Les politiques publiques finissent-elles par payer?

Signe de temps troublés, les Etats sont partout et désormais face à face. Forcément, les agences de notation refont parler d’elles. Pourtant, l’investissement commence à en retirer les bénéfices et les marchés semblent séduits…

2021 a été sauvée des eaux par les aides publiques, prioritairement, aux ménages
2022 l’a été par les boucliers énergétiques et les subventions publiques aux entreprises
2023 par le rattrapage post-covid… et, encore, les subventions publiques aux entreprises

Que se passe-t-il en 2024 et après?

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Scénario de taux d’intérêt : on en est où après le rapport sur l’emploi américain ?

Accrochés à nos écrans pour y déceler le message que nous renverrait le rapport sur l’emploi américain, après celui de l’ADP hier, sommes-nous vraiment plus avancés maintenant que nous savons ? Avec 209 K créations d’emplois en juin, dont 149 K seulement dans le secteur privé, le marché de l’emploi américain marque un ralentissement peu discutable. Sauf le secteur public et la santé, les créations de postes ressortent particulièrement faibles, entre 20 K et 23 K dans les loisirs et l’hôtellerie, les services professionnels et la construction, plus faméliques ailleurs, voire négatives, dans le commerce et le transport. La durée hebdomadaire du travail, bien qu’en légère hausse, campe, de son côté, sur de très faibles niveaux, quand le nombre de personnes contraintes à un emploi à temps partiel bondit de 452 K, en partie du fait de l’ajustement à un volume réduit d’activité, nous dit le BLS. Le verdict est somme toute assez conforme au ralentissement signalé par le rapport JOLTS et la remontée des inscriptions au chômage au cours de la période, quand bien même le taux de chômage stationne à 3,6 %.
Sera-ce suffisant pour ramener les taux longs dans le canal baissier duquel ils se sont échappés hier ? La réponse à cette question est au cœur des stratégies d’investissement aujourd’hui envisageables. Or, force est de constater que, si notre lecture incite à répondre par l’affirmative, elle reste entourée de nombreux champs de doutes qui nous retiennent, à ce stade, de suivre notre scénario les yeux fermés. Explications et conséquences.

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Immobilier américain : vraie reprise ou trompe-l’œil ? Ça se discute

Le diagnostic semblait plié : l’envolée des taux d’intérêt, les pertes de pouvoir d’achat et la crise bancaire terrasseraient le marché immobilier américain, en feraient baisser les prix, avant ceux des loyers, et créeraient les conditions d’une récession quasi-assurée en fin d’année ou début de l’an prochain. L’ajustement de ce pan de l’activité faisait partie intégrante de la stratégie de baisse de la demande recherchée par la FED pour contrer l’inflation, qui fléchirait d’autant plus facilement que sa composante loyers, soit 45 % de l’indice des prix hors énergie et alimentation, se retournerait.

Le scénario s’est déroulé quasiment comme prévu jusqu’au début du printemps, au point, même, de faire redouter de s’emballer et de contraindre la FED à revoir sa stratégie monétaire au lendemain de la crise bancaire du mois de mars.

Trois mois plus tard, de nombreux indicateurs semblent, pourtant, prendre le contrepied de ce diagnostic. La confiance des constructeurs, déjà annonciatrice d’une possible amélioration depuis le début d’année, a gommé une bonne partie de son déclin de 2022 ces trois derniers mois, les mises en chantiers se sont envolées de plus de 20 % en mai, les demandes de financement hypothécaires frémissent et les prix, qui n’avaient pas eu le temps de véritablement baisser, semblent se reprendre.

Que penser de ces signaux, qu’en déduire pour le futur de l’économie américaine et quels enseignements en tirer pour les autres économies développées, souvent, également, menacées par les effets redoutés d’une crise immobilière de rare ampleur ?

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PREVIEW: Rebond statistique de l’inflation allemande en juin : une histoire de billet de train !

Parce que l’inflation se mesure sur douze mois, tout particulièrement en zone euro où Eurostat ne publie pas de données désaisonnalisées, ses évolutions sont tout autant liées aux tendances immédiates de prix qu’à celles d’un an auparavant.Ainsi, en juin 2022, le gouvernement allemand avait introduit un ticket de train à 9€ pour la période estivale. Cela  avait eu pour conséquence de faire baisser le taux d’inflation annuel de 4/5 dixièmes avant un retour à la normale en septembre. L’inflation de juin 2023, se réfèrera donc à des données distordues de l’année dernière, en l’occurrence anormalement basses, ce qui aura pour conséquence de faire monter la mesure de l’évolution des prix, quoi qu’il en soit de ces derniers. Or, il ne s’agit pas de broutilles.

