L’inflation salariale, une exception britannique qui pourrait menacer la livre

Au Royaume-Uni, les salaires hors bonus ont progressé, en mars comme en février, de 0,6 % sur un mois et de 7 % sur un an. Autrement dit, leur évolution dépasse, toujours, celle de l’inflation sous-jacente, qu’elle contribue, vraisemblablement, à entretenir. Quant aux salaires totaux (bonus compris), s’ils ont ralenti, c’est uniquement en raison d’effets de base et non d’une quelconque accalmie.

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Le bilan économique turc, garant du rôle stratégique du pays quelque soit l’issue du scrutin

Si l’hyper inflation, l’effondrement de la devise et les orientations bien peu conventionnelles de la Banque centrale donnent l’image d’une fuite en avant assez peu contestable de la gestion du pays, le bilan économique de l’ère Erdogan est autrement plus décent et compte, certainement, pour une bonne part dans l’adhésion de la population au pouvoir en place. Avec un taux de croissance annuel moyen de 5 % depuis l’accession à la présidence de Recep Tayyip Erdogan, mi 2014, porté à 5,5 % si l’on inclut les onze années durant lesquelles il exerçait en tant que premier ministre, le produit intérieur brut par habitant de la Turquie a doublé en vingt ans. A plus de 31 000 dollars en parité de pouvoir d’achat en 2021, le revenu moyen approchait celui du Portugal ou de la Pologne, dont la Turquie a suivi l’ascension sans discontinuer ces dernières années, laissant loin derrière le Brésil, l’Afrique du Sud ou encore le Mexique dont le niveau de vie la dépassait jusqu’en 2005.

Les structures économiques ont profondément évolué, profitant notamment ces dernières années d’un renouveau industriel que peu de pays ont connu et d’une percée de la recherche et développement qui occupe une part croissante de la population salariée dont la progression a, en particulier, été la plus vigoureuse des pays de niveau de revenus comparables, voire plus élevés.

Ses critères de développements sont, par ailleurs, solides, avec un taux d’investissement par habitant et un équilibre investissement-consommation plus favorable que dans bien d’autres cas. Condition, a priori, requise pour assurer son équilibre extérieur, c’est pourtant sur ce front que la Turquie trouve ses principales faiblesses. Sa dépendance aux importations d’hydrocarbures et sa forte exposition au marché européen, bien peu porteur ces dernières années, en sont les principales causes, sur fond de laxisme monétaire et de surendettement des entreprises qui ont largement empiré la situation.

Mais sauf, les effets délétères de ces dérives sur la devise et, par voie de conséquence, sur l’inflation, l’électorat n’est guère sensible à ces arguments, surtout si le gouvernement donne l’impression d’y remédier par des revalorisations spectaculaires des minima salariaux, quand bien même inférieures à la hausse des prix. Il est décidément bien difficile de trouver sur le terrain économique de solides raisons d’imaginer que le régime autocratique en présence soit sérieusement menacé quand bien même les élections de ce week-end se joueront sur bien d’autres fronts, en particulier sur les enjeux sociétaux, culturels, et, peut-être, géopolitiques. Quoi qu’il en soit, l’ascension économique de la Turquie depuis vingt ans, confère au pays une place stratégique centrale.

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Le PIB britannique échappe à la contraction. C’est tout, à ce stade, en attendant mieux.

Le PIB britannique s’est accru de 0,1 %, porté par le rebond de l’activité du mois de janvier. Pour la suite, février et, surtout, mars avec un repli de 0,3 % du PIB mensuel, ont été médiocres. L’acquis de croissance pour le deuxième trimestre ressort ainsi à -0,1 %, un chiffre que les mouvements sociaux et les jours fériés liés au couronnement pourraient encore abaisser.

Autre source de circonspection, la consommation des ménages a littéralement stagné. Sur un an, elle n’a finalement cru que de 0,2 %, plutôt en ligne avec ce qui a été observé dans les autres pays occidentaux. De même, les exportations se sont, de nouveau, fortement repliées. Ce sont donc les investissements des entreprises et, moins anecdotique qu’il n’y paraît, la contribution des « acquisitions moins cessions d’objets de valeur » (+1,9 point de croissance trimestrielle !) qui ont constitué les principaux soutiens à la croissance du premier trimestre.

L’économie britannique échappe à la récession antérieurement envisagée par la Banque d’Angleterre mais offre, pour l’heure, bien peu de raisons de satisfaction. Le reflux de l’inflation est impatiemment attendu.

 

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Des tendances, enfin, plus convaincantes de désinflation aux Etats-Unis

Les mesures de l’inflation n’ont pas beaucoup évolué aux États-Unis entre mars et avril. Sur un mois, le CPI total a augmenté de 0,4 % après 0,1 %, en raison d’un léger rebond des prix énergétiques, tandis que sa composante sous-jacente a conservé son rythme du mois précédent, là aussi, de 0,4 %. Sur douze mois, en l’absence d’effet de base similaire à ceux de mars, l’inflation totale comme sous-jacente ont seulement perdu un dixième de point, à respectivement 4,9 % et 5,5 %.

Un mois « pour rien », à première vue, avec des résultats toujours très supérieurs aux objectifs de la Fed. Aux détails près du rapport de ce mois-ci qui offrent des signes nettement plus tangibles de décélération de l’inflation sur des postes sensibles, loyers en particulier, et services de transport.

