L’inflation britannique ne se dissipera pas toute seule sans la BoE

L’évolution des prix à la consommation au Royaume-Uni a regagné 0,3 points en septembre, à 10,1 %, soit un retour au rythme de juillet. La composante sous-jacente accélère toujours, à 6,5 % contre 6,2 % en août et les évolutions mensuelles font état de hausses anormalement fortes. A ce rythme, l’inflation s’établirait durablement autour de 6 %, bien au-dessus des objectifs de politique monétaire, même une fois les effets de base dissipés. Manifestement, le gel des prix énergétiques, confirmé par J.Hunt jusqu’en avril (et non sur 2 ans comme le souhaitait L.Truss) ne suffira donc pas à calmer le jeu.  Quant aux prix de détail, ils augmentent de 12,6 % après 12,3 % le mois précédent. La BoE devra donc reprendre son bâton de pèlerin malgré la légère modération de l’inflation des prix à la production  à 15,9 %, un demi-point de moins qu’en août. A.Bailey a déjà annoncé la reprise de hausses des taux directeurs à un rythme possiblement plus rapide qu’initialement envisagé. Il  ne s’est guère trompé….

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Trop petit accroc sur les ventes de détail américaines pour influencer la FED

Les ventes de détail stagnent en septembre en termes nominaux, quand les prix à la consommation, publiés hier, augmentent de 0,1 %. En termes réels, donc, elles se stabilisent également, voire reculent légèrement. D’autant qu’une bonne part des secteurs affiche une nette baisse, qui ne s’explique pas par un recul concomitant des prix comme c’est le cas pour les stations-service. Ainsi, malgré la hausse du nombre de véhicules vendu, les dépenses pour l’achat d’automobiles se tassent d’environ 0,4 %, après un rebond de 2,8 % en août. Quant à l’ameublement et à l’électronique, où l’on observe une nouvelle hausse des prix, les ventes nominales tendent à reculer, d’environ 0,7 % à 0,8 % dans les deux cas.

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Effets de second tour de l’inflation dans les services, la FED ne devrait guère apprécier

Entre août et septembre, l’indice des prix à la consommation a progressé de 0,1%, comme entre juillet et août, soit une inflation sur 12 mois de 8,2 %, contre 8,3 % le mois précédent. Ce très léger ralentissement annuel n’est dû qu’à la nouvelle baisse de l’énergie, sur fond de moindres tensions pétrolières, depuis remises en cause par la décision de l’OPEP+ de limiter sa production. En revanche, les composantes alimentaire et, surtout, sous-jacente continuent à s’accroitre rapidement, avec des hausses de respectivement 0,8 % et 0,6 %, comme le mois dernier. Autant dire que la situation ne s’arrange guère, quand bien même des effets de second tour, somme toute assez classiques, peuvent expliquer cette situation.

La FED ne peut, assurément, pas se satisfaire de tels résultats qui, au contraire, risquent d’accentuer son inquiétude. Avec des hausses comme l’actuelle, l’inflation sous-jacente passerait, en effet, de 6,6 % aujourd’hui à un rythme de croisière de 7,5 % à partir du milieu d’année prochaine ; une tendance qu’elle ne peut accepter et qui signifie, au moins à brève échéance, un durcissement accentué des conditions monétaires.

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La Fed face au risque de dislocation financière

Les minutes du dernier FOMC confirment les propos de J. Powell lors de sa conférence de presse d’il y a trois semaines : la FED ne compte pas ralentir la cadence de son resserrement monétaire et garde une posture globalement restrictive, soulignant la nécessité de nouvelles hausses de taux pour venir à bout d’un processus inflationniste « inacceptable ». De son point de vue, le risque d’un pivot trop précoce l’emporte clairement sur celui d’aller trop loin en matière de resserrement monétaire, quand bien même certains membres soulignent la nécessité de calibrer la remontée des taux à la dégradation de la conjoncture mondiale.