A prix inchangés entre mai et juin, la contribution du secteur des services de transport à l’inflation sous-jacente annuelle devrait, en effet, gagner six à sept dixièmes. De quoi faire rebondir cette dernière d’autant… Sauf si, l’introduction d’un billet unique pour les transports publics à 49€ le mois dernier a fait baisser les prix de la concurrence, en l’occurrence aérienne, ce mois-ci. Bref, une histoire de politique de transport public qui risque, cependant, de coûter cher à l’ensemble de la zone euro si ses responsables de politique monétaire n’ont pas la fibre statistique…

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Taux d’intérêt : c’est d’Asie, plutôt que d’outre-Manche, que la réponse semble venir…

Les incertitudes se sont multipliées ces dernières semaines sur l’évolution à venir des taux d’intérêt de moyen-long termes : avaient-ils terminé leur course à la hausse comme nombreux le pressentaient depuis leur point haut d’octobre aux Etats-Unis, puis de mars en Allemagne et au Japon, ou risquaient-ils d’enclencher une nouvelle embardée haussière dans le sillage du revirement restrictif de la FED et de la BCE de ces deux dernières semaines, à l’instar de l’envolée des rendements des Gilts ? De la réponse à cette question dépend une très large part des perspectives économiques et des stratégies d’investissement aujourd’hui envisageables.

Si toutes les questions n’ont pas complètement disparu, sur un marché qui concentre à peu près autant d’éléments conjoncturels que structurels, les derniers retours d’Asie pèsent lourd dans la balance. En l’occurrence, beaucoup plus lourd que la tournure des développements britanniques de ces derniers jours, et ce n’est pas la fournée des PMI européens de juin qui contredira ce verdict, ni même celle des Etats-Unis. Dit autrement, le timing du revirement de J. Powell et de C. Lagarde, n’était pas le mieux choisi…

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La BCE aime mentionner les PMI… Que dira-t-elle de la livraison de juin ?

Des deux côtés du Rhin, les indicateurs PMI se sont nettement contractés. En France, l’indice composite a perdu près de quatre points, à 47,3, en zone indiscutable de contraction de l’activité. En Allemagne, l’indicateur s’est maintenu en territoire d’expansion, à 50,8, mais s’est replié de trois points. Les deux principales économies de la zone euro sont manifestement, de plus en plus mal en point, en récession ou sur le point d’y entrer, mal embarquées par la très mauvaise posture de leur industrie et les difficultés des services à maintenir le cap de ces derniers mois.

Cette livraison est pour le moins dissonante par rapport au discours tenu la semaine dernière par la présidente de la BCE, et ce ne sont pas les données de la nuit en Asie qui en atténuent la portée (objet de notre HDV du jour). En l’occurrence, si la BCE en doutait, tout indique que sa politique produit ses effets, que la demande flanche à grande vitesse et que l’inflation suit. Difficile de voir comment elle pourra éviter de revoir ses hypothèses de croissance et de politique monétaire avant septembre avec de tels résultats.

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L’inflation britannique fait trembler la planète taux

Le temps n’est pas si lointain où l’action de la BOE était scrutée comme un indice précurseur de ce que pourraient faire les autres banques centrales occidentales, jusqu’à ce que la crise financière britannique de l’automne vienne changer le regard. Ce temps est-il sur le point de revenir? La question ne semble pas superflue à en juger par la réaction des marchés de taux aux données d’inflation publiées ce matin au Royaume-Uni.

Quoi qu’il en soit en effet des spécificités du cas britannique, les doutes croissants sur les perspectives de reflux de l’inflation sont propices à ce type de diffusion. Et sans doute les marchés n’ont-ils pas tort, à voir la prudence récente des banquiers centraux sur ces mêmes perspectives…

L’inflation britannique n’a pas varié par rapport à avril, à 8,7 %, tandis que sa composante hors alimentation et énergie a même accéléré à 7,1 % après 6,8 %. Des évolutions inverses à celles observées dans les autres pays développés qui posent néanmoins question.

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Si la FED jauge l’efficacité de sa politique à l’immobilier, alors, elle n’a pas fini le job

Avec une envolée de 21,7 % des mises en chantier de logements entre avril et mai, le marché immobilier américain n’est pas franchement aux abois. Malgré l’envolée des taux d’emprunts et la crise bancaire, les constructions individuelles ont retrouvé du tonus et les constructions collectives ont conservé le leur.

Bonne nouvelle s’il en est, pour ce que ces données nous disent sur la situation conjoncturelle américaine, ces résultats risquent fort de froisser la FED et de faire pencher la balance en faveur d’ajustements supplémentaires de sa politique monétaire. La vigueur de l’immobilier est incontestablement, en effet, un sujet de contrariété pour la FED dont un de ses membres avait très clairement mentionné l’exubérance des prix et des loyers comme un élément inflationniste de premier choix début 2022.

Le fait est que la résilience de ce marché témoigne d’anticipations de hausses des prix et des rendements difficilement compatibles avec la perspective d’un retour de l’inflation à 2 %…

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