La confiance des consommateurs met à mal la « résilience » européenne

Les indicateurs de climat des affaires d’avril étaient, généralement, rassurants : faibles baisses voire léger rebond, ils ne montraient, en tout cas, pas d’amplification majeure des conséquences de la guerre en Ukraine entrevues en mars. Même la confiance des ménages mesurée par la commission européenne avait regagné un tout petit peu de terrain. La nouvelle baisse des données de l’INSEE en France et du Gfk en Allemagne vient tout remettre en question, en raison de niveaux de confiance mesurés au plus bas depuis la première vague de covid, au moins. Dans le cas de l’Hexagone, l’indicateur total atteint ainsi 88 (-2 points) contre 89 en novembre 2020, 91 en mai de la même année et 87 au moment de la crise des gilets jaunes.

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L’IFO allemand regagne une toute petite partie du terrain perdu en mars

Après avoir reculé de 8 points, l’indicateur composite de l’IFO pour l’Allemagne en regagne 1, à 91,8, grâce au léger rebond des perspectives, elles aussi toujours déprimées. Au moins ne poursuit-il pas sa baisse, ce qui était loin d’être gagné au vu du contexte international et de l’exposition allemande à la Russie. Cela confirme également les conclusions de l’INSEE et des PMI : pour l’Europe de l’ouest, avril n’a, a priori, pas été pire que mars en termes de conséquences de la guerre en Ukraine.

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Aux Etats-Unis, la résilience des mises en chantier fait flamber les taux

Il s’agit du secteur supposé le plus sensible à l’envolée des taux d’intérêt qui concentre, aux yeux de nombreux économistes, y compris les nôtres, le plus grand risque pour la conjoncture américaine dans un contexte de resserrement monétaire. La semaine dernière, le taux moyen de financement hypothécaire à 30 ans a atteint 5 %, soit quasiment 200 points de base de plus qu’à la fin de l’année dernière et un niveau record depuis 2011. Avec des prix moyens d’acquisition  plus de deux fois supérieurs qu’à cette époque et la chute de pouvoir d’achat qu’entraine la flambée de l’inflation, l’immobilier semblait devoir être le premier témoin de la limite de l’action de la FED. Las, les mises en chantier ont, non seulement, résisté mais ont continué de progresser en mars, effaçant de facto la perspective d’un possible frein à l’action de la FED, qui semble avoir comme l’un de ses objectifs privilégiés, la surchauffe du marché immobilier.

 

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Ventes peu lisibles mais confiance en hausse aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, les ventes de détail à prix courants progressent, en mars, pour le deuxième mois consécutif, de 0,5 % après 0,8 %, et retrouvent la tendance haussière initiée à la mi 2021, uniquement contrariée par la forte baisse de janvier. Cette satisfaction passée, on rappellera que ces données ne sont pas corrigées de la hausse des prix et révèlent surtout l’accélération de ces derniers. La consommation des ménages à prix constant n’a été que de 0,2 % en février et la hausse des prix de 1,2 % en mars risque bien d’avoir absorbé , encore une fois, tout ou partie de celle des achats nominaux.

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ZEW, crédit bancaire, prix de gros : les difficultés allemandes s’accentuent

Les résultats de l’enquête ZEW continuent de se dégrader en avril, avec un recul de deux points des perspectives, à -41, et une baisse de presque dix points de l’indicateur sur la situation courante, à -30,8. Déjà en zone de récession le mois précédent, la moyenne de ces deux indicateurs y reste, donc, en avril. Quant au détail sectoriel, il dresse le tableau d’une conjoncture très fortement impactée dans l’ensemble de l’industrie, automobile en tête mais de moins en moins isolée. Les secteurs plus domestiques, comme la banque, l’assurance ou le commerce de détail, limitent, pour l’heure, la casse.

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Les industriels allemands finiront-ils par rattraper leur retard sur leurs commandes?

La réponse à cette question conditionne dans une très large mesure les écarts de perspectives sur l’économie allemande depuis plus d’un an et prend, dans le contexte actuel, une plus grande importance encore. La production manufacturière allemande a réussi à se maintenir en février, malgré un recul de 2,2 % des commandes. De tels écarts ne sont, a priori, guère surprenants ; la hausse de quasiment 5 % des commandes des deux mois précédents aurait en l’occurrence justifié une progression de l’activité plutôt qu’une stagnation. Sans doute, les perturbations internationales récentes peuvent-elles, légitimement, être considérées comme responsables de cette déception ; pas de quoi s’émouvoir, donc, l’Allemagne pourra rattraper ce retard une fois la situation  apaisée.  Cette lecture pourrait cependant avoir ses limites. Les écarts atypiques entre les commandes et la production effective de l’industrie allemande ne sont pas récents, en effet. Apparus depuis la fin de la première vague de Covid du printemps 2020, ils n’ont cessé de ses creuser depuis. Nombreux y voient un potentiel de rattrapage considérable de l’activité, une fois les tensions en matière d’approvisionnement dépassées. Pourrait-il en être différemment ?

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Chômage, salaires et PMI risquent de pousser la FED dans ses retranchements

Les membres de la FED, dans les starting blocks, menacent de déraper dans leurs choix de politique monétaire, faisant redouter une accélération du resserrement monétaire à brève échéance avec de possibles hausses des Fed Funds d’un demi-point voire davantage au cours des prochains FOMC, voire entre deux de ces réunions. Dans de telles conditions, tout élément additionnel susceptible d’alimenter la phobie inflationniste du moyen risque fort de servir de levier à une action d’envergure, au détriment des risques financiers et économiques qui y seraient liés.

Le rapport sur l’emploi du mois de mars représente un de ces risques. Avec des créations d’emplois suffisantes pour ne pas inquiéter plus que cela sur la situation conjoncturelle, c’est vraisemblablement la nouvelle baisse du taux de chômage et l’accélération de la croissance annuelle des salaires que retiendra la FED: deux éléments qu’elle n’hésitera pas à mettre en avant pour souligner la très bonne santé de l’économie américaine… Donc des marges de manœuvre pour relever le loyer de l’argent.

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Les effets de la guerre ne se font pas attendre : l’inflation explose en zone euro

Les données des grands pays européens nous avaient déjà mis sur la voie : l’inflation en zone euro atteint 7,5 % en mars, contre 5,9 % en février. Sur un mois, les prix ont augmenté de 2,5 %, un record absolu, depuis les débuts de la série en 1980, du fait de la flambée des coûts énergétiques. La partie sous-jacente de l’indice hors alimentation et énergie n’augmente que de 1,2% sur le mois, une hausse conforme à ce qui est généralement observé en cette période de l’année et l’inflation sous-jacente ne dépasse pas 3 %. A l’exception de la Slovénie, tous les pays ont enregistré une inflation plus forte en mars qu’en février et sept d’entre eux rapportent aujourd’hui une inflation supérieure à 9 %. A contrario, seule Malte affiche une hausse annuelle des prix harmonisée inférieure à 5 % (la France affichant une inflation « INSEE » inférieure à l’inflation publiée par Eurostat).

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