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Impossibles guidances 

A répéter à l’envi qu’elles agiront en fonction des informations et développements à venir, les banques centrales ont fini par créer les conditions d’un environnement de plus en plus instable, anormalement sensible aux nouvelles économiques, bonnes ou mauvaises, à travers lequel peu d’observateurs parviennent à trouver leurs marques. Après un nouveau regain d’intense stress bancaire ces derniers jours, la semaine s’est terminée dans une vague d’euphorie que bien peu d’éléments permettent de justifier. On évoque des résultats d’Apple et de quelques autres, meilleurs que prévus, comme l’explication de tendances improbables. On tente de trouver dans le rapport sur l’emploi américain une lecture plus rassurante que les données qu’il dévoile et on passe sous silence la très mauvaise information d’une chute de plus de 10 % des commandes allemandes au mois de mars, laquelle, ajoutée aux autres informations récentes nous met sous le nez le risque de récession de la première économie de la zone euro, alors que Mme Lagarde vient tout juste de promettre plus de hausses de taux directeurs encore à venir.

Manifestement, les clés de lecture sont ailleurs que dans le flux de données. L’abondance de liquidités est probablement toujours à l’œuvre, en dépit des tensions épisodiques récentes. L’épargne covid, pas encore totalement disparue, n’est probablement pas, non plus, étrangère à cet état de fait, profitant également à un certain nombre de secteurs d’activité, le luxe et le tourisme, en particulier.

Nul ne sait dire précisément quelle est la responsabilité de chacun de ces facteurs ni combien de temps ils agiront. Mais une chose semble sûre, l’incertitude est là pour durer et empêche de se projeter au-delà de quelques semaines. Les données de ce vendredi, appellent déjà confirmation ou infirmation qui ne sera, au mieux, donnée qu’au cours du mois à venir… d’ici les prochains RDV de la FED et de la BCE.

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2 %, c’est 2 % ! Du discours langue de bois à la réalité, la BCE ne convainc pas

Le nombre de fois où Mme Lagarde a martelé que le processus de hausse des taux n’était pas terminé et que l’objectif de 2 % d’inflation était non négociable a donné à sa conférence de presse, un ton plus faucon que généralement attendu. Il est vrai que, pris au pied de la lettre, ses propos auraient de quoi faire frémir : avec une inflation encore de 7 % en avril, jusqu’où la BCE pourrait-elle juger bon de relever ses taux… ? La réalité est probablement assez éloignée de ce raisonnement. Quelle que soit sa communication, la BCE commence à relâcher la pression. La hausse des taux directeurs décidée aujourd’hui est, en effet, la plus faible depuis le début du cycle de resserrement monétaire, en juillet 2022. De fait, en dépit d’une inflation encore très élevée, la BCE constate les effets plus tangibles de sa politique, en particulier sur la demande de crédit des entreprises. Or, à en juger par les tendances en cours, il fait peu de doute que les retours de ce côté-là continueront à lui donner satisfaction. Enfin, la BCE n’opère pas seule. Sauf à considérer que la FED se trompe de voie, le changement de cap américain finira par influencer la politique de la BCE, et ce, d’autant plus vite que la crise bancaire continuera de sévir Outre-Atlantique. Au total, le ton faucon adopté, peine à convaincre. Sans doute contraint par les hésitations des plus réticents des membres de la BCE à baisser la garde, il n’impressionne guère les marchés, comme en témoigne le net repli des taux et le fléchissement du cours de l’euro-dollar, dans le sillage de sa conférence de presse.

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La FED prête à pivoter mais pour la mauvaise cause ! Les marchés digèrent…

L’intention est à peine voilée. Après avoir relevé, comme largement anticipé, le taux objectif des Fed Funds d’un quart de point, à 5,25 %, la FED s’apprête à marquer une pause dès le prochain FOMC. Si le ralentissement de la croissance, apparemment plus convaincant à ses yeux, a sans aucun doute participé à ce changement de cap, c’est surtout du côté de ses commentaires au sujet de la situation bancaire que se nichent les raisons les plus évidentes à l’origine de ce qui semble constituer une ferme décision. Manifestement, le resserrement des conditions de crédit préoccupe suffisamment les membres de la FED pour détourner leurs regards de l’inflation. A ceux qui en doutaient, J. Powell n’a, d’ailleurs, pas hésité à souligner que la référence à la nécessité de relever les taux davantage avait été retirée du communiqué. Dont acte. Le point haut des Fed Funds est donc probablement atteint, comme nombreux l’avaient envisagé, y compris nous-mêmes, sans forcément imaginer que le verdict soit aussi clairement établi dès ce mercredi.

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FED et BCE au milieu du gué : « wait and see »

Après moultes tergiversations, les marchés se sont faits à l’idée de nouvelles hausses des taux directeurs de la FED et de la BCE cette semaine, au vu de résultats toujours insuffisants sur le front de l’inflation et d’une relative confiance dans la tournure de la conjoncture. Si la crise bancaire est, malgré tout, passée par là, avec à la clé un resserrement significatif des conditions d’octroi de crédit tant aux États-Unis qu’en zone euro, le plus probable est que FED et BCE tentent de parachever leur travail en relevant d’un nouveau quart de point leurs taux directeurs respectifs. En dépit des risques qui entourent les projections sur les agissements des banques centrales, c’est donc surtout sur la précision de leurs intentions pour la suite que la FED et la BCE sont attendues cette semaine, pour notamment signer une proche fin de partie.

Signeront-elles ? C’est assez peu probable pour ce qui est de la BCE mais également très incertain pour ce qui est de la FED. Le risque de déception et d’une révision à la hausse des anticipations sur le point haut des taux d’intérêt, tout au moins d’un regain de volatilité de ces dernières, semble relativement élevé.

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