ZEW : les analystes allemands en pleine illusion reflationniste. Le DAX suit…

On comprend mieux ce que fait le DAX, ainsi que la plupart des indices boursiers européens, à la lecture des résultats de l’enquête ZEW auprès des analystes financiers. Sans surprise ce dernier regagne davantage de terrain avec une remontée des conditions courantes en phase avec le frémissement de la croissance économique en Allemagne. Plus époustouflante est cependant la grande confiance dont font part les analystes sur les perspectives ce mois-ci, avec un indicateur en hausse de 12 points à un plus haut niveau depuis 2006, peu ou prou sur ses plus hauts cycliques. A y regarder de plus près, c’est bel et bien un scénario de reprise en V reflationniste qu’envisagent les analystes ; de quoi largement expliquer l’euphorie sur le DAX qui semble bien partie pour durer quelques semaines supplémentaires. On s’interrogera plus tard sur le débouclage à moyen terme de ces dichotomies extrêmes entre le diagnostic économique et les marchés…

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Reprise, « piano-piano » en Chine

L’économie chinoise piétine. Si la reprise est enclenchée, elle se fait de manière encore très inégale et ne prend en rien l’allure d’un rattrapage qui permettrait de combler les pertes accumulées au premier trimestre. À ce titre, sans doute vaut-il mieux se fier aux résultats en cumul depuis le début de l’année par rapport à l’an dernier, communément référencés sous la forme YDT (year-to-date), qu’aux seuls variations sur douze mois (glissement annuel, ou Y/Y en anglais). Ainsi, bien que de nombreux indicateurs aient renoué avec une croissance positive, assez proche de la tendance annuelle d’avant crise, leur progression est très loin d’être suffisante pour assurer le retour aux conditions d’avant crise. En mai, la production industrielle s’affiche en progression de 4,4 % par rapport à mai 2019, en léger mieux après une hausse de 3,9 % l’an en avril. Au cours des cinq premiers mois de l’année, le résultat est cependant encore négatif de 2,8 % et serait bien pire sans le rebond des produits technologiques. Alors que la menace d’une récidive du virus a récemment imposé la remise en place de restrictions, ces données rappellent qu’il faudra sans doute du temps avant de pouvoir envisager un retour à la normale.

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Des Eurobonds pour faire passer la pilule d’un demi plan de relance

France et Allemagne avaient jeté la semaine dernière les premières bases d’un front commun européen face au coronavirus avec le financement d’un plan de relance de 500 milliards d’euros, via l’émission d’eurobonds par l’Union Européenne elle-même. Difficile de faire moins pour la Commission, qui n’a pas, non plus, souhaité faire beaucoup plus. L’enveloppe des subventions proposées par le couple franco-allemand sera donc complétée par 250 milliards de prêts pour atteindre un total de 750 mds d’euros. Ursula von der Leyen, qui avait annoncé « des milliers de milliards » de relance a donc dû en rabattre pour espérer faire passer ses propositions auprès des européens les plus réticents, « les frugaux » du nord. Reste à savoir si cela sera suffisant pour qu’ils avalisent ce plan sans contreparties inacceptables pour les plus nécessiteux, en l’occurrence, l’Italie et l’Espagne, principaux bénéficiaires du dispositif proposé aujourd’hui.

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Le Covid sans filet aux États-Unis où, même l’emploi des collectivités chute d’1 M.

Les résultats du rapport sur l’emploi américain du mois d’avril semblent satisfaire les marchés qui ont ouvert en hausse de plus de 1 % dans la foulée de la statistique. L’économie américaine n’aurait, en effet, détruit que 20,5 millions d’emplois et le taux de chômage n’aurait bondi qu’à 14,7 % de la population active. L’une et l’autre de ces statistiques étant légèrement inférieures aux attentes, voilà une supposée bonne nouvelle pour des marchés censés avoir déjà intégré de plus mauvais chiffres… Trêve de sarcasme ! Ce rapport sur l’emploi est à la hauteur de tout ce que l’on pouvait redouter, voire davantage si l’on réintègre les disparus des statistiques. En avril le nombre d’actifs a, en effet, chuté de quelques 6,4 millions, à ajouter aux 1,6 million de mars, soit 8 millions de démissionnaires du marché de l’emploi qui, pour une raison ou pour un autre (renoncement, empêchement, maladie…) ne se sont pas inscrits au chômage et qui, au contraire des 16 millions de chômeurs additionnels officiels de ces deux derniers mois, ne toucheront aucune indemnité compensatoire…

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