. Elle devrait s’envoler entre 3 % et 4 % en avril, selon les données attendues demain. Une bonne part de cette hausse est « déjà faite », liée aux effets de base, énergétiques et sous-jacents. Reste donc les inconnues susceptibles de surprendre qui permettront de porter un diagnostic. Celles-ci concernent principalement deux points :

L’évolution des prix industriels hors énergie, avec une question-clé : les entreprises parviennent-elles à répercuter la hausse de leurs coûts de production sur leurs prix de vente, signe d’une préservation de leurs marges et d’une faible sensibilité de la demande, ou l’inverse ?

L’effet de la réouverture de l’économie sur les prix des services, lesquels s’ils évoluaient beaucoup plus fortement que lors des conditions semblables de l’été dernier ou du mois de janvier, attiseraient des craintes d’un dérapage possiblement durable de l’inflation.

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La croissance US hélitreuillée est conforme aux attentes ; c’est au moins ça !

Comme attendu, le PIB réel américain a progressé de 6,4 % en rythme annualisé (1,6 % non annualisé) au premier trimestre 2021. Le retard par rapport à son niveau d’avant crise est ainsi ramené à un peu moins de 1 %, qui devrait être comblé sans difficulté au cours des trois prochains mois. La reprise semble donc engagée et le rattrapage du troisième trimestre devrait suffire à assurer une croissance d’au moins 7 % en moyenne cette année. Mais l’économie américaine tient grâce aux béquilles gouvernementales.

Les ménages ont reçu deux chèques de l’administration au cours du premier trimestre, plus de 2,2 Trn de dollars qui ont constitué 96 % de la croissance de leur revenu disponible, dont l’essentiel est allé à l’épargne et aux achats de biens, source quasi-exclusive de la croissance du PIB. Leurs revenus dépendront à l’avenir de l’emploi, des salaires ainsi que des prix et, sans doute, faudra-t-il qu’ils puisent dans leur épargne pour entretenir le rattrapage de la demande. De cela découlera le rebond plus ou moins rapide de l’activité dans les services, qui, contrairement à l’industrie, accusent encore un gros retard par rapport à la situation d’avant crise. Et de cela dépendront in fine les tendances de l’emploi et de ce qui fera la croissance avant que les réformes structurelles de J. Biden portent leurs fruits…

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Flambée des prix producteurs et des ventes de détail américains ; le dollar s’envole

L’année a démarré en trombe aux Etats-Unis avec une envolée de plus de 5 % des ventes de détail nominales et un rebond de 2 % des prix producteurs en janvier. Pas de distorsion particulière pour expliquer ces résultats : les ventes ont fortement progressé dans la plupart des secteurs, comme c’est le cas pour les prix avec, en particulier, une remontée de 1,3 % dans les services, la plus forte hausse mensuelle depuis l’origine de la série en 2009. Si ces données ont peu d’effets sur les taux d’intérêt, c’est sans doute que ces derniers ont pris une certaine avance ces derniers jours. Le dollar réagit davantage avec une progression de 0,5 % de l’indice ICE et un net repli de l’euro, à 1,204USD.

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