Depuis le FOMC peu d’éléments viennent contrarier cette lecture. Les signes de repli de l’inflation sont, en effet, très ténus, comme illustré par les prix à la production toujours en hausse de 8,5 % l’an en septembre, et l’activité se porte plutôt mieux aujourd’hui qu’en début d’été. C’est du côté financier, en revanche, que les choses se gâtent avec des poches de tensions de plus en plus nombreuses, aux Etats-Unis et dans le reste du monde, Royaume-Uni notamment où la situation semble hors de contrôle. La FED ne pourra pas longtemps ignorer cette réalité. Reste à savoir si elle ajustera sa posture à temps.

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Inflation, risques financiers, mais où va la BoE ?

La Banque d’Angleterre a annoncé, hier, accélérer son programme d’achats de Gilts, de 5 à 10 milliards de livres maximum par jour, pour inclure les Gilts indexés sur l’inflation. Bien que le dispositif prenne fin le 14 octobre et que les achats aient pour l’heure été bien moindres qu’initialement annoncés, elle poursuit donc son « retournement » accommodant pour protéger le système financier britannique, notamment les fonds de pension les plus pénalisés par une envolée des taux. A ceci près qu’il s’agit d’une action en totale contradiction avec ce que nécessiterait la poursuite de son objectif de lutte contre l’inflation, lequel, à en juger par les données de ce matin, semble encore loin d’être atteint…

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ADP et ISM sifflent la fin des espoirs d’une Fed plus accommodante

La spéculation s’est déchainée après l’intervention de la BoE de la semaine dernière et plus encore, après la hausse d’un quart de point seulement des taux directeurs de la Banque d’Australie hier, au lieu des 50 pb attendus. Côté américain, le premier recul des prix immobiliers de la semaine passée, la baisse de l’ISM manufacturier à son plus bas niveau depuis 2020 et le net recul des offres d’emplois de l’enquête Jolts publiée hier ont renforcé l’idée selon laquelle la Fed, elle aussi, finirait pas rendre les armes un peu plus tôt qu’envisagé. Rebond des indices boursiers et du pétrole, fort repli des taux et du dollar s’en sont suivis jusqu’à hier. Le diagnostic n’aura pas tenu très longtemps : non seulement le rapport ADP sur les créations d’emplois privés est meilleur que prévu, avec 208K créations de postes en septembre mais l’indice ISM des services conserve un très haut niveau, de 56,7 points, de deux dixièmes inférieur à celui d’août tandis que sa composante emploi regagne près de 3 points. L’ensemble n’est, au total, guère conforme à ce qui pourrait inciter la FED à lever le pied et l’histoire de ces derniers jours se dénoue.

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La Commission européenne à la rescousse face au piège énergétique

Les données allemandes d’hier nous donnaient un aperçu de l’amplitude de l’accélération des prix européens. Finalement, l’inflation augmente d’un point en zone euro, à 10 %, sous l’effet d’une hausse de toutes ses composantes. La France et l’Espagne font exception parmi les principales économies du vieux continent, en raison d’une plus faible dépendance au gaz russe et des importantes aides mises en place par les Etats. A contrario, les pays du « centre » sont ceux où l’inflation gagne le plus de terrain : Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas notamment. Avec les fuites sur les gazoducs Nord Stream, les incertitudes qui pèsent sur l’économie européenne sont encore aggravées. La confiance des ménages décroche et les gouvernements paniquent. La Commission européenne prend des dispositions pour tenter de limiter l’impact des hausses de prix de marché sur les consommateurs en taxant les producteurs d’énergie. Elle vient ainsi au secours des Etats pour éviter une évolution « à la britannique ».

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L’inflation allemande : une question bientôt fiscale…

En septembre, la hausse des prix à la consommation en Allemagne a atteint 1,9 % portant le taux d’inflation annuel à 10 % (respectivement 2,2 % et 10,2 % en données harmonisées). Dans les deux cas, il s’agit d’une augmentation presque inédite dans l’histoire récente du pays. Le mouvement n’épargne aucun des principaux secteurs, le gaz n’étant qu’un facteur parmi d’autres. Dans un tel contexte, l’imminence d’une récession ne fait plus guère de doute et les responsables allemands tenteront vraisemblablement d’accélérer la mise en place de dispositifs de protection des consommateurs. Une orientation qui n’est pas sans risques, comme illustré ces derniers jours par le cas britannique, face auxquels la seule issue à terme semble devoir passer par un changement d’orientation fiscale, comme déjà signalé par l’économiste en chef de la BCE.

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